Le tas de moules dégustées, c'est un classique ! [Ici en 2006 - Photo Sebastien Merkel]
Journaliste, ce n'est pas un métier à la gomme. N'importe qui ne peut pas s'y lancer comme ça, il ne faut pas croire.
Il faut faire des études et ensuite pouvoir trouver une rédaction qui vous embauche.
[C'est pour ça que les porteurs de la carte de presse sont souvent pédants avec le bas-peuple].
Et après, tu as le droit d'exercer la profession. Par exemple, début septembre, il y a les sujets incontournables : la braderie de Lille et la rentrée des classes.
Oui, parce que si les journalistes n'étaient pas là, qui en parlerait ? Qui pour nous prévenir que :
«la capitale du Nord recevra quelques 2 millions de visiteurs venus flaner sur les trottoirs envahis
d'antiquités de toute sorte. Sans parler de la dégustation des traditionnelles moule-frites sans lequelles la braderie ne serait pas la braderie».
Je n'ai même pas besoin de chercher un lien à vous coller là-dessus, tous les ans ils refont le même commentaire et les même images sans intérêt des mêmes tas de moules sans en manger une
seule.
[Même si ce n'est pas le même journaliste vu que l'autre a déjà terminé son contrat].
Je pense même que personne n'a jamais vraiment compté ni les bradeux ni les badauds
lillois mais que tout le monde reprend les chiffres au copier-coller.
Qui d'autre, pour nous avertir que les enfants qu'on a trainés adorés tout l'été, doivent désormais retourner à l'école ?
Sans oublier que dans les semaines précédentes, ils nous ont présenté la rentrée des classes de ces endroits étranges où la scolarité se passe sur quatre jours. Exactement comme l'année dernière
et les ans d'avant.
Il y avait pourtant, en cette année 2007, quelques infos à apporter pour faire grincer la routine sur ses gonds : plus de 11.000 suppression d'emplois à l'Education Nationale.
[Ne jouons pas sur les mots, je vous prie. Un poste qui n'est plus occupé est un poste supprimé. Point barre].
Entre deux reportages sur les réussites et la perfection du Néo-Président, un peu de faits divers pour maintenir la peur, voici la lénification des esprits par abus de poncifs.
Des reportages automatiques, comme détâchés du réel, déconnectés désormais du monde où
nous vivons.
Vous verrez, ils nous feront bientôt les reportages sur l'arrivée du froid et l'effet de surprise sur les SdF. Peut-être même qu'on aura droit à un truc d'archives sur les enfants de Don
Quichotte…
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