Le meeting [la chaleur réelle !]

Publié le par Filaplomb

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Video copiée et arrêtée sur cette image grace à LCI

Les gens sourient. Les jeunes, les vieux, les entre-deux échangent leurs avis sur la campagne en cours.

Bayrou est décrit comme un menteur de droite.
On parle aussi beaucoup de sa carrière ministérielle à l'enseignement et de certains profs qui n'ont pas bien compris le film. On moque gentiment ces «électeurs de gauche» décidés à voter UDF en ces termes : «autant qu'ils avouent qu'ils sont de droite alors !».

Sarkozy est décrit comme un danger non seulement pour l'avenir du pays [pro-américain et ultra-libéral, ami des patrons et des grands médias] mais aussi pour la population [détection des tares génétiques dès 3 ans, rafles près des restaurants du cœurs et à la sortie des écoles].

Je constate que très peu sont au courant des informations dont nous dicutons sur les blogs [mais le bruit d'une rumeur est arrivé jusqu'ici]. Une partie votera pour la candidate du Parti Socialiste parce qu'ils sont de gauche [comme tout cela est naturel et sans calcul] et une autre pour protéger le pays d'une nouvelle dégradation par l'un des deux candidats de la droite [et un peu pour au cas où Jean-Marie Le Pen nous referait un sprint surprise sur la ligne d'arrivée].

L'ouverture des portes, annoncées pour 17 heures, n'a pas encore eu lieu. Le parvis du Parc des Expositions de Toulouse est déjà noir de monde en rangs serrés, sur des dizaines et des dizaines de mètres. Les premiers arrivés [dont moi-même !] sont sous le porche, à l'ombre, les autres commencent déjà à cuire. Ça sent la frite mêlée de merguez et les boissons se vendent comme des petits pains.

Un vague coup d'œil vigipirate les sacs à l'entrée et ote les bouchons de toutes les bouteilles mais tout le monde suit dans la bonne humeur générale et on entre sans attente supplémentaire.
Il y a deux salles de taille équivalente, c'est à dire gigantesque [pour vous donner une idée de la surface mais j'ignore dans quel hall nous étions]. La première, que nous traversons vers 18h15, est équipée pour projeter sur deux grands écrans, les images et le son de la tribune et du public qui seront dans l'autre hall, juste à côté.

On essaie de se faufiler le plus près possible de la scène. La progression se fait par l'application du portable sur l'oreille, avec évidemment personne en ligne mais en lançant des phrases comme «mais t'es où, je ne te vois pas !» et des regards vers le lointain de la foule. Jusqu'à ce qu'on atteigne le niveau des vrais fans qui ont eu, eux aussi, quelques difficultés à avancer aussi près. Là, ça bloque, on se pose et c'est ainsi que, rang après rang, se forme un public qui remplit cette salle, puis la seconde et laisse encore du monde à l'extérieur.

Quand le meeting commence, il fait déjà horriblement chaud à l'intérieur. Tout le long,
durant les trois heures de discours, les rangs s'ouvrent à intervalles réguliers, pour permettre les quelques évacuations sanitaires [en tout 5 ou 6 personnes].
On se dit que les organisateurs auraient pu prévoir une buvette à l'intérieur mais la masse humaine est telle que, de toute façon, cela aurait été impossible à mettre en place.

Les présents : Danielle Mitterrand est venue afficher son soutien et est passionnément acclamée. Isard (Président du Conseil Général), Malvy (Président du Conseil Régional et, peut-être futur maire de Toulouse s'il se décide à candidater) et Baylet (Propriétaire de la Dépêche et du Parti Radical de Gauche) disent quelques mots. Laurent Fabius ne parle pas mais il est là et se montre.
A l'inverse, Lionel Jospin devait avoir un concours de pêche à la crevettes sur l'île de Ré qui l'a obligé à être absent dans sa région d'élection.

Jean-Pierre Chevènement est sifflé dès sa prise du micro puis applaudit à la fin de son discours.

[mille excuses si j'oublie quelqu'un. Je cite ceux dont je me souviens !]

François Hollande est le premier à monter à la tribune centrale. Son talent d'orateur et ses piques drôles et acerbes contre la droite sont efficaces, même si la voix laisse percer la fatigue vocale.

L'entrée de Ségolène Royal et Jose Luis Zapatero [Premier Ministre Espagnol, bande d'euro-incultes] déchaîne la foule et il faut que l'ibère patiente pour pouvoir s'exprimer. Il se fait largement surprendre par l'énorme accueil : «za—pa—tero, za—pa—tero» durant de longues minutes avant de parler dans sa langue.
C'était sous titré sur les grands écrans latéraux mais, cela dit, j'ai été surpris car les deux tiers de la salle comprenait l'espagnol
. On m'a rapporté que sur les ponts de la rocade qui arrive de l'aéroport, les gens avaient disposé des banderoles de bienvenue pour l'élu outre-pyrénéen.

Extrait choisi :
«Ségolène incarne l'impétuosité personnelle, la fraîcheur de caractère et l'optimisme. Elle représente une autre façon d'être, de gouverner, elle incarne les promesses de réussite de la social-démocratie».


Plus tard, Ségolène Royal s'avance au micro et se lance.
Ma candidate, en vrai, enfin !
Comme il a été dit ailleurs, elle est d'abord figée, un peu raide.
Sincèrement, devant vingt deux mille personnes, je le serais aussi.
Fort heureusement, les clameurs, les bravo, les hourras, les applaudissements la poussent, la soutiennent et elle termine son discours rayonnante, souriante, ainsi que portée et magnifiée par la ferveur unanime et générale.

Extrait choisi :
«Alors, je lance ici un appel à Toulouse, à ceux qui se retrouvent sur les valeurs qui sont les suivantes, et sur lesquelles vous allez me donner votre avis, je leur demande de se mobiliser dès le premier tour.

Voulez-vous, je le demande à tous ceux qui réfléchissent à travers cette grande salle, aujourd’hui dans tous le pays je m’adresse à eux, ceux qui réfléchissent encore, je leur demande : souhaitez-vous oui ou non que les valeurs humaines l’emportent toujours sur les valeurs financières et sur les valeurs boursières ?

[clameurs et applaudissements]

À ceux et celles qui hésitent, je demande : pensez-vous, oui ou non, qu’il est possible de réformer la France sans la brutaliser ?


Pensez-vous, celles et ceux qui hésitent, et je comprends leur hésitation parce que le choix est grave, il va engager la France pour les années qui viennent, et sans doute définir son visage pour une génération compte tenu de la profondeur des crises que j’ai évoquées tout à l’heure, alors, oui ou non, pensez-vous qu’il est possible de réconcilier les solidarités fondamentales, la liberté individuelle et l’efficacité économique ?

Pensez-vous qu’il est enfin grand temps de remplacer la loi du plus fort par la loi du plus juste ?

Et enfin, pensez-vous que vous avez quelque chose à dire, quelque chose à faire, quelque chose à construire pour qu’enfin un ordre juste remplace tous les désordres injustes qui créent tant de violence, de fragilité, de frustration et de colère ?

Alors, si vous pensez tout cela, si vous vous rassemblez sur ces valeurs, alors je vous lance un appel : venez voter, soyez très nombreux dès dimanche prochain pour dire quelles valeurs et quel visage vous voulez donner à la France !».

Le tout entrecoupé de «OUI» et de «NON» joyeux et puissants lancés par les vingt deux milles voix des spectateurs [et spectatrices]. Un dialogue de conviction s'installe entre elle et le public présent. Un véritable échange a lieu.

A la fin, tout le monde est sur scène et José Luis, sous les yeux de François, fait la bise à Ségolène pendant que la musique reprend de plus belle. L'espagnol affiche le sourire des grands jours et à bien y regarder, ils ont tous, les connus et les moins connus commencé à partager ensemble la joie présente, l'ambiance de la ferveur populaire.

Il est plus de 21h30 quand la foule ravie, souriante et bavarde quitte la salle à petits pas patients. On sent de la fatigue heureuse, de la confiance revigorée, un peuple de gauche réunifié, conquis et conquérant.

Un peu plus loin, dans la rue, j'offre un «bonsoir» aux policiers de faction [qui regardent passer les gens] mais qui ne me répondent pas. Ils ne doivent pas aimer la gauche, faut croire…

Après ce meeting et après toute cette campagne de dénigrement général contre la candidate de la gauche, après ce disours aussi noble et une vision aussi juste sur les solutions à mettre en place, je suis fier de voter socialiste…

Ajout du samedi 21 avril : la belle ambiance du meeting de Toulouse est visible en ligne. Je vous conseille le début, juste pour goûter la ferveur…

Fierd-Etre.JPG
Il ne faut pas le dire mais j'ai récupéré
un tee-shirt des MJS ! A 40 ans, c'est top !


Sur son blog, Valérie Pécresse, de l'UMP,
prétend que Zapatero soutient Nicolas Sarkozy.
Si vous voulez lui rappeler ce qu'est un mensonge,
c'est ici

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Nicolas J 21/04/2007 15:22

Bon. Demain on vote. Va-t-on le faire pour Sarko ? Non. Qui reste-t-il ?

filaplomb 21/04/2007 15:04

Franssoit : seule ta voix à toi compte !
C'est une erreur de penser que c'est gagné d'avance…
:-)

franssoit 21/04/2007 15:00

Bon, c'est bon, vous allez être plein à voter pour elle, je peux me lacher. Tout en suivant un des conseils de nicolas j, bien sur.

Je transmets à ma mandataire, et je me casse.

filaplomb 21/04/2007 13:51

Nicolas : tu as jeté un oeil à la video du meeting de Toulouse (le lien que j'ai ajouté ce matin) ? Juste le début pour comprendre l'ambianc,e tu verras ! :-))

658 : alors, facile : 8 x 32 + 2 !

filaplomb 21/04/2007 13:47

Nicolas et Fanette : le meeting de Toulouse était vraiment un meeting impressionnant par la taille et par la ferveur…

Fanette : au début, c'était horrible la chaleur et pour tout dire insupportable (mais on est brave quand même, on résiste !).
Par la suite, ça s'est amélioré un peu, même si les températures restaient hautes !
Pour le vote, d'après moi, c'est le meilleur choix pour changer les choses dans ce pays ! :-))
NZJ : Nicolas Zarkosy Jeté ?