Jour de colère [le lendemain, on chante !]

Publié le par Filaplomb

SegolenePortrait.JPG

Souvenez-vous comme ils nous ont dit que Ségolène Royal ne pourrait jamais bousculer les éléphants du PS ni encore moins déborder Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius et comme elle les a finalement rétamés dès le premier tour à plus de 60%, notamment grâce sa connaissance précise des réalités du terrain.

Souvenez-vous comme ils nous ont dit qu'elle ne franchirait même pas le premier tour, cruche parmi les cruches, bécassine de la politique [oh les filles, c'est votre féminité qu'on insulte] et comme elle fit un score qui, sans être faramineux fut quand même plus qu'honorable [au regard d'un Jospin disparu…].

Souvenez-vous comme ils nous ont dit qu'elle allait destabiliser son électorat d'extrême gauche si elle acceptait de débattre avec François Bayrou et comme elle en est sortie grandie tant elle n'a rien laché de son pacte présidentiel face à l'aveuglement ni-ni du béarnais.

Souvenez-vous comme ils nous ont dit que Sarkozy, génétiquement enrichi à la testostérone et artificiellement sans doute à d'autres substances, allait la dévorer toute crue par son bagoût et l'exposition vulgaire de sa Rolex [qui est une Breitling bas de gamme apparemment] et comme au final, dans un débat défendu pied à pied elle l'a obligé à chercher refuge et réconfort dans le regard des journalistes présents. [Oh comme il se rapetissait de plus en plus, se voutant et comme voulant disparaitre sous la table face à une meilleure que lui et qui, surtout, n'était pas admirative de sa personne].

Regardez comme ils nous disent à présent qu'elle a désormais perdu, que le candidat de la droite dorénavant extrème sera vainqueur dimanche prochain parce que c'est écrit dans les sondages. Car ils ne regardent que les chiffres. Ils ne connaissent rien à la réalité politique du terrain et vous assènent des vérités chiffrées à longueur d'analyse.

Regardez comme ils essaient d'étouffer en vous ce désir d'avenir par le changement politique. Car enfin, qu'avons-nous vu dans ce débat ?

Un ministre de l'intérieur d'un gouvernement sortant dont la plupart des actions politiques ont globalement échoué. Les chiffres du chômage maquillés, le pouvoir d'achat effondré, un Etat qui recule tout autour de nous par la suppression des services publics même sur ce qui nous est essentiel c'est à dire la santé et l'éducation nationale.

Un président indigne de sa fonction allant, comme un point final à sa carrière, jusqu'à donner du gendarme contre les juges [des femmes aussi !]. Un palais de la République où le droit n'entre plus, n'a surtout plus droit de cité.

Des quartiers entiers méprisés, insultés et dont on compare les habitants à de la saleté, de la crasse qu'il faudrait kärchériser.

Une société verrouillée par les possédants et qui interdit toute initiative nouvelle. Une police méprisante de la population. Des pauvres qu'on culpabilise et qu'on jette en pâture au reste des citoyens de la même nation.

Car enfin, qu'avons-nous vu dans ce débat sinon une femme, une responsable politique avec des engagements tellement sincères qu'elle s'offusque et se révolte face au mensonge et à la traîtrise de la majorité en place.

De la saine colère face au mensonge, face au mépris du peuple, une femme politique en appelant au respect de la parole et de l'electorat.

Regardez comme ils nous traitent cette histoire comme si c'était sans importance.

Moi qui ai connu les années Giscard et ses diamants, Mitterrand et ses écoutes téléphoniques pour éviter que ne se propage la tumeur de sa double-vie, Chirac et toute sa vie de voleur-menteur-tricheur-truqueur, j'ai vu pour la première fois, un responsable politique de premier rang se mettre en colère pour en appeler à la morale dans la fonction de représentant du peuple.

Regardez comme ils ne soulignent guère ce fait nouveau, ce retour d'un peu de sincérité dans le combat, ce niveau d'exigence dans l'engagement, cette exigeance d'intégrité.

Peu m'importe qu'ils me racontent la victoire avant même le vote, je suis fier de ma candidate et j'appelle chacun et chacune d'entre vous à bien réfléchir avant de déposer dans l'urne un autre bulletin que celui portant son nom.

Les Michel Onfray et les François Bayrou, les non-voyants et les petits calculateurs de carrière à leur mesure porteront sur leur front, si ce candidat de l'immoralité politique venait à diriger notre république, le rouge de la honte et le poids de notre ressentiment. Ils assumeront pour eux seuls, les moqueries des autres pays du monde envers notre France devenue alors si peu audacieuse en politique.


1Maman me dit en commentaire que j'ai eu tort
de publier deux articles le premier mai
[un sursaut de testostérone sans doute !]
et que, de ce fait, elle trouve dommage
que cet execellent article
à propos de la psychologie
de Sarkozy n'est pas assez lu.
Donc, je vous invite à le lire et à le faire lire !
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

filaplomb 05/05/2007 23:22

Cat : non mais sincèrement, cette femme de 53 ans est de toute beauté et, ma foi, pas mal attirante ! :-)

Cat 05/05/2007 09:45

Tu es amoureux,toi???

filaplomb 04/05/2007 23:10

Krissolo : merci mais oui, il faut te dépêcher pour faire encore un peu de politique en blog !
Peut-être même por simplement faire un blog, car des textes se préparent sur la liberté d'expression numérique…

JPS : sur les autres sondages des médias de menaces, quand ils annoncent 53/47, par exemple, ne pas oublier qu'ils sont avec une marge de 3 à 5% d'erreur et ne sont donc pas signifiants !
En réalité, il faudrait présenter des fourchettes de tendance et non des chiffres aussi précis !

:-)

CAG : Carrèment Agressifs les Gars !

jps 04/05/2007 21:44


Tendance.
Le sondage que TF1 ne publiera pas : Royal 49,7%, Sarko 50,3 (source : 3C Etudes). Plus une marge d’erreur de 3%.
 
 
http://poly-tics.over-blog.com/

krissolo 04/05/2007 17:43

Hello,
Mazette, quel article, quelle verve, ça fait plaisir! Oui, moi aussi je suis fier de ce qui s'est passé durant cette campagne. Fier d'avoir senti que la gauche, son histoire, ses valeurs, son projet étaient défendus avec autant de force, autant de conviction, autant d'intégrité. Et par quelqu'un qui aurait du s'ecrouler parait-il ... J'ai d'ailleurs l'idée d'un article en ce sens (mais il va falloir que je me dépêche pour le poster car, ce soir minuit, la campagne est censée être terminée).
Quand aux commentaires, c'est marrant ce que tu réponds à Alain, c'est exactement ce que j'entends autour de moi depuis quelques jours ... mai 1968, mai 2008 ...
@ + et bon week-end.