Jeudi 29 novembre 2007
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21:08
Ma petite chatte prise en otage [sous-entendu, Nicolas Sarkozy n'en a pas parlé…].
Nicolas Sarkozy avait une belle chemise blanche et une cravate noire. La veste, de même, était fort
sombre.
Il était assis sur un fauteuil classique avec des petits coussins brodés et fixés sur les bras par de petits clous d'un cuivre étincelant
afin que cela soit bien confortable. Il croisait les jambes, la cheville de l'une sur le genou de l'autre, ce qui est signe de séduction mais il portait son
alliance.
Derrière lui, les dorures des moulures encadrées d'un bois ancien repeint d'un blanc mat au toucher qu'on imagine soyeux, en disputaient
aux bleus du drapeau tricolore et de l'européen.
Il portait aussi des chaussettes noires, peut-être pour faire rock. Chaussures de cuir noir, montre métal, si ce n'était un maquillage trop
parfait pour être autre chose qu'un fond de teint fort savamment colorisé, on lui eut reconnu une classe totale.
Pour le reste, il a encore raconté que ceux qui travailleraient plus gagneraient plus si le patron est d'accord.
Par exemple, il a annoncé que ceux qui acceptent de supprimer les trente-cinq heures, en signant un accord majoritaire, fut-il contraire aux accords nationaux, les
heures venues en rajout seraient mieux rémunérées. J'avais comme l'impression qu'il nous vendait une deuxième fois le coût coup des heures supplémentaires en duty-free mais
j'étais peut-être un peu fatigué.
Par contre, j'ai bien entendu qu'on allait pouvoir revendre nos RTT au patron parce que ça représente beaucoup d'argent.
Et aussi que les loyers allaient être encadrés [ça m'a fait penser à ce type dans une publicité quelconque qui collectionne les factures. Je vais désormais
faire encadrer mes quittances de loyer !] et que leur augmentation serait alignée sur l'inflation.
En clair, maintenant qu'on est bien pris à la gorge par le prix du logement, l'Etat s'engage à garantir le niveau d'étouffement.
En clair, Nicolas Sarkozy vient de s'engager à dépenser l'argent des autres, y compris des chefs d'entreprises [voire des éditeurs de nouvelles quand ils auront des employés].
En clair, il vient de tirer un trait sur la prédominance du droit national du travail et de nous aligner sur le droit anglo-saxon en la matière. De manière schématique, sachez que le droit du
contrat privé signé y est supérieur à la pratique du droit sur l'ensemble du territoire.
Rien de moins que le sens même de notre République, me semble-t-il…
Après une presque année de campagne électorale, après des barils entiers de discours sur le sujet, après des années à bosser dans le ministère des Finances puis de l'Intérieur, les seules choses
qu'il a pour notre pouvoir d'achat, c'est ça ?
Nous ajouter des heures au boulot pour un quignon de pain supplémentaire.
T'auras de l'argent que si t'es gentil à l'usine.
Que si tu protestes pas en bloquant la mine l'entreprise.
Que si tu laisses les trains transporter les jaunes les collègues qui vont au turbin.
Que si t'acceptes de te laisser controler
à cause de ta face, à cause de ta race, mais à force ça lasse [le rap me reprend]
J'ai bien envie de relire Germinal pour vérifier un truc, moi…
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Mercredi 28 novembre 2007
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20:50
[source]
Blogueur, c'est un truc à la con quand même.
On essaie de parler de trucs qu'on aime bien, on essaie même d'habiller ça parmi quelques vannes histoire de rendre les choses plus digestes et on aime à croire, parfois et secrètement que peut-être, on a une
fonction culturelle.
Heureusement, un petit tour dans les statistiques permet un retour sur le plancher des vaches à la vitesse grand V.
Ainsi, pour les sept derniers jours, voici la liste des mots-clefs qui m'ont apporté le plus grand nombre de visiteurs :
200 «chatte»
Bon, j'avoue, je l'ai un peu cherché ! C'est comme ça, j'ai une très jolie chatte et j'aime la montrer à tout le monde. En général, tous aiment
ma jeune chatte.
34 «mon ex»
C'est fou le nombre de mecs qui ont des regrets. Bon, en même temps, ils ne précisent pas laquelle de leurs exs, ils cherchent…
32 «nue»
Pourquoi cette requête arrive-t-elle sur mon blog, je ne sais pas…
17 «ex nue»
Là, c'est le type qui regrette et qui en plus est l'objet d'une pulsion…
11 «belle femme»
C'est une recherche légitime, bien que totalement subjective.
11 «femme toute nue»
C'est peut-être afin de ne pas oublier à quoi ça ressemble…
11 «femme sexy nue»
On sent que le mec, il réfléchit à sa recherche. Là, il affine et son impatience grandit.
08 «homme nue»
07 «PHOTO DE FEMME NUE GRATUIT .COM.»
07 «cul image size:large»
Ça laisse de l'espoir aux plus rondes, c'est bien !
07 «. .les femmes .femmes du porno
x»
06 «filaplomb»
Mais lequel ? Le blogueur ou l'éditeur de nouvelles ?
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Lundi 26 novembre 2007
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Dans ma rue, il y a des gens qui dorment par terre et le soir des ombres autour des poubelles.
Peut-être est-ce moi, mais ils me semblent toujours plus nombreux. Certains sont là
depuis plusieurs années dont j'identifie le visage bouffi d'alcool et d'intempéries. Cette non-vie leur devient quotidienne et bientôt naturelle.
Quand je passe le matin, ils en sont au vin blanc. Le midi, ils profitent du soleil de l'hiver pour s'assoupir un peu sur la tiédeur du bitume de la place.
Le soir, ils sont gais comme des qu'un non-dit réunis dans un silence bruyant. La nuit tombe vite et le froid l'accompagne.
J'ignore tout de leur sommeil.
Le pire pour notre république, ce n'est pas notre président fantoche, c'est d'assister à la déchirure de son tissu social. Des lambeaux jusque sur nos trottoirs.
C'est pas du textile chinois, ce sont les échoués du système libéral dans lequel on te pousse jusqu'à ce que tu tombes en oubli…
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Vendredi 23 novembre 2007
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21:08
Dans une vie précédente, Brice Hortefeux jouait le Docteur Drummond avec Arnold et Willy [source].
Pour tenir ses promesses, on peut dire qu'il les tient. Il nous avait annoncé une droite qui n'a plus honte d'être de droite et c'est vrai que, sur sur ce plan, il fait ce qu'il a auparavant
annoncé.
Il est fini le temps où le RPR passait honteusement et discrètement des accords avec le FN pour conserver les
présidences des Conseils Régionaux. On se souvient qu'en d'autres temps d'aucuns furent exclus pour ces broutilles.
Il est fini le temps où Jacques Chirac nous cachait à la fois ses amitiés bourgeoises et le prix de ses vacances princières
Avec Nicolas Sarkozy, bien qu'il soit encore difficile de dire qui fait cul, qui fait chemise, on sait déjà qu'il partage avec ses amis riches et célèbres, en grande partie la même odeur.
[Merci de bien vouloir relire calmement la phrase précédente, j'en ai bavé].
C'est ainsi que ce type, qui a encore sous la semelle de la terre des plates-bandes du Front National qu'il a largement piétinées avant le premier tour de l'élection présidentielle, a désormais
contaminé le plus haut sommet de l'Etat.
Voilà qu'on va trier des enfants d'étrangers en fonction de données scientifiques [comme si étranger, ça ne pouvait être que génétique, n'est ce pas !].
Soit disant que c'est pour contrer tous ces supposés fraudeurs qui voudraient venir manger notre pain de français.
Une sorte de délit de pré-culpabilité. Il fallait donc que l'étranger prouve sa bonne foi avant d'avoir fauté, démontre son innocence avant d'avoir été délictueux.
[En plus, il faudra savoir conjuguer le verbe moudre à tous les temps !].
Voilà qu'accueilli par la Chine, le Néo-Président s'offre la plus clinquante des chambres d'hôtels du coin. Une sorte de Rue de la Banque quant à la surface mais recouvert de
tapis précieux et repeint en faux chic européen vu par un décorateur pékinois. Rien que le lit, ça ferait facilement trois beaux appartements pour des familles roumaines [qui pour
l'instant nous réinventent les favelas aux portes de nos villes].
Evidemment, tout comme s'il s'agissait d'un scoop découvert par la Presse [comment se pourrait-il ?], d'un secret défloré par un méchant journaliste, on apprend très vite le
prix du plumard pour la nuit et c'est exorbitant [même si l'on précise que le Quai d'Orsay a négocié une petite ristourne].
Si j'arrive à ne rien dépenser pendant cinq mois et demi et si les huissiers ne me retrouvent pas avant, j'aurais droit à mes huit heures de sommeil.
Et bien, pour ma part, je ne marche plus.
Comme le souligne Omelette16Œufs [eh oh, deux fois le même lien !], tout cela
procède d'un plan de communication savamment dosé. Une sorte d'expérience en direct sur la manipulation de la population.
Une dose de fête et de grandeur de la France suivant le modèle du Maréchal Pétain* [cf Guy Môquet ou bien la lecture de lettres de Poilus par des enfants
imberbes le 11 novembre], un épisode de bras de fer avec ces fainéants de fonctionnaires, des robes de soirée à l'Elysée, un divorce sous le coude pour faire pleurer dans les
chaumières chomières si jamais les choses venaient à mal tourner.
Tous les ressorts de l'émotionnel sont activés, les uns après les autres. Nous sommes de bêtes animaux dont les instincts fonctionnent, il suffit de les stimuler. On se joue chaque jour de nos réflexes républicains par de petits scandales sans importance.
Cela suffit pourtant à couvrir le bruit de la démolition de notre modèle français qui a lieu derrière les palissades. Comme la Sécu, par exemple, dont avec un humour certain, on trahit le
principe social par des mesures qu'on appelle franchise.
Du siècle des Lumières et de la Révolution, nous avions construits des Principes qui sont devenus et étaient restés les bases de notre République : Quelle que soit ta richesse,
tu pourras te soigner. Quelle que soit ta couleur, tu ne mourras pas de faim, quelle que soit ta situation, tu auras un abri où poser ta carcasse. Tu seras payé décemment pour ton travail.
La France n'éblouit plus qu'elle-même. Ce pays n'est plus que l'ombre de lui-même.
Nous voici revenu à une période sombre de l'Histoire où les Bourgeois marchent main dans la main avec les Industriels. Les Barons des Marchés sont à la Cour du Roi comme chez
eux. Il est parait-il ravi des cadeaux qu'ils lui font par leur seule présence.
Ils louent pour lui des yachts et des villas, il baisse leurs impôts et les taxes sur l'héritage. Le pouvoir n'empêche pas l'amitié.
Le petit peuple pendant ce temps trouve que la brioche, est de plus en plus cher…
* Il en reprend par exemple cet équilibre entre le NOUS et le JE dans ses discours…
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Mercredi 21 novembre 2007
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Les quatres premiers titres des
éditions Filaplomb, des petits livres qu'on emporte pour qu'ils vous emportent ! [source]
Ce que j'aime dans les nouvelles, c'est que ce sont, pour la plupart des fenêtres, vers autre chose.
Auquel cas, les romans seraient comme des habitations finies dont la surface habitable varie suivant les créateurs. Nous y avons la liberté de vaquer
d'une pièce à l'autre, de visiter l'univers de l'auteur.
Dans les choix que j'essaie de faire pour les éditions Filaplomb, je tente de privilégier cette particularité d'un texte qui ne se clot pas vraiment
[cette phrase ne comporte aucun verbe d'action, c'est nul d'un point de vue marketing. Et bien, par défi, je la laisse quand même !].
Peut-être comme à partir de la bande annonce d'un film, nous nous fabriquons notre propre version du film [dont on ne verra peut-être jamais celle du réalisateur,
d'ailleurs…], j'aime que le point final de l'auteur ne soit qu'une étape du processus d'imagination du lecteur.
Dans le fond, la partie la plus difficile du métier d'éditeur [que j'invente à l'insu de mon plein gré] est justement ce choix des auteurs et le travail avec eux sur leurs
textes. Savoir entendre quand ils justifient tel ou tel choix et convaincre avec un maximum de tact du bien fondé de cette retouche. Négocier pas à pas juste pour changer le titre ou une
virgule.
Pour ce qui est la partie technique du livre, ça va. Dix-sept années de Macintosh™ plus tard, ce serait dommage de ne pas savoir quelques trucs de
maquettiste PAO quand même [il reste encore quelques traces de mon travail dans plusieurs villes de ce pays, c'est amusant d'être si peu payé pour autant].
Et finalement, les retours des premiers lecteurs sont dans l'ensemble positifs. Leur avis sur la qualité des textes
va dans le sens que j'espérais. Bien sûr, si je leur demande un classement par préférence, les réponses sont variables.
Le quarté est toujours dans le désordre et il n'y a pas d'ordre juste ! Ce sont tout simplement quatre mondes différents. Quatre pistes possibles pour entrer dans l'univers de la nouvelle.
Quatre fenêtres ouvertes pour votre imaginaire…
Note qui mériterait d'avoir un joli titre : avec l'ouverture de la maison d'édition, la question était de
savoir s'il fallait fermer ce blog pour faire un truc un peu plus pro, genre petit jeune sorti de HEC à l'attaque de la net économie [et avec des fausses chaussures de foot aux pieds !]. Après réflexion, j'ai décidé que quoiqu'il en soit, je reste un blogueur qui exprime ici son avis
personnel sur le monde qui l'entoure. J'y parlerais aussi, de temps en temps, de mon autre activité que j'ai, c'est à dire tenancier d'une Maison d'Edition [y'a de la nouvelle
deux fois par mois !].
LE SCOOP DU JOUR :
Jacques Chirac aurait détourné de l'argent !
[Ca c'est de l'info, coco !]
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