La réclame [la promotion des blogueurs !]

Publié le par Filaplomb

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Ancienne publicité William Saurin [source]




C'est vrai que le paquet de publicité que je reçois dans ma boîte à lettres termine directement dans la poubelle du recyclage.

Il faut dire que n'étant doté ni d'enfants ni de la richesse suffisante, le prix du cartable à roulettes où figure le logo ou le personnage de BD à la mode, ne m'intéresse guère.

Pourtant je ne me décide toujours pas à apposer d'autocollant anti-pub sur mon réceptacle à courrier.

Vous n'imaginez pas le nombre d'emplois générés rien que par la fabrication de ces prospectus et, personnellement, je ne leur souhaite aucun mal.

Que monsieur Peugeot ou madame Danone soient prêts à payer fort cher pour qu'on mette en valeur leur production me parait tout à fait acceptable. Même si je pense par devers moi qu'il s'agit factuellement d'une sorte d'économie fantôme, puisqu'avec ou sans réclame : si tu as besoin de yaourts, tu achètes des yaourts.

Sans même évoquer les trois quart des journaux et magazines de la presse écrite dans lesquels, entre deux placards publicitaires, on meuble avec quelques articles dignes de ce nom. L'information du lecteur passe avant tout !

L'agence conçoit, le graphiste réalise, l'imprimeur fabrique et le consommateur consomme. Chacun est à sa place dans un système où chaque rouage entraîne le suivant.

Chaque produit que nous acquérons comprend donc une part qui est destinée à en faire la promotion et à en améliorer l'image de marque. Les sommes ainsi collectées permettent de rémunérer l'ensemble des acteurs de la chaîne graphique et de générer à chaque niveau un chiffre d'affaire suffisant pour maintenir les emplois, voire en créer de nouveaux.

Le secteur se moque de savoir si je lis ou non les prospectus en question. Le but est simplement d'en diffuser le plus grand nombre et de considérer qu'un certain quota des chalands venus visiter ma surface commerciale a été motivé par la notoriété acquise par ce moyen promotionnel.

Il serait même tout à fait catastrophique qu'on en vienne à modifier cette règle du grand flou.

Qu'on décide, par exemple, que l'agence de pub ne sera désormais rémunérée que pour les visites effectives qu'elle génère pour une boutique. Que sa facture ne sera plus honorée que pour les produits réellement achetés grâce à sa création.

Un système où les magazines ne seraient plus payés en proportion des doubles pages quadries diffusées mais en fonction des visites et des achats générés par celles-ci. On imagine alors les difficultés auxquelles aurait à faire face l'ensemble de la presse. On se demande alors de quoi pourrait bien vivre les propriétaires de ces journaux qu'on dit gratuits.

C'est pourtant bien le système qu'on nous impose sur nos blogs. Sachez en effet que réserver un peu de son espace personnel à promouvoir tel ou tel ne donne lieu à aucune rémunération. Nous pourrions tout aussi bien couvrir l'écran de publicités diverses et variées que cela n'y changerait rien.

Ni un compteur de visite flatteur, ni une certaine qualité littéraire ne sont des arguments valant monnaie sonnante et trébuchante. Seule la visite effective, le clic du visiteur sur le lien adéquat déclenche le paiement d'une somme de quelques misérables centimes d'euros.

C'est pourtant bien la qualité du blogueur qui crée le flux et c'est bien son travail rédactionnel qui rend visibles les encarts publicitaires. Ce sont bien ses efforts, son boulot qui génèrent sur les plates-formes autant de circulation internautique [l'internaute s'y sent comme un poisson dans l'eau !].

C'est une logique tout à fait injuste et le blogueur que je suis a souvent l'impression d'être pris pour le dindon de la farce…


[Mots-clés : Web 2.0, arnaque internet, rémunération des blogueurs, économie virtuelle, publicité en ligne, syndicat national des auteurs de blogue].
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Commenter cet article

filaplomb 04/09/2007 00:29

Omelette : et bien c'est une idée que je lance mais ça n'a pas l'air de prendre ! :-)Nicolas : oui, tu as raison. C'est de l'activité pour l'activité. Notre société en est malade, je pense… :-)Cat : oui, tu es naïve ! Je vois les blogs comme autant de chaîne de tele sauf que la part de pub revient au CSA. C'est une image mais c'est à peu près ca ! :-)Lhuna : peut-être qu'ils sont mal-voyants ? (ou mal comprenants, remarque… :-)))  ).Ellie : excellent ! (je suis overbooké aussi !).:-))) : très impressionnant… :-)

Ellie 03/09/2007 22:23

Le blogueur dindon de la farce ou vache à lait ? ^^(dslée, suis overbookée en ce moment)

Lhuna 03/09/2007 19:40

Même avec l'autocollant fourni par la mairie les distributeurs de prospectus remplissent quand même la boîte aux lettres. Ils n'en ont rien à cirer!

Cat 03/09/2007 18:07

je dois être très naîve, mais j'étais contente de pouvoir avoir un blog...gratuitement!tout loisir (ou presque) est payant,alors...ton point de vue m'étonne mais je le comprends!:-)

Nicolas J 03/09/2007 14:21

Fil,Il n'y a pas que du papier qui rentre dans la composition des publicités mais un tas de produits chimiques pour le glaçage du papier et pour l'encre.Sans compter toute la polution générée pour gérer les arbres, imprimer et trier les publicités, les distribuer et ramasser les ordures qui s'en suivent !C'est toute une partie de la société qui est comme ça. On produit des trucs qui servent à rien sous prétexte qu'un commercial d'une agence de publicité a réussi à convaincre un industriel que torchon qu'il lui propose d'éditer lui fera gagner plein de pognon.