La rencontre [à l'instant même !]

Publié le par Filaplomb

Pendant que je regarde un bout de tissu blanc flotter dans l'air en rayonnant autour de ces cuisses fuselées. Pendant que mes yeux transforment en électricité l'image inverse inscrite à ma rétine.

Pendant que mon flux sanguin se modifie, se densifie et s'accélère, que mon rythme cardiaque se lance sur la piste pour apprivoiser le tango.

Pendant que mes hormones rassemblent leurs forces spéciales pour une mission appelée «Printemps artificiel». Pendant que s'ouvre un peu la porte de cette pièce sombre où je range mes fantasmes étranges. Pendant que ma pupille rétablit le réglage de focal à hauteur de ses seins.

Pendant que mes folicules pileux s'activent à la recherche de la moindre particule de féminité dans l'air environnant.

Ma sensibilité s'accroit, je deviens réceptif.

Pendant qu'elle tourne la tête entraînant ses cheveux, entraînant mon regard dans le lent mouvement. Ses yeux où je la vois dans mon propre reflet.

Pendant que j'entre dans le cycle infini du désir incarné par quelqu'une, le rêve qui prend chair, l'esprit qui prend forme. Pendant que je découvre l'identité de ma souffrance à venir, de mon tunnel personnel à travers les affres du manque et de l'acceptation.

Pendant que la beauté prend son apprence, s'empare de toutes mes obsessions, pendant que je crois faire un pas vers un bonheur immense.

La longue marche s'arrête enfin.

Pendant qu'elle s'inscrit profondèment dans mes neurones, mobilisation générale des sinapses, délivrez-moi vos enképhalines.

Pendant ce seul instant, je connais le présent et j'en connais la fin, le saut et la chute dans la même seconde.

Pendant que la surface de l'eau des bassins étale sa bienveillance. Pendant que les poissons s'endorment avec la vase. Pendant qu'au dehors, le soleil à son zénith exprime sa grandeur. Pendant que sur le pont ne touristent que quelques attardés, à moins qu'il ne s'agisse en la ville-lumière des plus pauvres d'entre eux.

Pendant qu'elle marche à mes côtés, petite musique des gravillons sous sa semelle. Je franchis l'une après l'autre les portes de la certitude.

La douceur des seuils ombragés où siège la quiétude.

Pendant que le poids de son sac rend existant mon corps, réalise mon corps. Ainsi que la sueur…


MadameDeKeravel, nouvelle venue sur ce blog
m'a amené à relire ce texte du 10 septembre 2006
qu'elle commentait
comme appréciable.
J'ai pris plaisir à le relire.

Je le remets donc en une afin de partager…

Publié dans Texte à vendre

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1Femme 20/05/2007 11:58

merci Fil pour ce délicieux moment de lecturede relectureje l'avais déjà lu et m'en souviens encore ...

filaplomb 20/05/2007 07:48

Nilocas : il m'arriev de atper torp vite et d'invesrer les letters ! Remaruqe il suffiriat de reilre un pue, nno ? :-)

Nicolas J 19/05/2007 15:01

Il est frot ?(ne peuvent comprendre que les gens qui commentent chez Cat).

filaplomb 19/05/2007 14:49

Nicolas : l'est pas très frais ton commentaire ! :-)

Nicolas J 19/05/2007 14:48

Fainéant ! Est-ce que je mets un vieux commentaire, moi ?