A l'instant même !

Publié le par Filaplomb

Pendant que je regarde un bout de tissu blanc flotter dans l'air en rayonnant autour de ces cuisses fuselées. Pendant que mes yeux transforment en électricité l'image inverse inscrite à ma rétine. Pendant que mon flux sanguin se modifie, se densifie et s'accélère, que mon rythme cardiaque se lance sur la piste pour apprivoiser le tango. Pendant que mes hormones rassemblent leurs forces spéciales pour une mission appelée «Printemps artificiel». Pendant que s'ouvre un peu la porte de cette pièce sombre où je range mes fantasmes étranges. Pendant que ma pupille rétablit le réglage de focal à hauteur de ses seins. Pendant que mes folicules pileux s'activent à la recherche de la moindre particule de féminité dans l'air environnant. Ma sensibilité s'accroit, je deviens réceptif. Pendant qu'elle tourne la tête entrainant ses cheveux, entraînant mon regard dans le lent mouvement. Ses yeux où je la vois dans mon propre reflet.
Pendant que j'entre dans le cycle infini du désir incarné par quelqu'une, le rêve qui prend chair, l'esprit qui prend forme. Pendant que je découvre l'identité de ma souffrance à venir, de mon tunnel personnel à travers les affres du manque et de l'acceptation, pendant que la beauté prend son apprence, s'empare de toutes mes obsessions, pendant que je crois faire un pas vers un bonheur immense. La longue marche s'arrête enfin. Pendant qu'elle s'inscrit profondèment dans mes neurones, mobilisation générale des sinapses, délivrez-moi vos enképhalines. Pendant ce seul instant, je connais le présent et j'en connais la fin, le saut et la chute dans la même seconde.
Pendant que la surface de l'eau des bassins étale sa bienveillance. Pendant que les poissons s'endorment avec la vase, au dehors le soleil à son zénith exprime sa grandeur. Pendant que sur le pont ne touristent que quelques attardés, à moins qu'il ne s'agisse en la ville-lumière des plus pauvres d'entre eux. Pendant qu'elle marche à mes côtés, petite musique des gravillons sous sa semelle. Je franchis l'une après l'autre les portes de la certitude. La douceur des seuils ombragés où siège la quiétude. Pendant que le poids de son sac rend existant mon corps, réalise mon corps. Ainsi que la sueur…

Commenter cet article

filaplomb 20/05/2007 07:42

MadameDeKeravel : c'est intéressant en tant qu'auteur de retomber sur des textes plus anciens comme celui-ci. J'ai a peu pres oublie les conditions de l'ecriture, le travail sur la matiere pour arriver a ca et je peux presque lire comme un texte de quelqu'un d'autre !Celui-là, je l'ai me bien aussi ! :-)

madamedekeravel 19/05/2007 09:48

J'aime beaucoup ce texte !

filaplomb 11/09/2006 22:54

Bon, je ne livre plus mes commentaires à domicile !!!Je sais que tu as raison mais plein de personnes ne repassent pas pour suivre le fil et donc les réponses restent en suspens !C'est juste pour ça que je faisais la livraison !!!Désolé, j'le f'rais plus m'dâme !!! :-)))T'emballe pas, j'y reflechis, je bosse et je te mail, OK ?:-)

lesyeux 11/09/2006 22:50

stp, réponds  ici  aux com que je fais chez toi fil a plomb, plutot que chez moi....!sinon c'est pénible pour les autres visiteurs qui suivent le fil des commentaires de mes billets, ils comprennent rien....; ))donc si tu es tenté pour écrire qq chose, tu me contactes par mail uniquement, pas directement sur mon blog

lesyeux 11/09/2006 22:23

j'ai lu avec attention parce que je suis très curieuse des mots masculin , très rares, sur le désirsi un jour tu veux écrire un conte, un récit  meme très court , meme ds un style différent de ceux de mon espace, , pour le publier sur mon blog, ça sera avec plaisir, j'ai une catégorie  "autres plumes libertines"