Au théâtre ce soir (et au-delà !)

Publié le par Filaplomb


Quelques uns des acteurs en action (photo prise à grande vitesse).

Résumé : la puissance du langage dans sa subjectivité (en moins sérieux quand même !)
Citation : «
C'est du théâtre qui déborde de vie, qui grouille joyeusement, qui tintinabule dans le brancard des conventions».


C'est mille huit cent vingt-quatre ans après la mort de son fils, que D.ieu décida qu'il était temps de faire quelque chose. Il songea un instant à créer un nouveau monde mais il se souvint alors des difficultés du début.
Adam et Eve, le fichu serpent, tout ça.
Et, bien qu'il eut un souvenir ému de la création du papillon, D.ieu s'abtint.
(D.ieu s'abstint et je retiens deux).
Au lieu de cela, il décida de jouer à cache-cache.
Et voilà où nous en sommes aujourd'hui.

Ce qui est bien dans la littérature, ce sont les mots.
Quand j'écris «D.ieu».
Chacun de vous (oui, toi aussi chère lectrice dont mes mots effleurent les lèvres) remplace le mot «D.ieu» par son propre concept.
Que vous soyez
ou non croyant, chacun a sa vision de D.ieu.
Ou d'absence de D.ieu.

Ça marche aussi quand j'écris «tomate». Mais avouez que choisir «tomate» pour illustrer ce phénomène, c'eut été se compliquer la vie.
Loin de moi cette idée.

Marion Aubert dont j'ai vu les Histrions (détail) l'autre soir, connait la puissance du langage. [avec ce lien, vous pourrez voir des extraits filmés de la pièce]
Cette pièce a pour ambition de raconter le monde, de la naissance des étoiles à (plus ou moins) l'humanité actuelle.
C'est du théâtre qui déborde de vie, qui grouille joyeusement, qui tintinabule dans le brancard des conventions.
Par exemple, Richard Mittou (le metteur en scène) installe les comédiens sur scène. Ils se parlent en silence, ils déambulent sur le plateau dans la pénombre, ils s'avancent parfois, un par un ou deux par deux, pour longuement, scruter la salle et les spectateurs qui arrivent et s'assoient bientôt.
Les acteurs qui attendent le public, quelle belle idée !

Il y a l'histoire des étoiles-sœurs et de D.ieu leur père.
L'histoire de l'homme né d'une boule de Noël.
La femme qui voit flou.
L'homme sécateur.
Des milliers de personnages et d'histoire en une seule.
Les amours incestueuses de la lune et du soleil.
La vingtaine d'acteurs passant,
tour à tour, en arrière plan, pour changer de costume, pendant qu'à l'avant-scène déjà, une autre histoire s'entame.
L'idioteu marseillaiseu au sortireu de son bain.
Il y a même Godot, qu'on n'attendait plus, pourtant.

Et puis Marion Aubert aime jouer avec ça.
Elle ajoute autre chose.
Le petit garçon qui est témoin de tout et à qui les acteurs devraient raconter la vraie histoire du monde.
Et s'en abstiennent sans faillir jusqu'à la fin de la pièce.
Malgré les interventions et les réclamations du gamin, malgré parfois ses réelles connaissances, ils poétisent, ils illuminent, ils harmonisent, ils embellissent la réalité.

Et le réel, l'auteur le souligne aussi dans la pièce, n'est pas bien terrible.

Il y a «la vieille du premier rang» qui, sur scène, assise dans son fauteuil (mais que le metteur en scène surélève à la manière d'un arbitre), ajoute ses propres commentaires à propos de la pièce.
Ou d'autre chose.
Qu'elle a envie de voir son fils. Qu'elle se demande pourquoi la sous-préfète est absente du théâtre. Qu'elle n'aime pas participer de toute façon. Qu'elle n'aime pas la pièce, ce qui est évident (je souligne ici la jubilation qu'il y a à écrire ce genre de personnage hors-propos. Ça donne une deuxième dimension à l'histoire, ça ajoute de la légèreté).

Il y a surtout ces passages terribles où le texte devient très dur, narrant la guerre, la souffrance, le sang. Et ce chœurs de fascistes qui parle soudain si puissamment, qu'il vous fait peur.
Ce n'est pas banal d'avoir peur au théâtre.

Il y a de la magie tout le temps, des phrases d'une poésie légère ou déchirante, de l'humain dans le bon sens du terme, celui qui sait que le rêve est la seule chose importante, que l'amour est le seul aliment et que le papillon en ait le gardien.

[Merci à Cathy de m'avoir offert cette place. Elle est gentille Cathy !]

Pour le côté people de l'affaire,
la Cathy ci-dessus, n'est pas la Cat
des commentaires. Bien que cette Cat-ci
est aie l'air aussi gantille que cette Cat-là.

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La girafe 12/01/2007 20:26

filaplomb:Oh oui,avec de la chantilly,en plus :-)

filaplomb 12/01/2007 20:15

Cat : je ne sais pas trop, en fait.Ce que c'est que cette histoire de blogs. Ils en parlaient donc sur Culture tout a l'heure, j'en ai entendu un peu.C'est le début d'un changement de société à mes yeux.Il faudrait que j'explique ça dans un papier…:-)5xW : cinq fois plus de travail ?

filaplomb 12/01/2007 20:11

Ah les gaufres bruxelloises…Ou belges en général !:-)NG3 : Nouvelles gaufres, trois ! :-)

La girafe 12/01/2007 19:55

Adulte Aimant les Gaufres...mais c'est moi,ca!

Cat 12/01/2007 18:56

Ce blog est truffé de "gens de lettres"!
sinon,je dirai qu'un blogueur qui ignore ses commentaires a une démarche onaniste..non?
L8F:je sèche,les huit femmes?