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Lundi 26 novembre 2007 1 26 11 2007 21:02
Dans ma rue, il y a des gens qui dorment par terre et le soir des ombres autour des poubelles.

Peut-être est-ce moi, mais ils me semblent toujours plus nombreux. Certains sont là depuis plusieurs années dont j'identifie le visage bouffi d'alcool et d'intempéries. Cette non-vie leur devient quotidienne et bientôt naturelle.

Quand je passe le matin, ils en sont au vin blanc. Le midi, ils profitent du soleil de l'hiver pour s'assoupir un peu sur la tiédeur du bitume de la place.

Le soir, ils sont gais comme des qu'un non-dit réunis dans un silence bruyant. La nuit tombe vite et le froid l'accompagne.

J'ignore tout de leur sommeil.

Le pire pour notre république, ce n'est pas notre président fantoche, c'est d'assister à la déchirure de son tissu social. Des lambeaux jusque sur nos trottoirs.

C'est pas du textile chinois, ce sont les échoués du système libéral dans lequel on te pousse jusqu'à ce que tu tombes en oubli…


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Commentaires

Preum's !

Très beau texte ! Court et vif. Les échoués du système...
Commentaire n°1 posté par Nicolas J le 26/11/2007 à 22h23
Nicolas : pour une fois, c'est du vécu !
Merci du compliment ! :-)
Commentaire n°2 posté par Filaplomb le 26/11/2007 à 22h28
+ 1

Mais tu as oublié les majuscules à République et Président ! ;-)
Commentaire n°3 posté par Lutine le 26/11/2007 à 22h32

"Le travail est la valeur suprême."
 
"Si j'ai aujourd'hui du travail, c'est que je suis meilleur que vous."
 
"J'ai tellement de travail que j'en meurs. Je vais mourir à la tâche et vous à ne rien faire. C'est pour cela que la société me doit toute sa reconnaissance."
 
"Chaque fois que je le peux, je gagne du temps. Ainsi, je prends le peu de travail qu'il vous reste."
 
"Prendre le travail d'autrui n'est pas un vol. Aussi puis-je m'enrichir sans honte à vos dépends."
 
"Si je n'avais pas besoin de vous qui n'avez pas de travail mais qui achetez les produits que je vends, je ne vous donnerais aucun de mon argent."
 
"J'ai du travail ; il n'y a pas tant de chômeurs qu'on veut le dire."
 
"Le chômage est le vide nécessaire au mouvement du progrès."
 
"Trop de gens travaillent à des tâches inutiles ou coûteuses. Le chomâge en est la conséquence."
 
"Nous vous licencions pour être plus compétitifs. Cela nous permettra d'investir nos profits dans nos entreprises et de remplacer les quelques hommes qui y travaillent encore par de bonnes machines."
 
"Quand je licencie, je suis attristé car je suis un homme de coeur.
Ainsi il vaut mieux installer de nouvelles machines que l'on peut arrêter à sa convenance que d'embaucher des gens qu'il faudra un jour licencier."
 
"Je vous licencie aujourd'hui pour ne pas avoir à le faire demain."
 
"Je ne dis pas qu'une bonne guerre serait la solution au chômage car je ne sais pas à qui la faire."
 
"Il y a trop de monde sur terre. En disant cela je ne parle pas pour moi."
 
"Le travail n'est pas un droit. C'est pour cela que nous sommes dans un monde libre, riche et heureux."
 
"Si le travail était un droit, je n'aurai plus la possibilité de m'enrichir autant que je le veux."
 
"La malheur donne du prix au bonheur, le chômage du prix au travail."
 
"Le partage du travail est une idée inapplicable car elle suppose que je veuille partager mon travail, ce que je ne veux pas."
 
"Les chômeurs devraient être utilisés à des travaux d'intérêt général, à condition bien sûr qu'ils ne fassent pas une concurrence déloyale à mon entreprise."
Suit la liste des travaux interdits ; deux mille cinq cent pages d'écriture serrée, la totalité des activités humaines.
 
"Je propose que l'on confie aux chômeurs des tâches domestiques, à condition bien sûr, que leur prétentions soient acceptables et que les charges sociales soient supprimées. Je pourrais en retour des services qu'ils me rendraient les nourrir des restes de mes repas et les loger dans un coin de mon sous-sol. Je leur donnerais de l'argent de poche et quartier libre chaque dimanche de quinze à dix-neuf heures."
 
"Je paye trop d'impôts, c'est pour cela que tout va mal. Il vaudrait mieux que l'état s'occupe de ses affaires et qu'il me fasse confiance pour répartir le fruit de mon travail."
 
"Les allocations de chômage poussent les gens à la paresse et à l'oisiveté. Ce n'est pas le travail qui manque aux chômeurs mais le désir de travailler. Ainsi, moi, ayant le désir de travailler, je ne suis pas chômeur."
 
"Il y a de la place pour tout le monde, même si ce n'est pas en même temps."
 
"Je suis plus fort que lui. Il est donc normal que j'ai tout et qu'il n'ait rien. Si j'étais à sa place j'accepterais la situation. "
 
"Le monde a besoin d'hommes forts comme moi ; sans moi, il n'y aurait que chaos, misère et plus de chômage encore."

Le dimanche tu honoreras Dieu, tes parents, ton épouse, tes enfants, tes amis et tous les autres hommes.
Commentaire n°4 posté par Jean-Louis le 27/11/2007 à 00h05
eh oui........et malheureusement je pense que ce n'ai pas fini. La chose qui me frappe le plus c'est le peu de considération qui est faite de l'homme dans le travail . Et plus on va vers la mondialisation plus l'humain comptera pour du beurre.....c'est un mécanisme en marche et rien ne l'arrettera ..........
Commentaire n°5 posté par Alain le 27/11/2007 à 08h54
C'est troublant que tu publies ce billet à la veille d'un billet tout à fait similaire chez moi. J'ai l'impression, moi aussi, que les sans-abris sont de plus en plus nombreux. En tout cas plus visibles.
Et le pire, c'est qu'on s'y habitue, tous. Eux et nous.
Commentaire n°6 posté par Fiso le 27/11/2007 à 09h44

@ Jean-Louis : si seulement la vie dans la rue n'avait que l'absence de travail comme origine. Un autre temps. Désormais, il y a beaucoup de SDF qui travaillent, mais qui ne gagent plus assez pour se loger. C'est une réalité. Il y a des stats là dessus, je n'ai pas le temps de les chercher mais si ma mémoire est bonne, elles sont édifiantes... Quant à ta dernière phrase, "l'enfer est surement pavé de bonnes intentions"...

@ Fil : je ne peux pas dire que c'est un beau texte. C'est vif, réel, terrible. (enfin, tu comprends ce que je veux dire). Parfois la laideur du monde déteint sur les mots...

Commentaire n°7 posté par Dorham le 27/11/2007 à 10h12
Parce que jusqu'ici j'en cottoyais, et réceptionnais et distribuaient les denrées, aujourd'hui, j'ai l'impression qu'on n'avance plus, ils yen de plus en plus qui s'échouent sur nos trottoirs, t'entends des gens dire "ils l'ont choisi, ils savaient où l'alcool allait les mener", ben non, tu choisis pas la vie qu'on t'impose dès ta naissance, on naît tous différents et nous sommes inégaux face à la vie, tu as des costauds et des fragiles, et ce n'est pas forcément le petit malingre qui souffrira le plus mais le grand costaud au dos brisé.

Cette situation va en s'empirant, et le pire est le nombre dejeunes et mineurs drogués et alcooliques dehors, c'est dramatique, la jeunesse en dérive mais où va notre si beau pays ?
Commentaire n°8 posté par Fanette le 27/11/2007 à 13h00
@Dorham: je suis bien d'accord, la situation est dégradée même pour ceux qui travaillent. Je le sais. Ce que j'ai écrit plus haut est le florilège des bien pensants persuadués que nous vivons dans le meilleur des mondes possible, fiers de leur position dominante et persuadés de leur mérite. Ces phrases veulent montrer l'égoïsme et le mépris  forcenés qui pointent désormais sans fard derrière leurs discours, conseils et remontrances. La dernière phrase est la leur aussi bien évidemment.
Commentaire n°9 posté par Jean-Louis le 27/11/2007 à 14h21
Je ne sais pas s'il y a plus de gens vivant sur le trottoir qu'avant. Ce dont je suis sûr, c'est qu'il y a plus de gens retournant vivre chez leurs parents retraités, de gens triant les factures pour payer le splus anciennes avant d'être expulsées, de gens qui travaillent loinde chez eux et qui doivent choisir entre payer la carte orange et donner à manger à leurs gosses. Puis qui ajoutent aux factures non triées les amendes de la RATP.
C'est vrai que Sarko a éargi la démocratie. Aujourd'hui c'est la pauvreté qui s'est démocratisée.
Commentaire n°10 posté par alexD le 27/11/2007 à 14h38
Lutine : une majuscule ? bin pour quoi ? :-)))

Jean-Louis : c'est terrible parc qu'en plus, il n'y a aucun cynisme là-dedans : ils pensent comme ça ! :-)

Alain : Je lisais un article dans mon cdi (le monde des livres, je crois) à propos du "capitalisme tardif" qui a émergé dans les années 70 et dont nous voyons aujourd'hui les effets. Toute cette situation est une construction politique…
:-)

Fiso : les grands esprits se rencontrent. Enfin… j'aimerais bien ! :-))
Je les regarde sans m'habituer, j'essaie de garder ma conscience active…

Dorham : c'est un texte descriptif du reel. Il n'y a presque pas d'image… :-)))

Fanette : et le pire c'est que ce sont des associations qui s'en occupent (comme tu le sais !) et que les budgets en ce domaine se restreignent…

AlexD : bienvenu par ici !
Tu as raison, il y a aussi tous ces gens qui se sont héberger par obligation économique.
Sous Sarkozy, les plus riches s'enrichissent…
:-)
Commentaire n°11 posté par Filaplomb le 27/11/2007 à 16h37
Moi , je ne m'habitue pas. Et ce qu'il demande le plus , c'est qu'on les REGARDE comme des êtres huamins et non pas comme des "paquets" echoués sur les trottoirs de notre pays...Ilsveulent qu'on les ragarde , qu'on leur sourie , qu'on les touche..
je me souviens de ceux des plus âgés d'entre eux, dont un , en particulier , à la grande poste de Montauban. Je le regardais pendant que je cherchais un peu d'argent  , et il me dit, en pleurant : -" J'ai honte , Madame ,j'ai honte , si vous saviez comme , j'ai honte !!) Il voulais jsute que je lui parle ..
Quand je l'ai quitté , je me suis mise à pleurer aussi.
Comment notre socité peut-elle accepter que les plus âgés  qui ONT  TRAVAILLE toute leur vie se retrouve à faire la manche devant un bureau de poste à quémander..
Commentaire n°12 posté par christie le 27/11/2007 à 19h03
Filaplomb, j'ai comme toi l'impression qu'il y a de plus en plus de monde dans les rues. En bas de chez moi il y a une femme qui, apparemment a quitté sa famille pour vivre dans la rue. Elle fait sans doute une dépression ou une crise de démence mais son compagnon n'a essayé que deux fois, à ma connaissance, de venir la chercher.
Quelques rues plus loin, il y a un Indien. Est-il venu en France pour une vie meilleure et du travail ?
Un jour, mon compagnon a vu les pompiers essayer de ranimer son compaire, inanimé sur le trottoir. Depuis, notre Indien est seul.
Cet été, il faisait coucou à mon fils lorsque nous passions devant lui. Il avait un beau sourire.
Il ne sourit plus, il ne fait plus coucou...
Lui il boit du rouge le matin. Sans doute que ça ne suffit pas à lui faire oublier...
Commentaire n°13 posté par Zoridae le 28/11/2007 à 09h18
Une bien triste prose...le texte est (très) beau,mais si vrai,
merci Fil!:-
Commentaire n°14 posté par Cat le 28/11/2007 à 22h05
Arrivée de province à Paris en 1986, j'ai immédiatement été giflée par le nombre de gens assis ou couchés dans la rue. Je me souviens particulièrement d'une vieille dame, habillée de noir, propre et correcte (pour combien de temps?) assise par terre à l'entrée d'une bouche de métro.

Quand je suis revenue en province trois ans plus tard, le mal avait gagné, je n'ai pas été dépaysée. Nous avons même eu droit à notre (premier?) mort de froid.
Commentaire n°15 posté par mc le 29/11/2007 à 10h16
Merci pour ce beau texte... qui fait froid dans le dos. J'ai vécu en ville et je ne parvenais pas à m'habituer aux personnes sans logis. Maintenant que je suis à la campagne, où on est moins touché, c'est pire... surtout quand je vois des femmes, plus fragiles, plus en danger que les hommes. Toujours plus nombreuses. Cela me rend extrêmement triste et en colère.
Commentaire n°16 posté par Marie le 29/11/2007 à 13h56
Christie : merci de ce commentaire. Tu poses les bonnes questions ! :-))

Zoridae : bienvenue par ici ! :-)
Nous sommes tous des témoins impuissants de ces naufrages… Je suis profondèment attristé par cette situation…

Cat : je pense que c'est le sujet qui fait le texte cette fois ! :-)

MC : tu as remarqué, les morts de froid ne font même plus la Une des journaux !
(bienvenue à toi aussi par ici !)

Marie : c'est toute la société qui fabrique cette situation. Cette course à la réussite, les placements dans l'immobilier, …
Temps qu'on ne change rien, ca continue !
(et avec Sarkozy, rien ne changera en ce sens…).
Commentaire n°17 posté par Filaplomb le 29/11/2007 à 19h12

Zone d'essai…

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