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Dimanche 11 novembre 2007 7 11 /11 /2007 11:08
ToulouseCapitole.JPG
La Mairie de Toulouse, by night [source]


La légitimité démocratique du Président Sarkozy ne fait aucun doute. Il a su utiliser [à bon escient ?] les outils fournis par notre société actuelle pour convaincre assez d'électeurs du bien fondé de son projet.

Mais de là à prétendre que le pays aurait donné une autorisation globale et illimitée pour faire tout et n'importe quoi, c'est quelque peu abuser de notre sens républicain.

La construction de notre système français s'est faite par la création d'une succession de carrefours où les choses sont observées, décortiquées et mises à l'approbation des représentants du peuple.

Rien que dans mon quartier, on me consulte pour décider de la couleur du bitume quand il s'agit d'en changer et je n'aurais rien à dire sur le néo-ripoliné et rapetissé Traîté Européen ? [je note donc que si on l'a simplifié, c'était pour le rendre compréhensible par les Députés].

On supprime, à travers la taille franche qui est faite parmi les tribunaux, la présence du bras de la justice dans les contrées trop lointaine du pouvoir central et je suis sensé trouver que c'est un progré ? [sans compter que rien que les frais pour les dépacement des avocats et des experts, voire les indemnités de déménagement, ça va sans doute nous coûter plus cher !].

Mais au delà de ces premiers crachats sur la démocratie, ce qui m'inquiète plus encore, c'est d'entendre Nicolas Sarkozy nous parler de son destin. Même son entourage proche en témoigne [j'ai même vu sa mère en parler sur TF1], il est convaincu de l'accomplir, en tant que Président de la République.

Comme d'autres avant lui, il se prétend une mission qui était à lui seul destinée.

Avant même que vous n'ayez pensé choisir son bulletin de vote, il savait qu'il serait un jour à ce poste. Comme si l'élection elle-même ne faisait que finaliser ce qui était déjà écrit.

Le 6 mai dernier, Nicolas Sarkozy est donc devenu le premier Président de Droit Divin, sinon divinatoire. N'oubliez jamais qu'il avait été auparavant hanté par la vision fanstamagorique du Rôle qu'il aurait dans l'Histoire.

Le petit monstre intérieur que représente la valorisation d'un ego dont on doute grignote peu à peu, le sens des réalités. Tout ce qui s'oppose aux bienfaits qu'on croit partout répandre, tout ce qui freine la venue de la félicité est soit traîté d'impie soit tout simplement nié [par exemple, il ne faut pas lui parler de son divorce ni de sa rémunération].

Puisqu'Il est élu, Il ne peut pas «mal agir». Le concept même de l'erreur devient une chose impossible et définitivement abolie puisqu'Il suit simplement le chemin que des instances autrement supérieures ont tracé pour sa venue.

Poussé par le doigt de D.ieu [qu'Il se met dans l'œil], aveuglé par l'obsession de sa propre réussite, Nicolas Sarkozy est aujourd'hui pour moi comme le bateau ivre de Rimbaud, habité perpétuellement par toujours d'autres lieux que les lieux qu'Il habite, aspiré sans cesse par la prochaine aventure à vivre.

Il est comme un petit garçon à qui l'on offre la panoplie de Superman dont Il rêvait si fort qu'Il en croit vrai les effets magiques. Il n'a pas fait qu'endosser le costume, Il l'a, dès le départ, fait doubler de sa vision obsessionnelle du rôle.

Toute la question est maintenant de savoir s'Il va continuer à maintenir en place son fantasme, à mettre tant et tant d'énergie dans sa continuation, ou s'Il va céder face aux bords coupants de la réalité.

La démocratie, ce n'est pas de prendre le blanc-seing du peuple pour ne plus en écouter la voix. Ce n'est pas de considérer qu'on peut être sourd à quarante-sept pour cent des électeurs parce qu'on a débauché trois carriéristes et deux potiches du camp d'en face [à vous de trouver qui est qui !].

Chaque décision qui entraîne une modification du type de société que nous avons bâtie ensemble, devrait nous être soumise à référendum. Chaque changement dans l'équilibre précaire
établi par nos votes entre les différentes classes sociales devrait obtenir auparavant notre accord.

Sommes-nous systèmatiquement cinquante-trois pour cent à approuver sa stratégie et ses choix politiques ? Allons-nous encore longtemps et majoritairement accepter cette absence de dialogue et ce diktat définitif apposé à la fois sur les problèmes et sur les solutions à mettre en œuvre pour les résoudre.

Ou bien allons-nous enfin, en bons usagers de la démocratie républicaine et par notre vote aux prochaines municipales, rappeler au Président tout ce qu'il nous doit ?
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Commentaires

Cela me rapelle que je DOIS Absolument aller m'inscrire sur les listes electorales. Et je ne voterai pas blanc.
Commentaire n°1 posté par christie le 11/11/2007 à 16h04
Superbe billet!

Oui, on reproche souvent à Guaino le style quasi-mystique de certains des discours de Sarkozy, mais je pense que cette conception véritablement religieuse de son rôle vient du plus profond du psychisme du président. N'oublions pas le monastère où il devait aller se recueilllir pour se transformer en envoyé divin. (Bon, il a pris le yacht à la place, mais il a au moins eu l'idée du monastère...)

o16o
Commentaire n°2 posté par omelette16oeufs le 11/11/2007 à 16h15
Christie : oui, tu as raison, la date limite approche à grands pas et il faut s'inscrire ! :-)))

Omelette16œufs : merci ! :-]
Les discours de Guaino sont écrits sur-mesure. En clair, le ton est bien celui que souhaite développer Nicolas Sarkozy !
C'est vrai qu'il y avait l'histoire du monastère mais ça n'a pas duré ! C'était un vœu pieu ! :-)))

: une partouze ? :-)
Commentaire n°3 posté par Filaplomb le 11/11/2007 à 17h53
Epatante, ton analyse (devrais-je dire psychanalyse ?). Il me fait peur, Sarkozy, parce que si on ne va pas dans son sens, il risque de se facher, et alors...  Il suffit de voir les déploiements de CRS pour la moindre des manifestations, les CRS contre les magistrats et les avocats, les honteuses méthodes employées pour faire la chasse aux sans papiers comme s'ils étaient de dangereux délinquants !
Oui, ça me fait un peu peur.
J'irai défiler mercredi avec les cheminots, même si ce n'est pas ma boutique, et j'irai défiler avec tous ceux qui défileront dans la rue les prochains jours.
De toutes façons, ça me fera de l'exercice et j'adore l'ambiance des manifs !
Commentaire n°4 posté par zab le 11/11/2007 à 19h27

Bien que je deteste le personnage , Sarkozy n'est meme pas a mon avis le probleme , mais tout simplement , notre regime politique qui tourne entierement autour du pouvoir de presque droit divin du Président de la République . 

Tous ont perdu la raison a l'Elysée , c'est un fait .

Le Petit Nicolas (mais en Plus Grand)

Commentaire n°5 posté par Le Petit Nico le 11/11/2007 à 20h51
Quel petit ?
Commentaire n°6 posté par Nicolas J le 11/11/2007 à 21h01
soyons clair tout homme qui agit seul et tranche dans  tous les domaines sans (semblet'il) consulter les gens de son propre camp s'appelle un ......................dictateur  . nous avons affaire avec le 1er dictateur démocratique .Il a c'est vrai une ambition personnelle et tu le décris tres bien .....
Je crois qu'il faut se méfier de ces gens investis d'un je ne sais quoi historique et national ....
De plus la facon dont il parle aux citoyens les moins aisés (voir l'altercation avec les pêcheurs) montre à l' evidence du mépris .....on ne peut rien attendre qu'un personnage pareil .
Quant aux municipales ....je ne crois pas qu'une baffe monumentale (et on est loin du compte) de l'UMP change les choses....Beaucoup diront qu'il ne faut pas mélanger le national et le local etc ;....etc ....Je crois malheureusement que les moyens efficaces sont ailleurs 

pas recu ton mail
Commentaire n°7 posté par Alain le 12/11/2007 à 14h55
Bien d'accord avec toi, Alain, le résultat des municipales quelqu'il soit ne changera rien, la solution sera ailleurs. Mais il faut quand même aller voter...
Commentaire n°8 posté par zab le 12/11/2007 à 16h09
bravo,
Effectivement, ce ne sont pas les francais qui ont elu Zorro mais 53% des electeurs (hors bulletins blancs).
Et meme dans ces 53 %, je ne suis pas sur qu on lui donne carte blanche.
Commentaire n°9 posté par fabien08 le 12/11/2007 à 17h53
Zab : il me fait peur aussi. Je le vois s'éloigner du réel à grandes enjambées (enfin, ce qu'il peut quoi !).

Le Petit Nico : bienvenu par ici !
Le système n'est pas top mais le président en place en abuse voire l'étend largement. Voyons les réformes proposées par Balladur ! :-)))

Nicolas : t'es en panne de commentaire ? :-P

Alaian : d'accord avec toi sauf pour les municipales. Les maires sont fort souvent députés et les UMP qui veulent restés maire, vont devoir se détacher de Sarkozy !
Enfin, c'est ce que je pense ! :-)

Zab : oh oui ! Mais à Toulouse, je ne sais pas encore… :-)

Fabien08 : bienvenu par ici ! :-)
Pour ma part, je ne pense pas que la moitié de ces 53% ont vraiment regardé et approuvé point par point le programme du Néo-Président !
Commentaire n°10 posté par Filaplomb le 12/11/2007 à 23h32

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