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Lundi 12 mai 2008 1 12 05 2008 09:46

Zoridae, sur son excellent blog "de la sexualité des araignées" a réalisé une interview de Joan Aractingi, auteure aux éditions Filaplomb. Avec son accord, je me permets de reproduire ici son article :



Cette semaine j'ai emporté, pour l'un de mes trajets en métro, un petit livre des Editions Filaplomb. Il était seize heures, je partais donner quelques heures de cours au cœur de Paris, je me sentais un peu lasse, vaseuse encore, je n'étais pas très enthousiaste à l'idée de travailler jusqu'au soir, tard.

Je ne m'attendais pas à pouffer dès la deuxième page de la nouvelle de Joan Aractingi Des hamsters et des hommes. En quelques mots je suis sorti
e du contexte métro-boulot-dodo pour atterrir dans une histoire saugrenue, au rythme trépidant, toujours surprenante et de plus en plus drôle. A la station Les Halles j'étais collée contre la vitre, repliée autour de 22 pages de bonheur et je riais à gorge déployée. Mes voisins me dévisageaient cependant que j'étais partagée entre l'envie de lire plus vite, pour connaître la fin, le déroulement, les tenants et les aboutissants et le besoin de savourer les mots avant qu'ils ne se soient écoulés jusqu'au dernier.

Il me semble, qu'en littérature, le talent comique est plutôt rare. Je n'ai pratiquement aucun souvenir de lecture hilarante, que ce soit en nouvelle ou en roman. Ce talent, Joan le possède, indubitablement.

J'en ai été tellement bouleversée que j'ai eu envie de discuter avec elle. Grâce à son éditeur, je l'ai contactée et j'ai appris qu'elle sévissait également dans un blog sous le doux pseudonyme de Cochon Dingue. Nous avons échangé quelques mails, Joan a gentiment répondu à mes questions :



Comment es-tu venue à l'écriture ?

A l'âge de 6 ans, j'établissais déjà des contrats écrits entre mon petit frère et moi. Chaque soir avant de nous endormir, je lui racontais une histoire et mon frère me donnait en échange une BD.

"Je sous-signé Karl certifie avoir légué définitivement "Astérix aux jeux Olympiques" à sa soeur si merveilleuse et resplendissante".

Il scellait ce pacte en paraphant chaque contrat de son sang (enfin, au bout de 3 jours nous sommes passés au stylo, c'était quand même plus pratique et moins salissant). En l'espace de quelques mois, j'avais acquis toute sa collection de bandes dessinées et mon imagination était de plus en plus fertile. J'étais le Boris Vian junior de la
poésie, le Tolstoï en herbe des personnages. Je maniais les mots avec une facilité absolue et déconcertante pour un enfant de mon âge. Mon univers était riche, je déclinais les histoires de Toto à l'infini : Toto chez le charcutier, Toto chez le boucher, Toto à la boulangerie...

Seulement un soir, plus rien. Le vide. Pas l'ombre de l'esquisse d'une prémice de commencement d'histoire. Mon frère manifestait son impatience en labourant de ses pieds le lit superposé où j'étais perchée : "Remboursez !!! Remboursez !!! Le contrat est caduc. Je reprends toutes mes BD !"

— Ah non, ça ne se passe pas comme ça. Tu le saurais si tu avais lu la clause 26B paragraphe 112 alinéa 35.

— Mais j'ai pas encore appris à lire !

— C'est bien dommage pour toi !

Mais comme il me faisait de la peine, j'ai cherch
é d'autres idées, d'autres histoires et j'ai commencé ainsi à écrire.


Qu'écris-tu en ce moment ?
Je m'inspire en général de ce que je vois autour de moi. Alors j'observe les situations cocasses, les dialogues de sourds, les personnages intéressants ou tendres. J'écris beaucoup sur mon blog mes aventures en agences de pub. Malheureusement il n'y a pas si longtemps, certains collègues (légèrement susceptibles) sont tombés malencontreusement sur mes articles qui parlaient d'eux et n'ont pas vraiment apprécié. J'ai échappé de peu à un lynchage en place publique (c'est à dire devant la machine à café).

Depuis je n'écris plus sur mes collègues, vu que je n'en ai plus...

Mais le chômage a du bon. Maintenant j'ai du temps, beaucoup de temps. J'ai même envisagé d'écrire un remake de "Guerre et Paix" version 21eme siècle. Ça va m'occuper un certain moment.


Qu'as-tu contre les hamsters et les cochons d'Inde ?
Moi je n'ai rien contre eux, c'est eux qui ont une dent contre moi. J'avais acheté 2 mâles tout mignons. Ils s'amusaient bien ensemble, ils se montaient dessus. Je trouvais cela étrange mais je supposais que c'était une question de hiérarchie soci
ale, le dominant se mettait au-dessus du dominé. Mais en fait pas du tout. Au bout de 3 semaines, il y avait 8 hamsters dans la cage et au bout de 2 mois, ils étaient 16. C'est très vite exponentiel, on n'en finit pas.

J'aurais pu ouvrir une animalerie à ce rythme. Ma nouvelle Des Hamsters et des hommes est donc très inspirée de la réalité.


Es-tu aussi drôle en vrai ?
Non et c'est bien le drame. J'ai la réplique lente, très lente, genre 3 jours après. Je fais des exercices parfois devant la glace pour m'entraîner à trouver le bon mot, la phrase si bien tournée qu'elle déclenchera l'hilarité générale. Je me regarde dans le miroir, je me concentre, et là je sors :
— Oh putain, j'ai quand même vachement de points noir
s ! Et c'est quoi ce petit bouton sur le nez ? Bon je vais me faire un masque de beauté aux épinards."


Comment as-tu découvert les Editions Filaplomb ?
C'est Filaplomb qui m'a découverte par mon blog. Il m'a demandé si ça m'intéressait d'écrire une nouvelle qu'il pourrait publier si elle lui convenait. Et donc 126 versions après, je lui ai envoyé mon texte définitif (je lui aussi envoyé mes 125 premières versions pour qu'il choisisse mais je ne suis pas persuadée qu'il les ait toutes lues).


As-tu lu d'autres nouvelles chez lui ?

Je les ai toutes lues et toutes aimées ! J'ai un petit faible pour "Sujitha" de Claudine Tissier et "Le Chasseur de légendes" de Madame de K qui m'ont vraiment transportée ailleurs.


Quels sont tes projets d'écrivain ?
Les envies ne manquent pas. Nouvelles, romans...

Mais j'ai aussi plein d'autres projets en suspens (arriver à faire le grand écart, me remettre à dessiner et à peindre, illustrer des livres pour enfants) alors je vais essayer de ne pas me disperser et mener mes projets jusqu'au bout.


Un extrait :

«Chaque nuit, alors que je me réveillais en sursaut, je pouvais les sentir trépigner d'impatience et je me levais pour vérifier la solidité de leurs cages. Ils avaient bouffé le plastique des mangeoires, ils avaient entamé les roues, les tunnels, les petits jouets et il s'attaquaient maintenant à l'acier des barreaux. Un matin, on allait retrouver mon squelette rongé par leurs dents acérées. "Incroyable : un homme dévoré par ses hamsters nains, page 3".
Finir en fait divers avait quelque chose de franchement glauque.»



Pour conclure un petit mot de Filaplomb :
"Comme je le disais et comme le raconte Joan, dans la préparation de la maison d'édition, je cherchais des auteurs.
J'avais passé une annonce sur zazieweb où j'ai eu quelques réponses et j'ai aussi sollicité quelques auteurs de blog qui me paraissaient plutôt très-très doués pour l'écriture !

Pour Joan, le choix est évident tant elle excelle dans l'humour décalé, la petite phrase qui tombe à côté, pas là où le lecteur l'aurait prévue.

Pour les différentes versions de Des hamsters et des hommes, je n'ai pas eu le temps de tout lire !
Je recevais parfois deux versions dans la même matinée, il était matériellement impossible de la suivre.
J'ai simplement attendu qu'elle décide elle-même de la version définitive avant d'intervenir !
:-))

[La couverture de la nouvelle de joan Aractingi a été réalisée par Didier Ray]
Par Filaplomb
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Samedi 10 mai 2008 6 10 05 2008 00:54
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La nouvelle, ce sont de petites histoires qui en disent long ! Aux éditions Filaplomb, nous sommes convaincus que cette forme de littérature mérite bien plus que ce qui est fait jusqu'à présent.


Nous avons donc décidé de lui inventer un écrin qui la rende pratique et accessible : un livre de petit format, 10 x 15 cm pour 24 pages, qui vous donne la possibilité de le transporter partout avec vous. Un livre mobile en quelque sorte !

Pour vous le faire découvrir dès aujourd'hui et jusqu'au 31 mai, nous vous offrons un euro de réduction immédiate pour votre choix de deux nouvelles parmi les huit déjà à notre catalogue.

>Voir cette offre

A

Par Filaplomb
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Dimanche 4 mai 2008 7 04 05 2008 13:53
Les éditions Filaplomb ont commencé par une première étape qui consistait à publier les textes déjà sélectionnés et travaillés avec les auteurs.  Il s'agissait de concrétiser ce concept de publication de nouvelles sous forme de petit livre disponible en ligne et de convaincre les premiers lecteurs.

Sans être une réussite totale, le bilan que je tire de cette première phase est porteur de promesses. La maison d'édition a déjà convaincu quelques passionnés et leur fidélité à toute épreuve, en plus de me soutenir moralement, démontre à mes yeux la pertinence du projet.

Les huit nouvelles déjà parues ont été choisies en ce qu'elles illustrent chacune à leur manière un aspect de ce genre littéraire trop peu mis en valeur par les éditeurs. De l'examen minutieux de la mécanique du couple jusqu'au voyage dans l'espace, de la balade joyeuse à travers Paris au conte moral et politique, de l'élevage des hamsters en appartement jusqu'à l'amour d'une femme en Inde, la fiction courte explore le monde réel et son imaginaire.

Si ce n'est déjà fait, je vous encourage à lire et à faire lire autour de vous ces huit premiers textes. Ils vous permettront de découvrir ce qu'est la nouvelle en littérature, c'est à dire de passer un bon moment sans se prendre la tête mais sans oublier de réfléchir.

Pour cette deuxième phase du développement de la maison d'édition spécialisée dans la nouvelle et le texte court, il est surtout essentiel de parvenir à acquérir plus de notoriété afin de rencontrer de nouveaux lecteurs. L'appui et le relais des journalistes en place et contactés durant ces derniers mois, sera primordial pour cette réussite.

Mais sans attendre que ceux-ci se décident à en parler, je compte aussi sur vous, blogueuses et blogueurs pour permettre à d'autres passionnés de découvrir la maison d'édition [tout ou partie de ce site est copiable à loisir mais pensez à m'en alerter] en diffusant cette information sur vos espaces personnels.

C'est là l'occasion de démontrer qu'internet n'est pas seulement un lieu rempli de pédophiles et de pervers dragueurs d'enfants, mais aussi la possibilité d'inventer des activités jusque là inédites et de soutenir une création d'entreprise que j'espère intéressante à vos yeux.

Cette deuxième phase s'ouvre aussi le lancement des formules d'abonnements que des lecteurs m'ont à plusieurs reprises réclamées. Ainsi, plus besoin de guetter les nouvelles publications, elles vous parviennent directement à domicile et ce tout le long de la période choisie. Evidemment, le choix que vous ferez de la fidélité envers les éditions Filaplomb est récompensé par prix encore plus bas de chacun des livres. En ces temps d'inflation galopante, dépêchez-vous d'en profiter !

Par Filaplomb
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Lundi 28 avril 2008 1 28 04 2008 21:49

Pour les éditeurs, je défends leurs points de vue.

Je vis ca aussi, vous savez.

Je choisis des auteurs qui me touchent et j'en rejette d'autres.

Sans doute qu'il m'en veulent et pensent qu'il y a de la magouille.

Je precise toujours dans mon mail de refus que je suis conscient que ce n'est que mon avis et que je sais que tout cela est subjectif…

Je ne suis pas sûr qu'un auteur frustré qui en est à sa 32ème lettre de refus (j'en ai aussi toute une collection que je garde precieusement pour me rappeler régulièrement à ma condition !) puisse entendre cette phrase.

Donc, disais-je, pour les éditeurs, je défends, comme la mienne, leur sincérité dans le choix des auteurs.

 

Les éditions Filaplomb publient des nouvelles et des textes courts sous forme de petits livres de 24 pages et de format réellement de poche (10x15 cm). Vous pouvez vous les procurez pour 4,20 euros (frais de port inclus) directement sur le site des éditions Filaplomb ou bien tarabuster votre libraire pour qu'il nous contacte afin de les mette à disposition de ses lecteurs !
Pour vous convaincre, rien de plus simple : Fiez-vous aux avis laissés dans les commentaires. Là aussi, tout est sincère !

Par Filaplomb - Publié dans : Texte à vendre
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Lundi 7 avril 2008 1 07 04 2008 23:08
Ils sont sympas sur Radio Fréquence Paris Plurielle, ils m'ont invité à parler des éditions Filaplomb dans leur micro.

Ça se passait courant mars, c'était à Paris. Il pleuvait sur la ville, j'avais un peu galéré dans le quartier (à cause de la station Stalingrad qui a beaucoup trop de sorties de tous les côtés !) et j'ai rencontré la délicieuse Iris qui m'a emmené dans leurs studios.

Elle m'a fait un tel accueil souriant, a montré une telle curiosité envers les nouvelles publiées que j'ai fini par presque me sentir à l'aise pour l'interview. Remarquez, je dis ça, je m'avance un peu parce que je n'ai pas encore entendu le résultat ! Ce sera diffusé demain matin, mardi 8 avril 2008 de 9h30 à 10 heures [106,3 FM pour les parisiens et bientôt en lien audio sur ce blog !].

Je ne sais plus exactement ce que j'ai répondu à ses questions.

Je me souviens qu'avant l'émission, elle m'avait demandé si je souhaitais choisir une des nouvelles déjà parues, (à l'époque il n'y en avait que six !) ce que j'avais refusé. Il m'est quasiment impossible de choisir l'une plutôt que l'autre. Elles sont huit aspects de la nouvelle et je ne veux en privilégier aucun. Ou plutôt, je veux les favoriser tous. Et dans le fil de l'enregistrement, toute en finesse, elle m'a amené à lire la quatrième de couverture de chacune des nouvelles [enfin, s'ils ont gardé cette partie au montage !]


Ce sera bien la première fois où je pourrais m'entendre lire à voix haute [ce que j'aime assez faire en privé] et en public. Bien sur, à l'heure où cela sera diffusé, je serais au travail mais rassurez-vous, après diffusion, je pourrais mettre l'interview en lien sur ce blog.

En tout cas mille merci à Iris pour ce moment-là !

Par Filaplomb
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Mercredi 2 avril 2008 3 02 04 2008 22:34

Parfois c'est tellement évident qu'il semble inutile d'expliquer.

Par exemple, les nouvelles publiées sous forme de petits livres par les éditions Filaplomb le sont sur papier recyclé et imprimé non seulement avec de l'encre végétale mais aussi près de Toulouse où j'habite.

Le papier recyclé, ce n'est pas simplement d'économiser des forêts qu'il permet. Si l'on y réfléchit, le gars qui passe ramasser la benne du recyclage dans ton quartier et les femmes et les hommes qui œuvrent à la transformation du contenu en matière pouvant être imprimée de nouveau, ont chacun un emploi en partie généré par ce choix.

De même, le choix d'un imprimeur local repose sur cette logique. C'est un peu comme préférer son petit commerçant à la grosse multinationale [quitte à adapter ses dépenses] pour faire ses courses, on sait qu'il n'y aura ni actionnaires ni fonds de pension à rémunérer en intermédiaire.

La création d'une maison d'édition spécialisée dans la nouvelle ne s'est pas faite en un jour. Il a fallu rendre applicable l'idée de présenter la nouvelle sous forme de texte indépendant, inventer ce format de "petit livre" afin de le rendre compatible avec l'idée que les textes courts sont de parfaits compagnons de notre mobilité.

Et quitte à devenir éditeur de nouvelles, quitte à concrétiser ce rêve, autant être exigeant sur les conditions minimum. Autant mettre en pratique les petites idées qui me semblent pouvoir améliorer un tout petit peu l'ordinaire en terme d'économie locale.

Les éditions Filaplomb, ce ne sont pas seulement de bons auteurs et de bons textes disponibles à la commande sur internet — ce qui permet en plus de profiter, en commentaire, du très bon avis de l'ensemble des lecteurs ! — c'est aussi le choix d'une certaine éthique dans la démarche de création d'entreprise.

Les huits premières nouvelles sous forme de petit livre de vingt-quatre pages sont à découvrir en ligne ou chez votre libraire [s'il ne les a pas, il peut nous contacter ici]. Huit histoires qui sont autant de facettes possibles de la nouvelle littéraire, huit moments différents à s'offrir sans tarder, ni culpabiliser !

 

A défaut de carte bancaire (ou simplement parce que vous ne souhaitez l'utiliser sur Internet), vous pouvez adresser votre courrier papier à : Editions Filaplomb - 30, rue de Cugnaux - 31300 Toulouse en y joignant votre réglement par chèque à l'ordre des éditions Filaplomb ainsi que le détail de votre commande. Vous recevrez peu après vos ou votre petit livre par retour du courrier.

Par Filaplomb
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Mercredi 12 mars 2008 3 12 03 2008 23:11
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Je suis ravi des commentaires laissés par les lecteurs de «L'étoile» de Joaquim Hock. Il va sans dire que je ne pilote en rien ce qui s'écrit sur le site. Chacun s'exprime comme il l'entend ou comme il l'a lu.

Je me souviens en tout cas avoir bondi de joie à l'intérieur de moi-même, le jour où j'ai reçu ce texte. Il est d'une telle simplicité, dans le sens de limpidité, tout en abordant un vrai grave problème politique que c'est enthousiasmant.

Le pouvoir absolu exercé sans opposition mais aussi la trop grande lâcheté de l'entourage sont tour à tour décrits avec exactitude, le despotisme se nourrissant aussi de l'apathie généralisée.

Et comme souvent dans ce que produit culturellement la belgique, il y a ce pas de côté par rapport au réel. Cette délicatesse et cette élégance pour entrer dans l'absurde et la folie. Au final, il nous rappelle que c'est aussi par le rire qu'on peut le combattre.

Et c'est bien le comique caché derrière le totalitarisme que nous dévoile Joaquim Hock et qui nous donne le sourire.

 

«L'Etoile» une nouvelle de Joaquim Hock sous forme de livre portable de 24 pages, format 10x15, à commander directement sur le site des Editions Filaplomb. 4,20 Euros, frais d'envoi inclus pour une livraison dans les 48 heures [délai postal habituel] - En couverture, l'illustration est de Pierre Leroy.

 

E d i t i o n s   F i l a p l o m b
Les nouvelles ont enfin trouvé comment vous transporter !

Par Filaplomb - Publié dans : Texte à vendre
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Dimanche 20 janvier 2008 7 20 01 2008 17:25
399ème article



Je fais un peu de ménage dans mes fichiers sur ce blog que j'ai définitivement laissé pour un autre espace, sans lien avec la maison d'édition.

Je publie ci-dessous, sans autre modification qu'orthographique, les articles laissés en brouillon. Il s'agit parfois de l'ébauche d'un écrit à affiner mais le plus souvent, ce sont simplement des débuts de papier dont je n'ai trouvé aucune suite.




1). 13 MAI 2007 - 19H59

Eteindre

Eteindre la télévision, raccrocher le téléphone.

Mettre hors tension l'ordinateur et l'accès à internet.

Fermer la porte à double tour.

Choisir un endroit où s'asseoir à l'aise. Pas une chaise qui contraint à un certain effort mais une liseuse, un lit ou un transat qui permettent l'abandon sont de bien meilleurs choix.

S'installer confortablement et fermer les yeux. Ne rien attendre et commander à sa propre pensée de revenir au calme.

Eteindre les tempêtes intérieures, l'avenir des enfants, les factures, les «à-faire» et les «à-prévoir». Déconnecter le lien entre la pensée intérieur et le monde existant.

Rester là à s'écouter penser. Laisser libre son esprit de jaillir et de rebondir. Ne pas se contraindre au sens, à la logique mais laisser l'imaginaire prendre le pas.

Eprouver le poids de son propre corps, le contact du drap sous la main, la texture du vêtement qui nous entoure à l'instant. Etre présent physiquement mais accepter la liberté de l'esprit, la divagation interminable de l'être en soi.


2). 24 JUILLET 2007 - 18H26

Cécilia

Si vous critiquez Cécilia Sarkozy, c'est juste parce qu'elle est une femme et que vous êtes mysogine.

Pareil que pour Rachida Dati, il ne faut rien dire à cause de ses origines et que ce serait du racisme ce qui n'est pas bien.

Ou alors, c'est parce qu'elle est une femme libérée, moderne. Divorcée de Jacques Martin et obligée maintenant de travailler sans contrat de travail.
Ni aucun salaire d'ailleurs alors que la mode est au gagner plus.

Michèle Aliot-Marie est coincée au point de ne porter que des pantalons.

Ingrid Bétancourt

3). 23 AOÛT 2007 - 18H33

Depuis qu'ils ont supprimé le service militaire, les mecs ne sont plus vraiment des mecs.

Voilà qu'ils se mettent du gel à la louche pour se faire une crête à la crétin. Sans même évoquer ici, les chanteurs à barette qui se font élire «Nouvel Star» par une M6 déboussolée.

Du coup, c'est bien normal, les filles s'y perdent. Elles s'occupent leur ennui à se triturer le bignou de multiples façon

4). 25 AOÛT 2007 - 20H03

Et bien dites donc, ce ne sont pas que les femmes qui se sont libérées dans cette histoire.

Déjà que depuis qu'il n'y a plus de service militaire, les hommes, c'est plus vraiment des mecs. Voilà qu'ils aiment se tartiner de gel pour se faire des crêtes de crétins.

Sans parler des chanteurs à barette que M6 [la petite chaîne qui n'est jamais montée très haut] essaie de nous refiler comme nouvelle star.

Du coup, je ne sais pas si elles sont vexées ou si c'est l'ennui, mais elles ont l'air d'explorer tous les moyens possibles de se tripatouiller le bignou.

Je me demande ce que ça va donner comme modèle de couple, tout ça…



5). 17 SEPTEMBRE 2007 - 00H01

Je me demande combien de réformes, j'ai déjà connues. Je veux dire depuis que je suis en âge de comprendre les discours des élus successifs, combien de fois ai-je pu entendre qu'il fallait réformer.

Les prédécesseurs n'ont rien fait de bon et qu'il était temps qu'arrive une équipe aux commandes du pays. Qui va prendre tout ça à bras le corps et rendre le pays performant.



6). 05 NOVEMBRE 2007 - 19H00

Avant/Après

Avant, j'écrivais de grands et merveilleux poèmes plein de courses de chevaux, de royaume dont elle serait la reine, de champs garantis sans OGM et donnant pourtant plus de blé qu'un meilleur avril.

Aujourd'hui, c'est plus ça.

Je vois la fille deux fois et la voilà qui se lache. Elle me propose de jouer au jockey avec elle jusqu'à lui faire passer la ligne et qui repart au matin sans même m'avoir fourni son numéro de portable.

On est tous tellement libéré



7). 06 NOVEMBRE 2007 - 15H20

Bouttin

Christine Bouttin comme Ministre du logement, ça laisse peu d'espoir quand on est comme moi salarié du bas de l'échelle et locataire.

Ainsi, en l'écoutant sur France Inter ce matin, on a pu mesurer la motivation de la Dame à bouger les choses.

Pour la loi SRU [mais si, tu sais, c'est cette loi perfide qui oblige les communes à se doter d'un certain pourcentage de logement pour pauvres sauf à payer une amende], elle note qu'il existe une communauté de citoyens qui ne désire pas l'appliquer.

Ni une ni deux, voilà qu'une ministre décide que quelques intérêts privés locaux peuvent avoir le dessus sur une loi de la république.
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Vendredi 28 décembre 2007 5 28 12 2007 21:36
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Un rayon d'hypermarché en Chine [source]




Tu y crois, toi, à l'économie de marché ?

D'abord, faudrait définir le truc, mettre des mots dessus.

Par exemple, on peut dire que le marché, c'est ce qui te fait désirer ce que tu n'as toujours pas. Il faut bien stimuler les ventes, non ?

Le temps de payer le crédit pour le super lecteur DVD du salon que voilà déjà une nouvelle technologie pour laquelle il faudra s'endetter afin de se remettre au goût du jour.

C'est le coup de la tendance qui a remplacé la mode. Quatre saisons par an, ce n'est pas assez pour permettre le renouvellement des stocks. Du coup, ils ont créée autant de mouvements que nécessaire.

Chaque produit révolutionne à présent le monde pourtant invariablement identique de nos hypermarchés. Même les yaourts deviennent innovants, c'est dire où on en est arrivé, non ?

Et puis surtout, au milieu de tout cela, une apparence de concurrence qui n'en est plus depuis longtemps.

A qui appartiennent toutes ces marques de lessives ?
Que vous preniez du Lanquetot™, du Lepetit™ ou du Président™, qui en profite ?
Adidas a racheté Reebok pendant que Nike se paie Umbro. [ce lien est spécialement pour Balmeyer]
Microsoft est depuis longtemps actionnaire d'Apple et d'une manière assez paradoxale, pourrait s'enrichir si Steve Jobs venait à la détroner.

Et même sur le terrain politique, cela se répand.
Ainsi, même en créant une sous-marque «nouveau centre», on sait bien que c'est encore l'UMP qui espère gagner des parts de marché…



Par Filaplomb
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Dimanche 23 décembre 2007 7 23 12 2007 17:15
397ème article

DANS NOTRE GRANDE SÉRIE : LES LÉGENDES DU ROCK ET DU ROLL.
Episode 5 : Another brick in the wall [part. 2]



Waters-Wall-Graffittii.JPG
Roger Waters en train de graffiter le mur de séparation établit par Israël
[été 2006 - Source]


Un soir, son gamin rentre de l'école avec un mot de l'un de ses professeurs.


Je n'ai pas le détail de ce qu'écrivait l'enseignant mais le père n'a pas du tout apprécié et a aussitôt pris la plume pour lui répondre :

We don't need no education.
We don't need no thought control.
No dark sarcasm in the classroom.
Teacher, leave the kids alone !
Hey teacher, leave us kids alone !

All in all, you're just another brick in the wall.
All in all, you're just another brick in the wall !


Et c'est bien parce que son fils était en apprentissage de maçonnerie que Roger Waters a fini par écrire The Wall dont est extrait ce tube planétaire.

Comme quoi, le talent se cache toujours dans le quotidien, non ?

Par Filaplomb - Publié dans : C'est rien que des mots…
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