Vendredi 21 septembre 2007
5
21
/09
/2007
23:21
La une de DirectSoir du 21 septembre 2007 [photo Meigneux/Sipa]
Vous noterez que pour intégrer la pub du bas, que j'ai floutée et qui ne figure pas
sur la version papier, le maquettiste a dû remonter le texte du titre.
Brice Hortefeux, l'homme des situations délicates.
Après «l'homme qui tombe à pic» et «l'homme qui valait trois milliards», voici «Brice Hortefeux, l'homme des situations délicates».
Il vaut tout de même 25.000 expulsions et on sent bien que s'il ne les trouve pas [et fissa], il risque surtout de devenir «l'homme du Picardie» de la politique [Note à Madame de Keravel : fallait-il
une majuscule à Picardie dans ce contexte ?]
Avec une suite de carrière à la vitesse des péniches dans l'eau saumâtre des regrets, l'acidité des rancœurs, un rythme de sénateur et puisqu'il vous faut un nom, un type à la Michel Charasse,
par exemple.
Cette sorte d'homme qui a oublié que la vulgarité n'est drole qu'accompagnée d'humour.
Trois jours avant, le même prospectus à caractère informatif s'illustrait déjà dans le tape à l'œil :
La une de DirectSoir du 18 septembre 2007 [photo Meigneux/Sipa]
Nicolas Sarkozy, bouger la France.
On ne sait pas trop bouger pour quoi faire, mais visiblement, c'est le mouvement qui importe, plus que la destination.
De mon côté, je trouve que si c'est remuer sur place ou revenir en arrière, autant que je reste tranquillement ici en attendant qu'on reparte vraiment de l'avant.
N'empêche que cet imprimé du soir ne se cache même plus derrière les nobles habits du journalisme. Celui qui rapporte des faits pour en tirer un sens.
Trouvez-vous la moindre parcelle d'information dans cette titraille ?
Le choix de la typographie, la disproportion entre le nom du Néo-Président et le titre, tout nous indique la velléité publicitaire [sans oser parler de propagande].
Pas un mot à propos d'une action précise, pas de référence à l'un des dossiers en cours, pas de lien vers les faits rapportés [vraisemblablement un énième pompeux discours de
l'Élu], mais juste un slogan apposé comme sur une affiche de campagne.
La charte graphique doit aussi stipuler, pour le choix du portrait, ce regard ostensiblement tourné vers la droite. A moins que la coïncidence ne soit réellement involontaire.
Pendant ce temps-là, on pourchasse les sans-papiers. Des chinoises essaient vainement de s'enfuir en volant. On imagine la peur qu'il faut trouver face à soi pour sauter par la fenêtre, enjamber
la rambarde ; pour préférer affronter le vide en contrebas plutôt que notre Nationale Police.
Rien que pour les expulsions, ils font appel à la PAF, c'est vous dire toute l'intention de douceur qui est la leur…
Il parait que les français sont d'accord avec ça. Il parait que les 53%, ça englobait le tout et qu'il n'y a pas à discuter. Il parait que c'est la démocratie qui veut ça.
La suppression de la Sécu dans les faits, les atteintes au Droit de Grève en pratique, le contournement des règles du dialogue social [qu'est-ce que la neutralité de l'Etat dans ce
pays, quand son plus haut personnage est reçu en personne par le syndicat des grands patrons ?], la suppression effective du statut de fonctionnaire, il parait qu'on aurait voté pour.
La même démocratie, le même peuple avait pourtant décidé de s'opposer à la pseudo-constitution européenne exactement pour éviter que ne s'installe en nos murs un modèle dont il ne voulait
pas.
Il parait qu'aujourd'hui, l'opinion panélisée est d'accord pour tout. Même pour bouger la France dans des missions délicates.
Monsieur Mariani doit bien un peu
profiter
des aides que l'Etat français
fourni
pour chacun de ses enfants.
Mais qu'est ce qui nous prouve
que ces enfants sont les siens ?
19
Vos avis :