Lundi 11 décembre 2006
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Résumé : l'emploi du service entre classes sociales
Citation : «Forcèment, maintenant qu'ils ont donné aux chinois nos usines et nos brevets, il faut créer de nouveaux secteurs d'activité».
Avant la révolution, les nobles s'occupaient de leurs affaires.L'écurie, le nouveau bassin du jardin, le traiteur pour la réception.
Et bien sûr, pour gérer l'intendance, il y avait le petit personnel.
La nounou des enfants, la femme de ménage, le jardinier pour la ménagère desespérée par l'état des buissons.
Aujourd'hui, il y a le CESU.
Le Chèque Emploi Service Universel.
Pour les dirigeants d'entreprises débordés.
Pour les responsables de secteur.
Pour ceux qui n'aiment pas le repassage.
On peut s'offrir une pauvre pour quelques deniers.
Pas une domestique qui serait au service de la famille jusqu'à devenir une confidente pour les enfants.
Non, juste une occasionnelle.
Par exemple, un coup de main à l'approche de l'Assemblée Générale annuelle.
Le principe est de créer de l'économie.
Forcèment, maintenant qu'ils ont donné aux chinois nos usines et nos brevets, il faut créer de nouveaux secteurs d'activité.
Vous déménagez ?
Ok, je vous trouve un type qui s'occupe de ça.
Il était docker avant, c'est vous dire si ce sera bien fait.
Un petit coup de CESU et tu as dix personnes prêtes à s'employer à ton service.
Acheter les courses, laver la voiture, cirer les pompes, promener le chien, faire manger mamie, surveiller les enfants, les amener à l'école, dépoussiérer l'appartement…
Toutes ces petites choses ennuyeuses du quotidien, pourquoi s'en soucier ?
Même ces services anodins qu'on se rendait avant, entre amis, comme aider au déménagement des uns ou des autres (parfois pour des séparations qui nous scindait le groupe le temps de quelques mois), le CESU les a monétisés.
Tout ami est un client potentiel
Pour ma part, j'aide quelques heures en fin d'après-midi et pour un salaire horaire aligné sur le smic, l'épouse d'un grand patron local.
Elle a décidé de se mettre à écrire et, quelqu'un que je ne parviens pas à identifie,r lui a recommandé mes services.
C'est une bonne élève, je dois le reconnaitre.
Je sens en elle comme une force qu'elle aurait tenue endormie au plus profond depuis des années.
Quelque chose que la poésie érotique aura éveillé en elle…
A relire : «Discours de la servitude volontaire» La Boétie (parce que c'était lui)
Il devait être difficile, habitant à l'intérieur
de l'empire soviétique, de croire que le système
pouvait avoir une fin. Que ce monde stalinien
n'était qu'un système. De même, il nous est impossible
de croire que ce libéralisme n'est
qu'un mode d'organisation, un choix de société.
A qu'à ce titre, il nous appartient de le changer. (sauf Loïc parce que lui, il aime bien ça, le libéralisme !)
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Sur le CESU, on peut déplorer que les inégalités soient telles en France que des particuliers arrivent à en employer d'autres... et en effet, on risque de se retrouver avant 1789 !
Par contre, il faut positiver : ça permet d'éviter des démarches administratives et du travail au noir...
Je ne suis pas du même avis que toi. SI une mesure agrave les inegalites dans la population, c'est une mauvaise mesure. Même si elle crée de l'emploi.
En fait, ma revendication numéro 1 est de mettre l'humanisme avant l'économie, tu l'auras compris !
:-)
D'accord avec toi sur le parallèle avec l'URSS.
Et bon courage pour tes cours de littérature érotique!
Le CESU n'est qu'un truc permettant de simplifier les démarches administratives pour l'emploi.
Le problème vient des réductions d'impôts très importantes (jusqu'à 10000 € je crois), qui, elles, renforcent les inégalités.
Ce n'est pas nécessairement du Zola que d'avoir une femme de ménage. J'en ai eu une pendant des années, et je continue à lui faire faire mon repassage ! Je n'ai pas l'impression d'être un méchant exploiteur et je n'en tire aucun avantage fiscal... Par contre ça m'évite de galérer !
Avec en plus un sous-entendu sexuel parce que quand même, faut bien s'amuser…
Pour l'appellation, le "petit cesu", en cette période est un bien joli nom !
Nicolas : dans ce cas, ce ne sont pas les personnes qui peuvent le faire qui sont des exploiteurs. A ton niveau, ce n'est pas ce sens-là. Par contre, tu le dis toi-même : c'est le système entier qui est inégalitaire…
En fait, à mes yeux, tout cela est de la fausse économie. On ne crée rien et on ne forme personne. On dit juste aux gens : vous savez balayer ? Devenez donc femme de ménage !!!
Ça ne fait qu'entretenir la fracture sociale ET la misère !
La fracture sociale ? Elle n'avait pas été résorbée par Chirac en 1995 ?
Bonjour Filaplomb,
Je ne suis que partiellement d'accord avec ton point de vue:
pour bon nombre,l'insertion ou la réinsertion professionelle est un parcours du combattant et il vaut mieux etre à l'aise dans ses pompes ...les réseaux associatifs prososent d'etre des intermédiaires d'accompagnement à la réinsertion,dans des cadres d'emplois tels que tu les décris,dans le dispositif CESU
,ces emplois peuvent etre un temps psychique nécessaire pour retrouver la confiance et l'aisance nécessaire à un retour à l'emploi "véritable";il n'y a ,par ailleurs,rien de péjoratif à "nourrir mamie"(la pauvre,elle est mieux là qu'en long séjour) et autres emplois "domestiques";si j'idéalise,ça peut aussi développer des réseaux de solidarité..
on est chiants ce matin!
Cat : tu es d'accord avec moi !
Si tu considères que ces jobs sont nécessaires pour la réinsertion ou la ressocialisation, tu peux conclure comme moi, qu'en faire un vrai travail pour un tas de gens est une régression sociale.
Je ne parle pas ici du travail social nécessaire, mais bien d'un dispositif qui enferme les gens dans des cases "employeurs" et "employés". Une création de classes sociales officielles en quelque sorte.
Ces emplois CESU sont par exemple proposés maintenant à des personnes qui veulent, par exemple, proposer de la réparation de PC aux particuliers.
Ce qui me choque, c'est que quelque soit les savoirs mis en œuvre, on envoit tout le monde vers le salaire minimum et le CESU.
Je le disais plus haut, pour moi, c'est de la pseudo création d'économie…
:-)
Pour faire manger mamie, par contre, on s'oriente de plus en plus vers une professionnalisation, avec un vrai diplôme et une vraie déontologie. Cela devient un vrai métier, une vraie profession et là, j'applaudis !
Ici, avec le CESU, il n'y a pas de progression possible.
Ni de formation professionnelle nécessaire à l'entrée.
Ce n'est pas un dispositif de création d'emploi mais bien un moyen de simplement "employer" des personnes…
C'est bien entendu totalement pervers…
PS vu le prix des épinards, il est plus facile acteullement de mettre du beurre dans l'assiette ...
:-)