La panne {fais du stop !]

Publié le par Filaplomb


«Le radeau de la Méduse» - 1819 - Géricault
Toile (H. 4,91 m - L. 7,16 m) - Musée du Louvre, Paris.
C'est joli pour un naufrage mais il est clair que le peintre
ne sait pas dessiner les pieds. Voyez comme ils les planquent !



Résumé : petite réflexion sur l'exclusion. Rien que le terme dit tout, non ?
Citation : «
Aujourd'hui tu es dans la mouise mais rassure-toi, un jour peut-être, tu sentiras de nouveau bon.»


Si tu étais en panne sur le bord de la route et si je venais à passer par là, si je t'apercevais me tendant le pouce, sûr que je mettrais le clignotant avant de déborder un peu sur la voie de gauche, afin de t'éviter au passage. Sérieux, je n'en ai rien à faire de tes problèmes. Chacun sa croix mon frère. Aujourd'hui tu es dans la mouise mais rassure-toi, un jour peut-être, tu sentiras de nouveau bon.
Tu sentiras l'humanité.
Et alors ? Vous croyez que c'est quoi ces gens assis par terre ?
Pierrot, Rachid, Bruno, Isabelle, le P'tit Jacques.
Des vraies personnes avec des prénoms. Des gens en panne sur le bord de la route. Des naufragés, des divorcés, des inconsolables, des accidentés, …

Quand je serais grand, monsieur, je voudrais être Président.
Pour que plus personne ne dorme dans la rue.


Faudrait quand même un minimum, non ?

Elles sont jolies nos villes parées de leurs panneaux Decaux™
Le monde de la quadrichromie en direct live.
Spectacle permanent de la lumière, du clinquant.
Des colonnes qui se tournent sans cesse vers vous.
Des néons qui vous clignent de l'œil.
C'est pratique pour le touriste : il suffit de regarder là où c'est éclairé.
«La mise en scène lumineuse est quasiment aphrodisiaque» direz-vous à vos amis, racontant par un dimanche après midi maussade, votre séjour dans la mégalopole.
Qui donc habite dans les immeubles ?
Les villes tentaculaires absorbant la campagne.
Etendant leurs bras maigres avant de s'engraisser.
De s'engrosser.

Elles sont jolies nos villes de lumières
Avec leurs banc impraticables.
Vous ne dormirez pas ici les pauvres
Allez traîner vos guenilles, vos oripeaux,
votre misère
Dans d'autres rues que celle-ci.
Si tu es en panne dans la rue
et si je viens à passer par là,
si je t'aperçois me tendant la main,
sûr que je m'écarte un peu
afin de t'éviter au passage.

Sérieux, je n'en ai rien à faire de tes problèmes.
Chacun sa croix mon frère.
Aujourd'hui tu es dans la mouise
mais rassure-toi,
un jour
peut-être
éventuellement
si tu as de la chance,
tu sentiras de nouveau bon.
Tu sentiras l'humanité.

Quand je serais grand, monsieur, je voudrais être Président.
Pour que plus personne ne dorme dans la rue.


Faudrait quand même un minimum, non ?

J'aime bien faire un texte judéo-chrétien de temps en temps.
Version musulmane, ce serait pareil mais il faut mettre un croissant à la place de la croix, sinon, c'est tout kif-kif.
Pourtant,
Pierrot, Rachid, Bruno, Isabelle, le P'tit Jacques.
Ces vraies personnes avec des prénoms. Ces gens en panne sur le bord de la route. Ces naufragés, ces divorcés, ces inconsolables, ces accidentés, ils en pensent quoi de la campagne électorale ?
Ce sont des citoyens, non ?

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isa 26/12/2006 16:42

quand j'étais petite je rêvais d'âtre très très riche ...pour pouvoir tout donner

filaplomb 10/11/2006 10:24

Fleur : bravo ! Tu es très perspicace !!! :-)))

Fleur 10/11/2006 10:20

bravo Filaplomb,
si on remplace "croix" par "croissant" ça fait "chacun son croissant mon frère"...