Jeudi 14 juin 2007
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OSLO (ANP) - De Noorse sprinter Aham Okeke is levenslang geschorst voor het gebruik van een verboden spierversterker.
Le sportif, il faut toujours lui expliquer.
Le type, il est obligé, par contrat, de porter toute l'année des joggings ridicules et des chaussures qui font sentir mauvais des orteils. Il est tenu de s'entraîner dès potron minet. A l'heure
où blanchit la campagne, il est déjà sur les pistes à travailler son temps de réaction et la hauteur de sa
foulée.
Et il n'a droit à aucun jour férié, aucun repos, aucune vacance : la compétition, ce n'est pas les trente-cinq heures.
Athlète, ce n'est pas un boulot facile, faut pas croire.
Et les interviews, c'est tout un art, ça ne s'apprend pas du jour au lendemain. C'est un exercice à répéter à l'infini avec des coachs et des dir-com, jusqu'à réussir à trouver du tac au tac, la
petite phrase qui fera plaisir au journaliste. Soit les mots qu'il avait envie d'entendre, soit ceux qu'il pense être le seul à avoir réussi à extirper au champion.
Et la musculation : soulever du poids, le reposer, soulever du poids, le reposer. Ce n'est pas qu'il soit vraiment nécessaire de se profiler le pectoral pour courir vite, mais c'est que cela
valorise le tee-shirt du sponsor. Des abdos exagérément apparents, c'est toujours bon pour le tiroir caisse parce qu'ils attirent l'œil sur le logo.
Et le but du sportif, quel est-il ? Passer moins de dix secondes sur le tartan ?
Pour supporter tout cela, sa motivation, c'est juste de
pouvoir, un jour, se retrouver en finale du 100 mètres avec les pontes de la discipline ?
Hors de question, si j'étais dans ce cas, de bâcler la finale et de me précipiter à toute berzingue vers la fin de l'épisode tant attendu. Après tous ces efforts, ces années de sacrifice à répétition et de diététique milligrammée, au contraire, je sortirais des starting blocks avec une belle lenteur afin de savourer.
Je prendrais une allure féline et élégante et j'irais vers la ligne d'arrivée en marchant pour faire profiter la foule de cet instant et pour goûter pleinement ma réussite, suavement mon jour de
gloire.
Les gens ont payé pour accéder au stade et c'est en général assez cher. Il faut leur en donner pour leur argent. Ce n'est pas en se précipitant comme des morts de faim vers la ligne d'arrivée
qu'ils ont le temps de réellement apprécier la qualité des sprinters.
A peine l'écho du coup de feu du starter commence-t-il à retomber, qu'ils sont déjà en train de répondre aux journalistes du monde entier. Ça va beaucoup trop vite pour que quiconque puisse jouir
de la beauté du geste, de la perfection technique et du relâché de la cuisse lors de la phase de poussée opposée.
Autant de sueur pour dix secondes de course, c'est démesuré…
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