Adam et Eve {mais c'est réciproque !]

Publié le par Filaplomb



Résumé :
la rédaction des annonces de rencontre, notamment pour les femmes.

Citation :
«
parlons de l'homme qui sommeille en moi, prenons mon cas comme exemple du masculin»

C'est sérieux de passer une annonce.
De se décrire en se disant que la personne qui nous lit est peut-être celui ou celle qu'on espérait secrètement au tréfond de son cœur. On a beau dire, on reste de la viande émotionnelle, quand même.
Je n'apprécie pas du tout le principe de Meetic et des autres. La même chose qu'en boîte : gratuit pour les filles et payant pour les gars.
Il est de notoriété publique qu'ils sont près à tout pour approcher de la donzelle, avoisiner de la grognasse, fréquenter de la femelle. Même à dépenser de l'argent.
Quand tu rentres en boîte après avoir claqué ce qu'il te restait d'argent sur le compte de la semaine à venir (mais aussi à cause des clopes qui ont encore augmenté) et maintenant, il faut que tu paies à boire à la fille.
Et il faut aussi danser.
Cela fait deux bonnes raisons pour ne pas aller dans les dancings.
Je préfère les formules un peu plus équilibrées : gratuit pour tous, comme sur affection.org, par exemple.
Mais ça n'est pas vraiment un site de drague.
Il y a ça aussi, bien sûr, mais comme partout.
Il n'est pas rare dans la vie d'espérer séduire cette femme qui nous achète le vieux téléviseur du salon. Sans pour autant que mon salon soit un site de rencontre, voyez-vous.
Plutôt un site de contacts, de dialogues, y compris avec des pays lointains où l'on rêvait, adolescent et collégien, de trouver un correspondant.Mais on peut aussi espérer y trouver quelques filles attirantes et sympathiques.
Revenons à mon sujet : le passage d'annonce.
Ce moment de la page blanche où les mots à trouver, à tisser, à broder, doivent vous décrire.
Vous-même.
Evidemment, on a conscience qu'en disant
cruement la vérité, on ne risque pas d'attirer. Alors, on arrange un peu la réalité, on la tord très légèrement pour qu'elle s'aligne sur le désir de l'autre. Celui qu'on imagine.
Les femmes à cet exercice, sont assez nulles.
Elles sont tellement dans l'empathie et dans cette forme d'hystérie qui les fait se croire toute puissantes, infaillibles (et finalement dépressives parce que cela est impossible, même pour elle !), qu'elles ne parviennent pas à assez d'enrobage sucré pour cacher les failles.
Un exemple :
«Salut tous le monde !
Dans l'attente d'une vraie relation amoureuse serieuse, je tiens a lancer cette appel, pour que quelqu'un s'interresse, a cette annonce.
Je suis une femme, cool, peut être attirante, qui désire rencontre avec un homme qui voudrai établir une vraie famille de bohneur.
Ecrit moi, si...?
Nomé - 35 ans»

Que dit-elle, cette Nomé ?
«Dans l'attente» : elle commence à trouver le temps long, maintenant. Je parie qu'elle est célibataire depuis deux ans. C'est la durée moyenne entre deux histoires sérieuses, parait-il.
«Une vraie relation» : elle a donc été trahi précédemment. Mais elle sait bien que, quand même, il existe autre chose que cette réalité, elle le pressent. C'est même pour ça qu'elle passe une annonce.
«je tiens», «lancer cet appel», «pour que quelqu'un s'intéresse» : elle insiste un tout petit peu sur l'urgence. Genre : eh oh, je suis une vraie personne, parlez-moi.
«je suis une femme» : mention plus importante qu'il n'y parait. D'abord, on constate qu'elle a parfaitement saisi la logique de la bipolarité de la race humaine et qu'elle a de, plus, totalement situé sa position sur ce schéma. Mais surtout, cette mention nous confirme, si l'on est comme moi spécialisé dans l'hétérosexualité, que l'on est dans la bonne rubrique.
«cool» : la, Nomé, elle a du se relire et reprendre son texte juste à cet endroit. Elle a bien perçu qu'elle avait un peu déconné avec la pression dans les phrases précédentes et qu'il fallait un peu détendre l'atmosphère. "Cool" est un bon choix de vocabulaire dans ce registre.
«peut etre attirante» : mesdemoiselles, mesdames, parlons de l'homme qui sommeille en moi, prenons mon cas comme exemple du masculin. Je suis un être visuel. Une courbe, une mèche de cheveux, un joli rouge à lèvre, l'ombre d'un sein nu au travers un chemisier, un cul d'enfer sont des choses qui peuvent réveiller mon imagination badine. Si vous voulez me donner envie de vous recontrer, ne mettez pas : "peut être attirante". Affirmez, revendiquez votre pétillante féminité, décrivez votre regard mutin, vos sourires en douce, vos coup d'oeil souriant dans les miroirs. Revendiquez ! Chatouillez-moi l'imaginaire.
«qui désire rencontre avec un homme qui voudrait établir une vraie famille de bonheur» : Moi, je dis non. On se rencontre, on se séduit, on se charme, on discute, si tout va bien, on pratique divers activités anciennement liées à la reproduction (par exemple : gamin et gamète se promènent dans les bois, très joli conte). Mais de là, à démarrer avec l'idée de fonder une famille. Allons-y doucement. On commence par s'amuser, ensuite on réfléchit. Faut faire les choses dans l'ordre.

«Je suis à la recherche d'une relation sérieuse», c'est la pire phrase qui puisse être écrite dans ce genre d'annonces. Elles l'écrivent toutes, du moins en grande majorité. Les autres doivent le penser tellement fort que ça transparait. C'est du non-dit, de l'implicite comme qui dirait.
Vous imaginez le début d'une relation amoureuse ? Vous vous en souvenez ? Voilà. Est-ce que les termes "relation sérieuse" peuvent s'appliquer à cette période . Ne serait-ce pas plutôt les jours de la joie, de la découverte, de la légèreté, du partage et du sexe à tout-va. Les femmes arrivent même à ne jamais avoir mal à la tête.
Ça sent les draps propres, le pain frais et le café au lit le dimanche matin, les yeux encore collés de sommeil mais encore pleins d'audace aussi.
Rien de sérieux.
Juste la vie qui marque ses début.
Après, il est éventuellement enviageable de prolonger cette soudaine harmonie, dans une relation plus complexe et d'en développer différents potentiels.
Mais au début, c'est juste drôle, non ?
Quand je lis "relation sérieuse", j'ai l'impression qu'elles cherchent un médicament qu'elles chercheraient pour soigner une maladie qu'elles ne sont pas sûres d'avoir attrapée.
Vous voyez ?

Aujourd'hui, je l'ai vue la France d'après.
"Questions pour un Champion", ça s'appelait.
[Même que sur France3.fr, ils disent QPUC pour faire branchés]
Une "spéciale Junior" a jailli sous l'effet de ma zapeuse.
Prénom des candidats en lice : Hélène, Jules, Camille, Mathieu.
Que du natif de bonne famille, que de la mèche parfaitement
à sa place, que du Jean-François Copé en puissance.
J'ai cru être resté endormi quelques mois
et être éveillé après l'élection. Ça fait peur.

Figurez-vous que Monsieur Pelletier
(ou Pasquier, ou Harry, …)
a décidé que ce serait une bonne idée
de commercialiser un pain de mie
qui aurait des tranches en forme de tartine.
Pourquoi pas, me dis-je.
Mais de là, à l'appeler "tartine", ce ne
serait pas nous prendre, un peu, pour des cons ?

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S. 21/10/2006 21:07

C'est sérieux ça, gratuit pour les filles et pas pour les garçons sur meetic? Putain c'est scandaleux!

La girafe 21/10/2006 18:20

Ah oui,et pour les photos: j'adore le slip de ce monsieur :-) mais la femme...il est ou,c'est serieux dont tu parles? :-))))))

La girafe 21/10/2006 18:12

Et puis,bien membre,ca sert a rien si le gars n'est pas frivole,Nicolas :-)

filaplomb 21/10/2006 17:48

Nicolas : oui, tout à fait ! Mais même moins bien memebré, ça peut aller ! :-)

nicolas 21/10/2006 17:43

Je vais essayer :Jeune femme frivole cherche homme bien membré pour relations dévergondées, tous orifices confondus.Ca ira ?