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Mercredi 27 juin 2007 3 27 /06 /2007 20:20
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Yuri Dojc - Série «Amourous nature» [je vous conseille la visite]



Qu'on est là à chialer comme si que les yeux étaient de la même matière que les joues et que les joues elles-mêmes deviennent liquides.

Qu'on est là à trembler du menton, à avoir comme des envies de se déchirer la peau avec ses propres griffes d'animal. Comme s'il était nécessité de laisser sortir le sang du chagrin par les pores de la douleur.

Comme si la douleur était bien quelque chose en nous-même, n'est-ce pas, et que ce serait plus facile de disposer d'un interrupteur momentané de son être.

Pris qu'on est dans la grande masse du malheur qu'est tombé sur nos épaules,
on psalmodie que plus jamais plus jamais plus jamais. Avec le peu d'énergie qu'il reste avant de nous dissoudre dans cette soupe de fatigue.

Que même alentours, soudain l'air semble manquer aux poumons. Qu'on pourrait dire que c'est comme si qu'on se noyait mais à l'intérieur de soi.

Pis qu'on est là, encore, des heures durant, avec le ventre à saute-moutons toute la nuit mais sans jamais dormir. Les yeux brûlant de fatigue pourtant et les terminaisons nerveuses qui partent en claquettes sur l'ensemble de l'épiderme.

Et puis quoi ?

Y'a des lendemains qui viennent, non ? Y'en des soleils, y'en a tous les jours, si on prend pas celui-là, on prendra le prochain.

Et puis, sur la durée, ça représente quoi la douleur ? Cette douleur.
Pas même ça, entre le pouce et l'index.

Le geste.

Autant dire rien du tout, un détail, un résidu de crotte de mouche au fond l'univers.

Il y a une chose formidable qu'apprend la maturité, c'est la succession des saisons. On sait avec certitude que tout se succède et que rien n'est vraiment très important. On grandit, on découvre ce qui nous entoure, on apprend des autres, on échange, on discute, on voyage un peu plus loin si on peut, on essaie de profiter de ce qui nous est offert à chaque instant.

Autant vous dire que cela relativise énormément les tracas du quotidien qui ne cessent de nous interpeler. On sait que la vie est là, toujours disponible. On découvre surtout qu'elle ne veut aucun mal à personne et que s'en plaindre ne change rien à rien…


*J'emprunte ici le titre
d'une chanson de Françoiz Breut

Mots-clé [dépression, joie de vivre, maturité, crotte de mouche, Nicolas Sarkozy].

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