Le libéralisme (l'état naturel !)

Publié le par Filaplomb

Le but du libéralisme, sa règle de base, c'est de supprimer tout ce qui peut constituer une contrainte au marché.

Tout ce qui empêche de faire des affaires.

Par définition, toute décision d'un ministre, d'un gouvernement, d'une assemblée de représentants directs du peuple, peut constituer une contrainte au marché.

L'idéal libéral, c'est une absence de règles, l'interdiction d'interdire.

Ainsi, ils vous racontent que c'est parce que les patrons ont peur de licencier qu'ils n'embauchent pas. Et ils inventent le contrat de travail à durée provisoire.
A l'humeur du patron.
On retrouve le bon vieux climat des journaliers louants, pour quelques sous, leur force de travail à qui veut bien.

Ainsi, Nicolas Sarkozy (et son oui-oui Loïc L.M), profitant des sdf, nous invente le bail locatif à durée librement consentie par le propriétaire.
En clair, c'est parce qu'il est trop difficile d'expulser des mauvais payeurs que les propriétaires gardent leurs appartements vides.

Toujours cette même logique de la responsabilisation des victimes sociales.

Aucun rapport évidemment avec les lois de défiscalisation successives de l'investissement immobilier, qui permettent de gagner de l'argent, même sans jamais les mettre en location.

Et la déresponsabilisation de l'État et de ses gouvernements.

L'idéal libéral, c'est un État réduit à ses symboles.

Un État qui ne vient pas embêter les chanteurs riches avec des histoires d'impôts.

C'est très grave, cette histoire, j'y reviens.

Nous sommes dans une démocratie.
Régime qui détermine, entre autre, que l'avis d'un peu plus de la moitié de la population s'impose aux autres citoyens.
Si les électeurs choisissent dans leur majorité de donner le pouvoir à quelqu'un que je n'apprécie pas, j'accepte les règles qu'il prendra par la suite.
Si le gouvernement décide d'une taxe particulière, ce n'est pas parce qu'il n'est pas de mon bord que je peux discuter de son application.

Les impôts sont la base concrète de la démocratie.

Le gouvernement décide de la participation de chacun, en fonction de ses revenus, au bien-être de la communauté.
Et refuser volontairement de mettre au pot commun du groupe humain que nous sommes, c'est refuser le jeu démocratique.
Il y a une sorte de mépris du peuple dans ce départ.
[le roi apeuré s'enfuit pour Varennes]

A ce propos, l'impôt est un bienfait collectif.
S'il n'y a pas d'impôt, il n'y a pas de vivre ensemble possible.

Je suis tout à fait d'accord avec Nicolas sur la création d'une «contribution à la communauté» qui serait payée par tous, sans conditions de ressource.
Et pas prélevé à la source, surtout pas.
Ce serait un acte citoyen que de payer cette participation au bien-être collectif.
Par exemple, on dit cinquante euros payables par tous et annuellement.
Il faut revaloriser l'idée même de l'impôt.
Et la réintégration des familles dans le jeu de l'impôt créera naturellement de la citoyenneté.

Dans un système libéral, imposer les riches, c'est imposer une contrainte au marché.

Dans un système libéral, il faut retirer tous les panneaux et les radars d'une autoroute en prétendant qu'ils empêchent la libre circulation des véhicules. C'est la sécurité routière elle-même qui crée les accidents. La suppression du code de la route devrait, d'après eux, permettre de mettre fin à ces accidents inacceptables.

Si le libéralisme est l'état naturel, la gauche en est la civilisation.

Elle m'embête Ségolène avec sa société du travail.
Pour moi, c'est justement cette logique productiviste
qu'il faut à présent casser pour sortir du libéralisme.
La décroissance serait le premier pas…
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filaplomb 20/12/2006 22:46

Tiens, c'est sympa ici, les blogueurs discutent entre eux !CédricA : le capitalisme a besoin des règles et de la présence de l'Etat. Le libéralisme, à mes yeux, non !Je répond dans une petite citation : voir nouvel article.:-)

Eric Mainville 20/12/2006 22:29

Bon, ça devient complexe! Il faut que je potasse un peu.Mais le libéralisme je me demande si ça existe. Les gugusse qui siègent dans les CA et qui, après un repas trop arrosé, décide de se voter une augmentation de salaire, ils ne font pas du libéralisme...

nicolas 20/12/2006 22:21

CedricA,Dans mon dernier commentaire, je citais un site ultra libéral. Mais le libéralisme empêchant toute réglementation par l'état (qui ne devrait pas exister), se raproche de l'anarchie...Donc, à mon sens, ça ne tient pas...

CedricA 20/12/2006 21:45

Je suis loin d'être un expert en matière de libéralisme, mais je trouve qu'il y a une faille dans l'assertion de départ qui soutend le raisonnement, soulignée par Isa. Ce qui est décrit ici est l'anarchie et non le libéralisme qui nécessite des bornes et des règle pour s'épanouir.De même, j'avais noté un commentaire fort instructif sur la différence entre libéralisme et ultra-capitalisme, qui effectivement est la version sans borne du libéralisme (si j'ai tout bien compris).Ce que j'avais noté pour essayer de comprendre :http://www.cedric-augustin.eu/index.php?q=capitalisme

filaplomb 20/12/2006 17:02

Isa : oh moi je fais le pari qu'on trouvera toujours assez de volontaires pour faire tourner la barraque pendant qu'on comptera les nuages jusqu'à des chiffres astonomiques…Enfin une qui remarque que j'ai mis une phrase soixante-huitarde dans le libéralisme ! Isa, tu reçois la palme de la Lectrice Attentive !Bin, si finalement, c'était bien des ultra-libéraux aussi d'une certaine manière !L'anarchie interdit la propriété alors que c'est le centre, le coeur du libéralisme. C'est donc antagoniste !Mais donc, il restera des lois ultime dans le libéralisme rayonnant, celles qui concerne la propriét privée !!!