Amicalement vôtre [ce type vous endette !]

Publié le par Filaplomb

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Il existe même un blog contre le pouce de la Société générale !



Vous avez vu la nouvelle publicité Cetelem ?

Celle avec le petit bonhomme vert qui court toujours après son propriétaire.
Il doit être en buis ou je ne sais quoi de nature végétale.

En tout cas, c'est un sacré travail de coupe et de recoupe pour garder la forme originelle.

Je ne sais pas si on peut parler d'épilation pour le buis.
Ne faudrait-il pas plutôt parler de taille ?

Ce serait alors la taille pour garder la forme et plus l'inverse.

Bref, cet aimable organisme de crédit à seize et quelques pour cent a récupéré le thème sonore de la série  «amicalement vôtre». Le message est donc clairement énoncé : Cetelem, c'est ton ami pour la vie.

Le film réalisé dans l'intention de défendre ce point de vue est d'ailleurs tout à fait honnête ; la publicité s'ouvre sur l'enfance du héros et dès ses premières années, il se traîne le crédit comme un sale con de pauvre qui n'aurait en plus pas d'autre ami qu'un nain déguisé de feuillage.

Bien sûr, l'ajout d'une musique, par ailleurs bien sympathique [signée par John Barry] vous fait prendre le truc pour une histoire de copains qui grandissent ensemble et c'est vrai que c'est assez plaisant pour le côté anecdotes lors des soirées entre potes devenus adultes.

_Et tu te souviens du jour où on a rencontré Martine à ta soirée d'anniversaire ? Oh, le bazar qu'on avait mis…

Et vous vous inventez, bien sûr, la scène en question en imaginant l'état d'une salle à manger normale [de la classe moyenne qui se lève tôt pour payer
ensemble les impôts que Johnny ne veut pas payer tout seul] après une soirée organisée par votre fils de dix-sept ans et où se cotoyèrent quinze garçons et filles. Chacun des deux genre étant, à cette période de leur vie, une véritable bombe hormonale vitaminée, nous n'envisagerons que le côté physique des dégâts.

Evidemment, le héros propagandaire a une vie toute linéaire. Il emprunte pour le permis, pour ses études, pour son appartement, pour s'installer avec la fille qu'il vient de croiser [encore le mec qui paye, bravo les clichés]. A aucun moment il ne rentre tard pour cause d'heures supplémentaires obligatoires et nécessaires pour le remboursement du crédit-revolver.

D'après le modèle marketing, une relation amicale avec un type qui vous endette, ça devient presque une histoire d'amour étrange, où les deux potes se retrouveraient secrètement dans une bergerie de montagne, pour se tailler des ustensiles de fumeurs à tuyaux, dans le bois gracieusement fourni par le buis [ou bien des dés pipés, s'ils aiment ce qui fait l'action]

Parce qu'en réalité, dans le film, le petit bonhomme vert ne sert pas à grand chose.
A peine plus, si on y réfléchit que le pouce de la Société Générale.

J'imagine le plaisir du publicitaire (Julien Trousselier) qui a réussi à vendre au docte banquier, l'idée génialement conceptuelle de montrer les clients se faire aider par une bite qui marche. Sérieusement, quand ils ont fabriqué le doigt en latex, ils ont dû y penser, non ?

Il fallait oser le formuler et même le réaliser, surtout quand on connait la difficulté réelle pour la plupart d'entre nous à trouver un prêt quelque part. Il n'y a plus de confiance, il n'y a plus que des garanties. Pour le coup, pour bien vous rappeler votre endettement, vous devez vivre vingt quatre heures sur vingt quatre et pour les six ans à venir, avec un penis à patte accroché à vos basques.

Afin de rester accessible à nos amis prépubères, je censure la scène où le gars drague à la terrasse du café avec son zizi d'un mètre vingt en signe ostentatoire posé sur la chaise à ses côtés. Et le succès qu'il a puisque,
sans qu'on ne connaisse le lien de cause à effet, la jeune femme l'épouse dans l'image d'après.

Comme quoi, la publicité, ça s'adresse à celles et à ceux qui ont des rêves en plastique…


Pour ce qui est de l'humour,
j'attends toujours de retrouver
la méchanceté à bon escient
d'un Coluche d'aujourd'hui…

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filaplomb 20/05/2007 07:58

Lutine : la Loi pour le crédit est aussi lâche que les hommes politiques. Et c'est Ségolène Royal quin dans son pacte présidentiel, avait déterminé de réguler cette activité.Dans la série mots anciens qui n'ont plus cours, je rappellerais cette expression : défense du consommateur.Aujourd'hui, ça a presque l'air d'un gros mots ! :-)))[Je suis chômeur et je me demande parfois si ce n'est pas l'Assedic qui vend les adresses. Depuis que je touche mes droits [récoltés par les cotisations sur mes salaires les 7 années précédentes !], je reçois au moins deux sollicitations par semaine !]ZEA : Zero Enfant Admis…

Lutine 18/05/2007 17:55

Moi, je n'ai jamais compris pourquoi le gouvernement autorisait ce genre de pratique.Il n'est pas rare qu'on ait besoin, ponctuellement d'une somme d'argent. Demander à un pote, ça craint, à la famille, c'est pas beaucoup mieux. Et du coup, tu signes ou tu te mets à la cave à ta banque.*Un peu de détente ? http://www.delation-gouv.fr/G7R : G7 Réuni ? (je sais, elle est facile ! désolée)

filaplomb 18/05/2007 15:33

FF : tu es François Fillon et tu rameutes pour François Bayrou ? C'est une solidarité prénominaire ou bien ? :-)29G : effectivement, c'est lourd !

FF 18/05/2007 10:28

vive le modem

Nicolas J 17/05/2007 23:24

De ton billet, nous retiendrons une légère érection à l'occasion du passage sur les adolescents qui organisent une sauterie chez papa-maman.Le reste a beaucoup d'intérêt, mais à 18,5% je préfère passer mon chemin !:-)