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Vendredi 6 octobre 2006 5 06 /10 /2006 00:00
Les gens qui sifflent dans la rue
Les gens qui sourient
Qui s'assoient sur les bancs publics
Pour manger un sandwich
Ou un œuf dur cuit la veille
Ou une salade composée.

Les gens qui ferment les yeux

Pour mieux laisser la peau
Absorber le soleil.

Les gens qui aiment le goût du pain,
toucher le bois,
respirer le cuir,
Les gens qui s'émeuvent d'un objet façonné à la main
Les gens qui apprécient la matière.

Les gens qui sentent l'air
Quand ils sont en forêt
Qui entendent les insectes bourdonner
Qui perçoivent la vie minuscule
Qui évitent d'écraser l'araignée

Les gens qui respirent la nature
Pour en avoir en eux
Pour s'en remplir

Les gens qui aiment le froid de l'hiver
Les couleurs de l'automne,
qui s'émerveillent d'un vol de libellule.

Les gens qui rient du bonheur des autres
Qui croquent le plaisir de la douceur
Le contact de la trame du tissu de coton
Qui leur servent de drap.

Les gens qui se confient à vos bras
Simplement parce que le moment s'y prête
Qui vivent chaque instant
Comme une promesse d'éternité
Dans une légéreté de plume.

Les gens du café le matin
Les gens vivants,
tous les gens vivants…
Par Filaplomb - Publié dans : C'est rien que des mots…
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Vendredi 6 octobre 2006 5 06 /10 /2006 00:00
Je me souviens de la beauté de la Cathédrale de Chartres.
Comment, depuis le balcon de l'appartement qu'on m'avait prêté, je la dessinais du doigt.
Le bout de mon index suivant sa forme sur le ciel.
Rendue tremblante par la chaleur du soleil du mois de juin.
Un soleil retrouvé.

Plus tard, la même chaleur de la pierre, sous la paume de ma main.
Epousailles minérales.
Un peu comme dans les contes ou la mythologie
Quelqu'un fut transformé en pierre.
Peut-être le sort lancé,
Peut-être le poids des mensonges,
Ou toute autre magie.

Quant au Prince prévisionnel,
On a la patience des cathédrales…
Par Filaplomb - Publié dans : C'est rien que des mots…
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Jeudi 5 octobre 2006 4 05 /10 /2006 23:05
Résumé : j'essaie d'éclaircir un peu la situation sur les frontières Est de la Communauté Européenne. Une explication s'impose.
Citation : «Puisqu'on a le pouvoir, on a aussi les clefs du coffres»
 
X
XXXXXXXXXX
Je voulais faire un article vachement intéressant (comme toujours s'écrie mon public ravi !) sur ce qui se passe sur notre flanc Est.

X
XXXXXXXXXX
Ce qui est en train de se passer.
XXXXXXXXXXXLa Communauté Européenne qui se réserve les Roumains (qui sont forts en gymnastique) et les Bulgares (qui fabriquent de bons yaourts). La Croatie y songe sérieusement. La C.E. a essayé de chiper l'Ukraine, mais ça a fini par capoter. Poutine a réussi à reprendre la situation en main. La C.I.A a perdu une bataille, c'est à retenir.
X
XXXXXXXXXX
Mais la C.E. discute toujours avec les turcs (spécialistes des toilettes), se les garde au chaud. Le but n'est pas de faire rentrer les turcs en Europe. On s'en fout. Des kebabs, on en a déjà. Non, Ce qu'il faut, c'est que la C.E. descende encore au sud pour récupérer un peu du pétrole qui va  glicler tout droit à travers l'Afghanistan jusqu'à la mer, pile-poil dans le port vendu cléfs en main par les américains.
XXXXXXXXXXXDu pétrole Ouzbek et Turkmen, jusqu'au Pakistan
XXXXXXXXXXX(l'orthographe des pays c'est bien trop compliqué).
XXXXXXXXXXXDu pétrole russe.
XXXXXXXXXXXEnfin, pas tout à fait.
XXXXXXXXXXXDu brut anciennement soviétique.
XXXXXXXXXXXAlors Poutine, il fait la gueule (mais on ne l'a jamais vu  sourire). Il sent bien que cette fuite par voie terrestre, c'est rien de bon pour son empire (son emprise) et son compte en banque. Du coup, il refuse de perdre encore un seul mètre carré de son territoire.
XXXXXXXXXXXC'est comme ça que les Tchétchènes, les Ukrainiens et les Géorgiens s'en prennent plein la gueule.
XXXXXXXXXXXC'est comme ça que la Russie coupe le chauffage à la Pologne, en plein hiver (sans que la C.E. ne trouve à y redire). Z'aviez qu'à pas partir de notre Cercle de Camaraderie.
XXXXXXXXXXXEt puis, je voulais dire un mot en particuliers sur la Pologne. Les frères Karamazov qui jouent avec les allumettes. Le Chef de Cabinet du Premier Ministre qui se fait filmer par la télévision en train de négocier avec une députée de l'opposition (c'est elle qui a caché les caméras, la coquine) le prix de son ralliement au gouvernement. Payé par les caisses du parlement bien sûr. Un chiffre en plusieurs milliers. Puisqu'on a le pouvoir, on a aussi les clefs du coffre.
XXXXXXXXXXXMais ce qui m'étonne, en dehors du silence prévisible de la C.E., à propos des frères Kaczynski (il ne sont pas vraiment à gauche si on les compare au Haider (orthographe ?) autrichien que nous conspuâmes. Vous le conspuâtes, n'est ce pas ?), c'est le silence amorphe du peuple polonais. Vous savez qui ils sont ? Jamais ils n'ont vraiment pliés sous l'ère soviétique, toujours un léger tremblement transmis à l'ensemble. Et là, les deux crétin de la lune leur ridiculisent leur démocratie et ils ne bougents pas.
XXXXXXXXXXXPersonne dans les rues.
XXXXXXXXXXXPas de bannière au vent.

"Pas de fumée rouge-orange,
qui s'accroche à ton cou,
c'est étrange,
on voudrait crier"
(Bertrand Cantat - Fin de siècle).

XXXXXXXXXXXOn voudrait crier : réveillez-vous



Pour écrire cet article, j'ai cherché un tout petit peu,
histoire de ne pas raconter trop de conneries.
On peut déconner mais avec de bonnes bases, non ?
Et sur le site de news de Yahoo, je découvre ça :











Bon, si on ne sait pas qu'il a démissionné
début juillet
,
Kazimierz Marcinkiewicz,
on comprend pas, c'est sûr…
Yahoo, pour les news, c'est top.
Par Filaplomb - Publié dans : C'est rien que des mots…
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Mardi 3 octobre 2006 2 03 /10 /2006 23:57
Résumé : Je fais une analyse du positionnement de la communication des candidats à l'Election du Président de la République. Enfin, analyse, c'est un grand mot ! Je dis du mal de tout le monde, c'est plus sain !
Citation : «l'élégance discrète de la provinciale parisienne»


Moi, je l'aime bien Ségolène.

Je ne parle pas sur le plan politique mais sur celui de la communication.

En face, on a quoi ?
Nicolas Sarkozy, le roquet à l'ancienne, celui qui fait du rentre dedans, le petit musclé. Que du classique à talonnettes !

Et ici, on a la finesse, les jolies robes, les coiffures simples, l'élégance discrète de la provinciale parisienne. La féminité rayonnante !

Et puis voilà, l'autre, là, le chauve, le Fabius, celui qui fut élevé par le Maître de la Rose : François Mitterrand. Ce nom comme un totem. Il arrive, il parle des ouvriers, des petites gens, de la constitution européenne (alors qu'on avait quand même vachement bien bossé pour que plus personne n'en parle, ni même n'y pense !) et de l'augmentation du Smic.
Ça fout tout par terre, coco !
Ça fait tâche dans le tableau, Laurent !

Et puis, la candidature de Mme Royal, vous avez vu la maîtrise ?!,
Je vous le fait en off, comme ça, c'est juste entre nous mais, en même temps, je laisse filer l'info pour que ça ait l'air d'un scoop !!! C'est pas bien joué, ça ?

Vous ne croyez pas que ça pourrait plaire aux public, ça ?

Ah oui ! J'y suis ! Elle aussi a été instruite par Mitterrand, à ses débuts !
A gauche, c'est Mitterrand puissance deux !
Bin !?! elle est où la gauche, alors ?


(de toute façon, ils pourraient même présenter
une chaise ou un vieux camion, au PS, il serait élu !
A droite, y'a Chirac, faudrait pas l'enterrer !
Soit il se présente (la peur de Chirac, ce ne sont pas
les juges, c'est de finir en ex-président
miteux comme Giscard, son ami de toujours !)
et il explose Sarkozy, soit il envoie MAM
au front (ça la changera du Ministère !)
et il explose Sarkozy.
[A ce propos, et pour mémoire, le type qui niquait
la femme à Sarko était son conseiller en communication
affecté à son service par l'UMP].
Enfin, sans tenir compte du vieux borgne
qu'on traite encore en pestiféré dans les médias.
Alors qu'il est DANS le système…)
Par Filaplomb - Publié dans : C'est rien que des mots…
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Lundi 2 octobre 2006 1 02 /10 /2006 22:50
Résumé : Je fait le récit de mon premier clonage, à 36 ans.
Citation : «
Notre culpabilité nous donnait l'illusion que nous pourrions reconstituer aussi nos économies.»

C'est en 1972, que Nathalie a décidé de me cloner.
Peu après la naissance de la petite.
J'avais 36 ans, 3 filles, 1 fils et, c'est vrai, l'envie de vivre autre chose !

Il s'était installé entretemps, une couche ouatée entre moi et le concret du monde ; j'assistais à ma vie comme un critique de la presse regarde une pièce où il n'a pas payé sa place. Tout était faux, éloigné, insensiblement distant.

Même ma Nathalie qui fut, je m'en souviens d'une émotion intacte, une véritable bombe neuronale, je me retrouvais pourtant, certains soirs, engourdi d'ennui guettant, pendant ma caresse, l'apparition du moment exact de son plaisir où elle aime (exige) tant que je la prenne. Recouvert d'ennui !!!

Par respect pour moi-même et afin d'éviter tout traumatisme d'origine séparatoire à mes pauvres enfants,
la décision fut prise.

Les quelques économies familiales, prévues pour notre première maison, nous ont beaucoup aidés. Pour le solde, nous avons opté en faveur du crédit sur 15 ans (quinze ans). Notre culpabilité nous donnait l'illusion que nous pourrions reconstituer aussi nos économies.

Techniquement, le procédé était encore un peu archaïque, voire artisanal. La machine elle-même occupait les trois quarts du bâtiment où je fus amené.
J'avais laissé Nathalie assise dans la salle d'attente.
_Ne t'inquiète pas, nous serons bientôt de retour, lui avais-je dit.

Elle avait souri tristement. Nathalie avait ce pouvoir particuliers d'exprimer plusieurs choses en même temps, comme si elle maîtrisait son visage d'une manière qui nous parait inaccessible. La personne m'indiqua une des portes, qui par ailleurs était la seule entrebâillée, avant de disparaitre au bout du couloir. J'entrais et une voix, sortie des murs eux-même, une voix féminine et suave, commença à me parler. Sans aucun mot, juste une sorte de psalmodie sensible, de logorrhée subliminale, une suite infinie de sons qui prenaient à mon oreille, la même absence de sens vêtue de la même familiarité que celle d'une langue étrangère [Comment faisons-nous pour indentifier une langue alors que nous ne la parlons pas ?!?].

Je vous passe les détails.
Tant et si bien qu'ils ont eu mon capital génétique.
Quelques milliards de potentiels.

Lui, il s'est installé dans ma vie.
Enfin, ma première vie !
Je ne sais pas pourquoi il ne s'y ennuie pas.
Selon toute logique, étant dépositaire de ma mémoire génétique, il devrait ressentir cette chose, lui aussi ! Néanmoins, il apparait que non, que cette vie lui convient. Nathalie et les enfants, la tortue dans le jardin, il a l'air de s'y plaire.

Pour ma part, j'en suis à mon troisième tour du monde. Oh, je ne cherche pas à compter, c'est juste pour le souvenir. Et puis, j'ai un peu triché : j'ai fait trois tours différents. Je me souviens la première fois que j'ai vu l'Afrique, c'était en 1973…


(Le clonage ? Pour quoi faire ? On est déjà trop sur cette planète.
Si toutes les voitures actuelles se mettent à l'Ethanol™,
il nous faut d'urgence racheter 5 planètes supplémentaires
rien que pour y développer l'agriculture intensive.
Carburant écolo, mon cul ! Juste les voitures actuelles = 6 planètes !
En fait, le premier acte de décroissance,
si on y réfléchit, ce serait de cesser de faire des enfants…)


[Je regarde trop les films avec Schwarzy, je sais !]
Par Filaplomb - Publié dans : C'est rien que des mots…
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Samedi 30 septembre 2006 6 30 /09 /2006 00:00
Résumé : Un peu de littérature (une histoire de baignade dans un lac avec une meuf), un peu de colère à cause de le magazine LePoint qui prend encore les chômeurs pour des fainéants.

Citation : «Je m'en tiens à des termes simples, des phrases courtes et lui assène un raisonnement imparable.»





XXXXLe cormoran

XXXXNous nous sommes retrouvés au lac de Mokar sans que cela soit décidé par avance. La semaine précédente, déjà, nous y étions et je garde pour moi le souvenir d’un moment agréable. Il y a du monde dans les allées tortueuses. Je remarque les petits cailloux blancs et ronds qui en tracent le cours et les minuscules ogives de bois qui en soulignent les limites. Au delà de ces croisées menuisières, le gazon est fin, d’une multitude de verts mais encore un peu humide.

XXXXComme nous avançons, je regarde le lac et je désigne à L. les quelques entassements de roches qui surplombent le plan d’eau et où je propose que nous nous installions. L. est une jeune femme élancée, blonde aux cheveux très courts que je côtoie depuis peu. Il y a entre elle et moi cette sorte de connivence rieuse qui pourrait se transformer en autre chose pour peu qu’elle décide de la ressentir à son tour. Me touchent en elle, l’équilibre précaire de la gracilité (la finesse et la longueur des doigts, le rose léger des joues) et cette volonté farouche qu’elle oppose au monde. Très vite, nous voyons combien le courant, dans ses mystérieuses variations, vient inonder et recouvrir le peu d’à plat des promontoires. Cela nous interdit définitivement de nous y installer. D’un pas à peine, elle est sur le gazon de la berge, fait glisser ses vêtements, elle porte alors ce maillot de bain jaune paille, et s’avance dans l’eau sombre qui s’ouvre devant elle puis l’absorbe sans coup férir.

XXXXJe suis seul dans l’allée. Il y a les autres qui déambulent, des pères de famille, des enfants en tricycle ou avec des ballons colorés, des femmes épanouies par la marmaille mais je me sens seul. Je n’imagine pas me dévêtir sous leurs yeux, entrer nu et me baigner dans les eaux du lac. Or, je souhaite par dessus tout me baigner nu.

XXXXJe suis l’allée en remontant par la gauche dans l’espoir de trouver un lieu où me déshabiller discrètement. Je nage souvent dans cette tenue et cela ne me pose habituellement aucun problème. Assez vite, je constate combien les allées restent près des berges, si près le long et combien les bosquets trop rares et trop maigres ne me seront d’aucun secours. Cela me rend un peu triste. En y réfléchissant, j’ignore si ma tristesse provient de ne pouvoir pratiquer la natation ou simplement de la voir seule, surnageant et souriante. Elle flotte de tout son long, s’étire à la surface, glisse dans l’élément. J’aperçois parfois, par un dévoilement de l’onde, son nombril, la petite rondeur blanche du ventre, mais elle semble ne pas même se souvenir de moi. Ses bras laissent dans l’air de grands tracés brillants et j’admire, du fait des gouttes d’eau, la finesse de ses phalanges.

XXXXJe reviens sur mes pas, abandonnant toute idée de bain et finis par m’asseoir près du tas de ses vêtements. Elle me regarde alors en souriant et je crois que ses yeux s’éclairent avant qu’elle ne disparaisse sous la surface.
Il y a de longs instants comme séparés du monde, une zone entourée de pointillés où plus rien ne vit. Le silence s’étale comme une couverture, les promeneurs se figent ou n’avancent plus qu’au ralenti. J’observe avec soin le dessus du lac comme pour en percer un mystère dont je n’aurais pas encore conscience. Les derniers remous, les ridules, atteignent la platitude et plus rien n’a lieu.

XXXXElle réapparaît soudain, elle émerge, le visage baigné de lumière, le sourire puis les épaules, le creux des clavicules, les bras le long, la veine bleue de son poignet, les seins comme des coupelles inverses, les tétons figés par la fraîcheur et comme me désignant, la taille fine et l’os proéminent de la hanche de chaque côté, traçant et isolant la vallée étirée du ventre. Avec les mains en parallèle, elle s’égoutte le visage, la chevelure, il brille dans l’air des nuées de diamants. Elle s’assied à mes côtés, les jambes serrées face à elle, longues, pivote et me dévisage. Elle attrape une cigarette et se met à fumer, le regard perdu sur l’horizon et le centre du lac. Sont plantés là les restes d’un arbre, une ombre d’ossature où se détache sur le ciel, la forme noire, ciselée et immobile d’un cormoran aux ailes déployées.

XXXXAvec quelques efforts souples, elle enfile son jean et le pull la recouvre à nouveau.

XXXXNous marchons un peu en suivant les méandres de l’allée et je remarque qu’elle tient un livre à la main. Je me demande intérieurement si elle le transportait déjà tout à l’heure.

XXXXNous arrivons près d’une voiture dont les fenêtres sont ouvertes et qui est rangée le long du comptoir. C’est un bâtiment de béton peint en blanc dont on devine à l’observer un peu qu’il fut construit il y a longtemps pour durer quelques mois. Les deux jeunes femmes sont assises à l’avant. Elles sont vêtues de noir et d’une manière un peu recherchée. Leurs cils ont des courbes parfaites et celle qui est au volant a peint sa bouche de fuchsia. Je me penche alors pour lui dire combien je trouve cela joli, cette couleur. Elle acquiesce puis rétorque qu’elle n’aurait pas dû à cause du téléphone portable et, comme elle se tourne vers moi, je constate que le rose à lèvres s’est peu étalé au delà de la bouche et surtout que ses doigts de la main gauche en sont couverts sur les deux première phalanges.

XXXXNous nous installons à l’arrière, L. à ma gauche et je dis à la fille fuchsia que ça n’a pas d’importance puisque le secret c’est aussi que les hommes ne croient pas tant que ça au physique. Sa voisine se retourne alors vers moi, le regard un peu dur et me demande :

- Comment ça ?

XXXXJ’explique alors en détail et par un raisonnement limpide comment les hommes appréhendent la beauté de manière globale et sans s’en tenir aux détails ou bien alors juste quelques uns mais qui abondent dans le même sens. Elles semblent toutes peu convaincues, L. fait une moue dubitative et je ne suis moi-même plus très sûr de mes arguties.Le type de la friture se penche alors par dessus son comptoir et exige que je répète tout ça. C’est un homme épais, aux doigts courts et à la moustache multicolore. Je veux dire toutes les couleurs possibles d’une moustache en une seule. On sent bien qu’il ne plaisante pas. Une certaine agressivité envahit l’air, une sorte de défi. On saisit bien, à je ne sais quoi flottant par là, que s’il arrivait que ma réponse ne lui convienne pas, les choses pourraient se compliquer pour moi. Je me souviens alors du tablier blanc qu’il porte sur les cuisses, des larges tâches graisseuses qui le recouvrent et je me lance dans un nouveau discours. J’évite avec soin l’éloquence qu’il pourrait croire provocation. Je m’en tiens à des termes simples, des phrases courtes et lui assène un raisonnement imparable. Cela parle des hommes, de leur impondérable volonté de conquête, de leur soif et de l’étendue infinie des déserts. Il me scrute un instant, me zyeute, une hésitation lippue sous la moustache puis se redresse et vaque à son travail : Eplucher les patates, trancher les patates, cuire les patates, servir les clients.

XXXXJe dis alors à L. en souriant que je vais me rendre au supermarché. Il y a déjà pour moi un peu d’ennui à être assis dans cette voiture où rien ne se passe. J’essaie de remettre un peu de mouvement. Mais elle n’a pas l’air intéressée par cette idée. Il me semble alors, je semble comprendre, qu’elle apprécie ce vide où rien n’existe. Je vois sa vie comme un tissage large de coton blanc, une sorte de macramé où le plein et le vide de la maille forment ensemble le motif. Je regrette aussitôt mon annonce précipitée, de n’avoir pas auparavant tenté de mesurer sa propre envie. Me voilà à présent avec ce projet énoncé et je ne peux, sauf à paraître mou ou peu volontaire, y renoncer ou me dédire. Je cherche en vain en moi une raison, au moins une qui pourrait excuser que je ne parte pas mais la peur de me défausser est la plus forte et je me lève donc. J’ai encore l’espoir qu’elle va décider d’elle-même de me suivre, de nous garder ensemble mais, quand je me retourne pour clore la portière, elle n’a pas bougé. Je vois l’échange de regard entre elles dans le rétroviseur, le sourire un peu doux  Je ferme la porte et me penche :

- A tout à l’heure, dis-je

XXXXEt, me retournant, m’éloignant, me retrouvant chez moi et m'étendant sur le canapé bleu, m’inonde le sentiment que ma relation à L. en restera là.



Christophe Ono-Dit-Bio (genre de BHL raté !) ci-devant critique littéraire
à le magazine LePoint, profite lâchement d'un livre-à-la-con
pour nous refaire le coup de chômeur = fainéant !
Il n'a même pas vérifié une seule des informations qu'il avance !!!
Du coup, j'ai
contacté la rédaction de le magazine LePoint
pour leur demander un article rectificatif.
Peut-être que si on le dit tous, on sera entendu !
Même si on est plus que 2 millions et des poussières, ça fait du monde.
Sans compter les solidaires…
[Le mec, il fait 24 ans de chômage pour pondre un livre de 185 pages ! Fainéant !]


Sur la vision du chômage, vous avez un bon article ici
Par Filaplomb - Publié dans : C'est rien que des mots…
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Vendredi 29 septembre 2006 5 29 /09 /2006 00:00
Hécatombe - Georges Brassens

Au marché de Briv'-la-Gaillarde
A propos de bottes d'oignons
Quelques douzaines de gaillardes
Se crêpaient un jour le chignon
A pied, à cheval, en voiture
Les gendarmes mal inspirés
Vinrent pour tenter l'aventure
D'interrompre l'échauffourée

Or, sous tous les cieux sans vergogne
C'est un usag' bien établi
Dès qu'il s'agit d' rosser les cognes
Tout le monde se réconcilie
Ces furies perdant tout' mesure
Se ruèrent sur les guignols
Et donnèrent je vous l'assure
Un spectacle assez croquignol

En voyant ces braves pandores
Être à deux doigts de succomber
Moi, j' bichais car je les adore
Sous la forme de macchabées
De la mansarde où je réside
J'excitais les farouches bras
Des mégères gendarmicides
En criant: ''''Hip, hip, hip, hourra!''''

Frénétiqu' l'un' d'elles attache
Le vieux maréchal des logis
Et lui fait crier: ''''Mort aux vaches,
Mort aux lois, vive l'anarchie!''''
Une autre fourre avec rudesse
Le crâne d'un de ses lourdauds
Entre ses gigantesques fesses
Qu'elle serre comme un étau

La plus grasse de ses femelles
Ouvrant son corsage dilaté
Matraque à grand coup de mamelles
Ceux qui passent à sa portée
Ils tombent, tombent, tombent, tombent
Et s'lon les avis compétents
Il paraît que cette hécatombe
Fut la plus bell' de tous les temps

Jugeant enfin que leurs victimes
Avaient eu leur content de gnons
Ces furies comme outrage ultime
En retournant à leurs oignons
Ces furies à peine si j'ose
Le dire tellement c'est bas
Leur auraient mêm' coupé les choses
Par bonheur ils n'en avait pas
Leur auraient mêm' coupé les choses
Par bonheur ils n'en avait pas

Amende pour le faucheur d'OGM qui refuse de donner son ADN
LIBERATION.FR : Vendredi 29 septembre 2006 - 17:02
Refuser de fournir son ADN peut coûter cher. Un faucheur anti-OGM qu  avait refusé de donner son empreinte génétique après une précédent  condamnation pour un arrachage de betteraves transgéniques l’a appri  vendredi. Il a été condamné à une amende de 500 euros par le tribunal  correctionnel d’Alès (Gard).

Ficher les violeurs de betteraves transgéniques, voilà du bon boulot pour la police scientifique ! Il m'arrive de penser, face à se genre d'histoires navrantes, à la somme d'intelligence humaine, d'expériences successives, à l'énergie qu'il a fallu développer ici et là pour aller jusqu'au bout du concept, pour en arriver à ce résultat. On va vous soigner toutes les maladies génétiques qu'ils disaient. Ils nous montraient des cas à la télévision et nous on envoyait des sous. Enfin, des promesses de don ! Et qu'est-ce qu'on a à présent ? Un grand fichier central avec un tas d'empreintes ramassées à droite à gauche. Sans plus vraiment de cadre juridique…
Vous croyez que la présidentielle va améliorer les choses ?
Par Filaplomb - Publié dans : C'est rien que des mots…
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Mercredi 27 septembre 2006 3 27 /09 /2006 22:56
Résumé : je liste les différents personnages ayant connu la peur.
Citation : «Armstrong […] non, pas le cycliste, le sélénite des Younaïtid Stétss.»

Au moment où ils se rendaient compte qu'il n'y aurait pas d'eau dans les douches, les juifs avaient peur. C'est sûr.

La même peur sans doute que les hutus et les tutsi à l'apparition des machettes.

Les musulmans font comme s'ils n'avaient peur de rien mais ils ne mangent pas de porc.

Parfois, quand elle rentre le soir, tard, de son travail, Isabelle sursaute pour un bruit inhabituel et un frisson de peur se glisse le long de son échine.

Armstrong était un trouillard fini.
Non, pas le cycliste, le sélénite légendaire des Younaïtid StéTss.

Les Indigènes dont on parle, ils avaient peur.

L'ouvrier convoqué par le contremaître ET le patron.
Le premier ministre quand il doit expliquer les conneries du petit.
Le gamin quand il doit rentrer chez sa mère après 2 jours avec son père
(48 heures sur 360 soit 13,33% du temps laissé à la paternité !).

Le policier a peur régulièrement, il suffit d'un mauvais contrôle.
Un fils de ministre par exemple, et toute la carrière est remise en cause.

Jeanne D'Arc avait encore plus peur que les autres.

Hitler lui-même craignait un max !
Par exemple, le 24 mai 1940. Les jours précédents, il a défoncé la Hollande puis baisé la Belgique. Pour traverser la France de part en part, il l'a prise par les Ardennes. Le voilà grimpé jusqu'à Dunkerque et……… flop, il se met à avoir peur ! Il n'y croit pas que cela soit si facile, il se méfie, croit à un piège et s'arrête. Du coup, les Grands-Bretons filent à l'anglaise, une partie de l'armée française s'échappe aussi et il perdra la guerre (grâce au sacrifice de l'armée rouge mais il ne faut pas le dire, c'est pas officiel !!!)

Comme quoi, ça sert à rien d'avoir peur !
Regardez autour de vous, les choses arrivent quand même !!!

Moi-même, par exemple, j'ai peur de la mort.
Est-ce que ça l'empêchera d'arriver ?
Vous voyez bien !!!

Jean-Luc Gaget, ci-devant scénariste,
s'est laché dans «L'État de Grâce» pour France2.
Non seulement une femme présidente
mais de plus, qui tombe enceinte !
Ça fait plaisir de la bonne série française !!!
[Le blog (bientôt ?) d'Anne Consigny, ci-devant actrice !]

Par Filaplomb - Publié dans : C'est rien que des mots…
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Mercredi 27 septembre 2006 3 27 /09 /2006 00:00
Il n’y a plus rien - Léo Ferré (extrait)



...Et vous comptez vos sous

En long
En large
En marge
De ces salaires que vous lâchez avec précision
Avec parcimonie
J’allais dire "en douce" comme ces aquilons avant-coureurs
et qui
racontent les exploits du bol alimentaire, avec cet apparat
vengeur
et nivellateur qui empêche toute identification...
Je veux dire que pour exploiter votre prochain, vous êtes les champions de l’anonymat.
Les révolutions ? Parlons-en !
Je veux parler des révolutions qu’on peut encore montrer
Parce qu’elles vous servent,
Parce qu’elles vous ont toujours servi,
Ces révolutions de "l’histoire",
Parce que les "histoires" ça vous amuse, avant de vous interesser,
Et quand ça vous intéresse, il est trop tard, on vous dit
qu’il s’en prépare une autre.
Lorsque quelque chose d’inédit vous choque et vous gêne,
Vous vous arrangez la veille, toujours la veille, pour
retenir une place
Dans un palace d’exilés, entouré du prestige des déracinés.
Les racines profondes de ce pays, c’est Vous, paraît-il,
Et quand on vous transbahute d’un "désordre de la rue",
comme vous dites,
à un "ordre nouveau" comme ils disent, vous vous faites
greffer au retour et on vous salue.
Depuis deux cent ans, vous prenez des billets pour les
révolutions.
Vous seriez même tentés d’y apporter votre petit panier,
Pour n’en pas perdre une miette, n’est-ce-pas ?
Et les "vauriens" qui vous amusent, ces "vauriens" qui
vous dérangent aussi,
on les enveloppe dans un fait divers pendant que vous
enveloppez les "vôtres" dans un drapeau.
Vous vous croyez toujours, vous autres, dans un haras !
La race ça vous tient debout dans ce monde que vous avez assis.
Vous avez le style du pouvoir
Vous en arrivez même à vous parler à vous-mêmes
Comme si vous parliez à vos subordonnés,
De peur de quitter votre stature, vos boursouflures, de
peur qu’on vous montre du doigt,
dans les corridors de l’ennui, et qu’on se dise : "Tiens, il baisse, il va finir par se plier, par ramper"
Soyez tranquilles !
Pour la reptation, vous êtes imbattables ; seulement, vous
ne vous la concédez
que dans la métaphore... Vous voulez bien vous allonger
mais avec de l’allure,
Cette "allure" que vous portez, Monsieur, à votre
boutonnière,
Et quand on sait ce qu’a pu vous coûter de silences aigres,
De renvois mal aiguillés
De demi-sourires séchés comme des larmes,
Ce ruban malheureux et rouge comme la honte dont vous ne
vous êtes jamais décidé à empourprer
votre visage,
Je me demande comment et pourquoi la Nature met
Tant d’entêtement,
Tant d’adresse
Et tant d’indifférence biologique
A faire que vos fils ressemblent à ce point à leurs pères,
Depuis les jupes de vos femmes matrimoniaires
Jusqu’aux salonnardes équivoques où vous les dressez à
boire,
Dans votre grand monde,
A la coupe des bien-pensants.
Moi, je suis un bâtard.
Nous sommes tous des bâtards.
Ce qui nous sépare, aujourd’hui, c’est que votre bâtardise
à vous est sanctionnée par le code civil
Sur lequel, avec votre permission, je me plais à cracher, avant de prendre congé.
Soyez tranquilles, Vous ne risquez Rien
Il n’y a plus rien
Et ce rien, on vous le laisse !
Foutez-vous en jusque-là, si vous pouvez,
Nous, on peut pas.
Un jour, dans dix mille ans,
Quand vous ne serez plus là,
Nous aurons TOUT
Rien de vous
Tout de nous
Nous aurons eu le temps d’inventer la Vie, la Beauté, la
Jeunesse,
Les Larmes qui brilleront comme des émeraudes dans les yeux
des filles,
Le sourire des bêtes enfin détraquées,
La priorité à Gauche, permettez !
Nous ne mourrons plus de rien
Nous vivrons de tout
Et les microbes de la connerie que nous n’aurez pas manqué
de nous léguer, montant
De vos fumures
De vos livres engrangés dans vos silothèques
De vos documents publics
De vos réglements d’administration pénitentiaire
De vos décrets
De vos prières, même,
Tous ces microbes...
Soyez tranquilles,
Nous aurons déjà des machines pour les révoquer
NOUS AURONS TOUT
à écouter ici
Par Filaplomb - Publié dans : C'est rien que des mots…
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Mercredi 27 septembre 2006 3 27 /09 /2006 00:00
Résumé : Citant Ipsos lui-même, je démontre l'inefficacité des sondages.
Citation : «Aujourd'hui, certains électeurs du Front National prétendent qu'ils voteront RPR…»



Question :
Pourquoi les sondages préélectoraux sont-ils redressés ?
Réponse de Monsieur Ipsos : Si les instituts de sondage publiaient les résultats bruts de leurs enquêtes, en période préélectorale, ils se tromperaient lourdement. Les intentions de vote recueillies posent, en effet, deux sortes de problèmes. Le premier vient de ce que tous les électeurs ne sont pas également accessibles. Certains d’entre eux refusent souvent de répondre aux enquêtes d’opinion, par crainte ou par hostilité à l’égard de l’univers politique - c’est aujourd’hui parfois le cas de l’électorat du Front national (Filaplomb : comment sait-il qu'ils sont du FN, s'ils ne répondent pas ?). D’autres électeurs ont, à l’inverse, tendance à répondre plus souvent que la moyenne aux sondages - par exemple, les personnes qui ont un niveau d’études élevé. Ces différences de comportements biaisent les résultats bruts de l’enquête : la gauche modérée est ainsi généralement sur- représentée tandis que les extrêmes de l’échiquier politique sont sous-représentés.
Deuxième cause de «biais» : certains électeurs n’osent pas dire pour qui ils ont l’intention de voter. Naguère, une partie de l’électorat communiste indiquait faussement aux enquêteurs qu’elle allait voter socialiste. Aujourd’hui, certains électeurs du Front national prétendent qu’ils voteront RPR...
C’est pour corriger ces deux types de biais que les instituts ont recours à la technique du redressement. Il s’agit de corriger les chiffres bruts de l’enquête en utilisant la clef de la ' reconstitution du vote ' : on interroge les électeurs sur leur vote passé. Imaginons que l’on trouve 7% d’électeurs du Front national aux dernières élections alors que l’on sait que ce parti a obtenu, en réalité, 14% des suffrages. On en déduit que le score du FN est sous-estimé de moitié dans ce sondage. Si le pourcentage brut de ce parti dans le sondage est de 8%, son chiffre “redressé” sera de 16%. L’expérience montre que la technique des redressements, tout en posant parfois de sérieux problèmes, permet d’affiner utilement la mesure des intentions de vote.

D'où j'en déduis que si j'ouvre mon Quid®, que je recopie le score de toutes les dernières élections, que je présente ça bien-bien avec de jolis camemberts colorés (ou des petits bonhomme découpés en tranches d'arc en ciel), je peux ouvrir demain mon Institut de sondage et vendre ça ç n'importe qui ?
Rigolez pas, c'est avec votre pognon, disez Monsieur Coluche…
Par Filaplomb - Publié dans : C'est rien que des mots…
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