Critères de choix (la société !)

Publié le par Filaplomb

Si je discute avec un de ces «déçus du socialisme», un de ceux qui se baignèrent de joie dans toutes les fontaines du pays un certain soir du 10 mai de 1981, je suis tout à fait d'accord avec lui.
Tout ne fut pas fait. Des 110 propositions de Mitterrand, toutes n'ont pas été suivies d'effets. C'est regrettable.

L'idée de base, c'était de «changer la vie».

Et l'homosexualité a cessé d'être judiciairement condamnable.

Et la peine de mort a été rangée aux oubliettes (Un mauvais souvenir. Une erreur de jeunesse de la république).

Et 80% d'une classe d'âge amenés au moins à une culture générale de niveau bac.

Et l'impôt de SOLIDARITÉ sur la fortune
[Nicolas Sarkozy préfère alors la fortune à la solidarité).

Et puis les radios libres.
[Au Sarkozy Music Award, on parodie de plus en plus une radio à forte audience qui pose des vedettes sur ses affiches pour masquer la soupe médiocre qu'on diffuse à l'antenne. On se demande parfois si ces vedettes comprennent elles-mêmes ce qu'elles promotionnent].

Et puis le minitel.
[Tout le monde en rigole à présent mais si la France est si bien classée pour l'équipement informatique familiale et les connections internet (y compris adsl), c'est vraisemblablement parce que tous, nous avons cotoyé ce terminal télématique à la maison. C'est même la seule explication possible à notre blogomanie nationale].

Et la création du RMI.
Qui se souvient qu'avant cet os à ronger pour calmer les pauvres, on pouvait tout à fait en France, dans ce pays si riche, se retrouver totalement sans ressources ?
Ce n'est la panacée, certes, mais ça fonctionne comme dernier filet social de sécurité. C'est déjà moins pire, non ?

Avec le recul, on voit très bien en quoi ce passage par des gouvernements socialistes a fait du bien à la population du pays.
Et combien ça a changé la vie réelle des personnes.

Même des mesures qui sont jugées néfastes à la dette devraient être pesées bien différemment.
Par exemple les «emplois jeunes» dont la droite, notamment par la voix de Rachida Dati, considère qu'elles sont un coût, ont un impact bien différent sur le réel.

Evidemment de vrais emplois seraient préférables.

Mais ces emplois-jeunes ont une fonction sociale évidente difficilement mesurable : elle remplissent la première ligne du CV dans la rubrique expérience. Elles assurent aux jeunes un premier pied glissé dans la porte du monde du travail qu'on leur claque à la gueule.

Mon premier "emploi" fut un TUC très peu rémunéré mais qui m'offrit par la suite, la possibilité de rebondir quand je stagnais dans mon chômage. Je peux dire ouvertement que c'est ce TUC, en 1986, qui me permit de commencer ma vie professionnelle.

De ce fait, cette ligne budgétaire se retrouve compensée et largement compensée par le dynamisme qu'elle crée sur le marché de l'emploi.
Ce n'est pas de l'assistanat que d'aider ceux qui en ont besoin à entrer dans l'emploi. C'est le rôle de l'Etat (mon Etat, ton Etat, notre Etat).

La gauche a déjà changé la vie, elle l'a démontré avec Mitterrand.
Elle l'a refait avec Jospin (baisse du chomage et baisse de la dette).
Elle le refera avec Ségolène Royal.

On en a l'expérience, on sait que sur les 100 propositions, le réel et l'évolution du monde en empêcheront certaines.
Néanmoins, il y a cette volonté de changer la société d'aujourd'hui, cette société que peu d'entre-nous juge acceptable, pour la changer en autre chose : Une république pour tous.

Ce ne sont pas tant les propositions de Nicolas Sarkozy ou de Ségolène Royale que je regarde, ce n'est sans doute pas leur coût respectif (parce qu'une mesure quelle qu'elle soit change les lignes et les équilibres financiers, il est quasi impossible de le faire sérieusement). Ce que j'observe c'est la société qui en résultera.

Le chacun pour soi contre le tous ensemble.
Deux projets de société entre lesquels choisir.
Pour ma part, je juge plus important de s'occuper du logement social que du bouclier fiscal des très riches.
Je juge plus important de relancer le dialogue social (le rôle des syndicats) que l'opposition systématique des uns et des autres (limitation du droit de grève).
Je juge plus intéressant l'écoute «participative» au ralliement des has been («sortez-moi de la, je suis une célébrité» avec Steevie Boulet en leader d'opinion, ça en jette).
Je juge plus démocratiques, plus républicaines, plus pragmatiques chacune de ces 100 propositions.

Et vous ?
Quels sont vos critères de choix pour ce vote ?

Si Mitterrand n'avait pas choisi
la pyramide pour terminer le Louvre,
nous n'aurions jamais eu le très drole
«Da Vinci Code». C'est vrai, ça change la vie.

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Chevillette 19/02/2007 19:17

;-)

filaplomb 19/02/2007 14:10

Chevillette : tout le monde va en prendre pour son grade, surtout les sans grade ! :-)

Chevillette 19/02/2007 14:06

Surtout que les élections telles qu'elles sont prévues par la constitution de 1958 ne donnent des chances de gagner qu'à un candidat qui rassemble de la maniére la plus large..
Donc ce n'est pas dans cette élection qu'on pourra imposer nos positions personnelles idéales (Royal n'est pas assez à gauche, le P.S n'a pas compris..Etc), ce sera (peut-être) aux législatives et encore...
En l'absence de force fédératrice d'extrême-gauche, seul le vote Royal pourrait permettre la défaite de Sarkozy.
Aprés on peux ne pas être d'accord, on peux s'abstenir ou voter pour un candidat en ayant en tête que çà favorisera Sarkozy en définitive. Il sera cependant plus facile de protester, faire greve sous un gouvernement Royal que Sarkozy!
Par contre, une seule chose est sure: c'est que si le modéle ultra-libéral passe, tout le monde va en prendre pour son grade (à part une infime minorité)!
 

filaplomb 19/02/2007 11:42

Chevillette : je fais la même analyse que toi. Il s'agit bien d'un enjeu de société. Cette fois, on n'a pas d'un côté un "gaulliste social" à la Chirac (ou un peu Balladur) mais un vrai ultra-libéral et masqué en plus et de l'autre une candidate du Parti Socialiste qui désire corriger cette société trop libéral, notamment quant à la répartition des richesses produites…Un vrai choix de société ! :-))

Chevillette 19/02/2007 11:38

Si on vote contre Sarkozy, il faut voter pour le mieux placé pour le battre, non?
Au chômage, j'ai remarqué que la situation a été atroce sous le gouvernement de l'UMP, ce qui semblait être différent (même si c'était la panacée) sous Jospin...
Donc, il semble bien que le véritable enjeu de ces élections soient veut on du projet ultra-libéral ou non? Aux électeurs d'affirmer leur rejet comme pour leur TCE en 2005.
C'est pas l'idéal, çà fait pas forcément rêver mais qu'est ce que çà fera chier les journalistes, le MEDEF, le CAC 40..Etc