Photo Filaplomb.
Un quartier que la police guette sans cesse, c'est un ghetto. On dit aussi «quartiers
sensibles». Peut-être pour souligner l'indifférence des autres.
A Toulouse, hier soir, tout était calme d'après la police. On a brulé une école d'après les manifestants. De manière très violente qui mérite d'être
mentionnée : à l'aide d'une voiture bélier.
Il y a une génération complète, disons les 12-17 ans qui est complètement sortie de la société. Les ascenseurs* sont restés trop longtemps en panne
pour leurs grands frères.
C'est une forme de désespoir extrème que de s'en prendre aux symboles républicains. Un peu comme un enfant frappe à son tour, l'objet qui l'a blessé
l'instant d'avant. Ils ont simplement, par pragmatisme devant le taux de chômage des jeunes des cités, arrêté de croire à la fiction qu'est pour eux notre modèle de société [ce
n'est plus une société modèle].
[là-bas, même les escaliers sont en cage].
C'est justement sur le dossier des banlieues que Nicolas Sarkozy va être très très embêté. On voit bien, malgré les douceureuses paroles d'une jolie
Rachida Dati que les «quartiers» ne sont pas devenus de soudain grands fans du très énervé ministre de l'intérieur du gouvernement sortant.
Il a trois manières d'aborder le sujet.
Il peut choisir le bras de fer en renforçant sans cesse les effectifs de police, en créant un corps spécialisé dans ce domaine avec des moyens
inédits. Mais on sait qu'à ce jeu, la colère, pour l'instant maintenue en ces lieux, risque de contaminer l'ensemble de la société.
Il peut opter pour une solution centriste du juste milieu qui ne change rien. D'ici cinq ans, en régulant de temps en temps la pression policière, il
nous trouvera des statistiques avantageuses. La ripolinisation de la réalité, peu à peu.
Ou alors, il repère et éloigne les quelques cassés de la société dont la colère sert à allumer la mèche, il réinvente la police locale, les îlotiers,
les matchs de foot entre jeunes et gardiens de la paix et, patiemment, il refabrique de la confiance.
En clair, il applique le Pacte Présidentiel de Ségolène Royal. C'est peut-être pour cela qu'il recrute des ministres de gauche.
Mais si c'est pour avoir le meilleur de la gauche, le mieux c'est encore de voter à gauche aux législatives qui arrivent, non ?
*La blague à laquelle vous avez échappé :
Au lieu de réparer l'acenseur social,
Nicolas Sarkozy réinvente la censure
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