Dimanche 18 novembre 2007
Pour être honnête, j'ai photographié ma chatte hier.
Aujourd'hui, quand j'ai voulue la prendre de nouveau, mon appareil est tombé en panne.
Pourtant, c'est un Canon…
En laissant les régimes spéciaux filer avec l'eau du bain, nous scions la branche sur laquelle nous sommes assis. Il y a l'épée de Damoclès des ultra-libéraux qui nous pend au nez. Ça se voit comme le tarin au milieu de la figure imposée [dite aussi figure TTC].
Avec Nicolas Sarkozy, est arrivé au pouvoir, dans notre pays, la pire espèce d'ultra-libéral qui soit. De la race des Thatcher et des Reagan. De ceux qui saignent à blanc les pays dont ils
prennent le pouvoir.
Il est de ceux qui croient qu'il existe une force supérieure capable de régler tous les désordres du monde et qu'on l'appelle le Marché. Une sorte d'immanence qui, par la tension permanente créée
entre le désir et sa satisfaction, permet à chacun de se développer à sa guise et selon son besoin.
Par exemple, si tes parents sont pauvres mais que tu désires quand même étudier, tu pourras t'offrir des études en travaillant chez Mac Do. Tu vois, le Marché a résolu ton problème de précarité et t'a offert de combler ton désir
d'étudier [et fourni, par ailleurs, de la main d'œuvre au fabricant de hamburgers].
Bien sûr, pendant ce temps-là , le fils de la famille Nantie, en plus de pouvoir bucher les cours, peut aussi se choper toutes les meufs grâce à son scooter. Mais corriger l'ordre naturel
des choses n'est pas dans les missions du Marché.
Ce gouvernement a choisi très précisèment sa cible et son calendrier. Tout a été préparé pour faire monter la pression, envenimer les rapports sociaux et pousser à la grève. A mes yeux, il y a
une volonté de l'Elysée d'affronter ces deux derniers bastions de notre corps social.
Ces deux derniers groupes où l'appartenance fait une identité. Cheminot ou étudiant, ça a encore un sens collectif.
Et une fois que ce dernier barrage aura sauté, on sera tous prêts à accepter le Marché…
[Quelques unes des idées de cet article
m'ont été inspirées par la lecture du dernier
et excellent numéro de Manière de Voir.
Ne le lisez pas, ça fait peur !]
8
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