Dans la gueule du libéralisme {il en rachètera des lunettes !]

Publié le par Filaplomb



Résumé : je comprends comment la publicité pour le jeu Tac-O-Tac de la Française des Jeux est un aveu d'échec du libéralisme.
Citation : «la publicité, qui est un peu au capitalisme ce que le stalinisme est au léninisme».

Je viens de comprendre quelque chose.
Pour le titre, je crois que l'explication sera plus loin dans l'article. Vous la retrouverez, je pense.
Les publicitaires utilisent tout un jeu de symboles, un "code de valeurs", pour vous transmettre des messages inconscients. Ou à la limite du conscient.
Vous savez ça ?
Si vous ne savez pas, je vous en prie, informez-vous. Pour ma part, il me semble important de savoir à tout instant qui me parle et de où il me parle. La position qu'il prend.
Bref…
Et dans cette publicité pour le Tac-O-Tac, que vous avez sans doute vue mille fois comme moi, ils montrent le vrai visage du libéralisme : C'est un ensemble de types en costumes gris qui vacquent à leurs occupations. Une sorte de salle de pause, située à côté de la salle des marchés, filmée un jour d'affluence mais sans trop d'activités boursières. La caméra se déplace et tombe sur un type habillé de manière outrancièrement colorée, les cheveux longs (mais propres) lissés sur les côtés, retenus ensuite par un bandana. Le type, hilare comme s'il venait de recevoir (enfin) sa livraison d'afghan primeur, est assis à table, un verre de jus de fruits devant lui, un stylo à la main. Un hippie, pour le moins.
L'image du mec heureux.
Je vous explique.
Le Tac-O-Tac est un jeu de grattage dont l'un des lots promis est une somme de deux mille euros par mois à vie.
L'angle choisi pour comprendre l'avantage du jeu, a été de montrer des hommes (dans le sens de humains) au travail mais heureux avec deux mille euros de plus qui leur tombent tous les mois.
En clair, la publicité, qui est un peu au capitalisme ce que le stalinisme est au léninisme, [j'attends les analyses avec impatience] vient tranquillement dans mon appartement pour me dire que, ce qu'il me manque pour être heureux, c'est un meilleur salaire.
Si c'est pas un aveu ça, je n'y comprends plus rien.
Le libéralisme envoie un de ses meilleurs agents pour m'avouer ça ; c'est culloté.
Et nous, gentils téléspectateurs, on gobe sans rien dire.
Enfin, si puisque j'en parle ici et maintenant.
Le pire du cynisme dans tout cela, c'est que dans la publicité, le symbole du bonheur, c'est le hippie.
Le type d'avant l'apparition du marché obligatoire et du CAC 40.
Celui qui croyait au fromage de chèvres et au chauffage au bois, parce que le nucléaire c'est pas cool du tout.
Celui qui était pour le partage, la communauté pas le communautarisme, on est tous frères, mon frère, même sa femme il peut te l'offrir si cela lui fait plaisir à elle aussi. Celui qui était contre la société de consommation.
Au point d'avoir failli la renverser en 1968.
«En 1789, on a pris la Bastille. En 68, on a prit la parole» écrit Daniel Mermet.
Les hippies.
Voilà l'image du bonheur produite par la publicité capitaliste.
C'est ce qu'ils ont de mieux, de plus symbolique.
Depuis les années 70 (1973, premier choc pétrolier [qui n'a même pas eu lieu en vrai]) jusqu'à aujourd'hui 2006, en trente-trois années de pouvoir et de mondialisation, ils n'ont pas une seule image d'homme heureux.
Une image assez forte pour devenir un symbole.
En trente-trois années, ils n'ont pas réussi à produire une seule fois cette réalité.
Le dernier exemple connu d'homme heureux, c'est le hippie.
C'est drôle non ?
A mes yeux, ça met un sacré coup dans la gueule du libéralisme !
Tout ce boulot pour se débarrasser de ces teigneux de gauchistes soixante-huitards et retomber sur eux…
C'est balot.

«Plus de 9 prisonniers sur 10 évoquent ainsi
la nécessité de "mettre en place des installations sanitaires
(douches, toilettes) préservant l'intimité de la personne"
Le Monde du 20.10.2006.
Pour moi, on reconnaît la qualité d'une démocratie
à la manière dont elle traite les prisonniers.
L'Observatoire est ici. D'autres infos, .

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Eric 22/10/2006 17:35

Oui, tu as raison. Sur le fond, je pense comme toi que critiquer la pub est essentiel, vital. C'est loin d'être un combat accessoire ou marginal. C'est central au contraire: c'est la pub qui "colonise l'imaginaire" (pour reprendre le mot de Serge Latouche.

koan 22/10/2006 13:39

J'applaudis votre critique à chaudes mains ! Ce que vous dites est VRAI ! Et en plus, c'est bien fait pour la tronche de cette caste de néo-réacs. Encore !

filaplomb 22/10/2006 09:44

Nicolas : en règle général, je serais d'accord avec toi. Mais pas dans cette publicité, me semble-t-il… :-)

nicolas 22/10/2006 08:17

Ou alors, c'est le contraire... Le 68tard qui a plongé dans le capitalisme...