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Vendredi 16 février 2007 5 16 /02 /2007 00:00
Le dialogue social, en France, c'est le patron qui débarque dans l'atelier pour dire :

_Les gars, ce soir, vous restez jusqu'à 20 heures. Et à partir de la semaine prochaine, c'est 42 heures pour tous.

Les ouvriers, qui n'ont pas eu le temps de trouver une nounou pour la petite ou qui devront, encore une fois, reporter le rendez-vous du pédiatre, sans parler de l'épouse qui commence à n'en plus pouvoir de ses soirées en solitaire et fait donc la gueule les autres soirs [la logique des femmes m'échappe], se mettent à râler et en grève aussitôt.

_Tous ensemble, tous ensemble…

Ils brûlent des pneus en buvant du café soluble et en se racontant un monde idéal pendant trois jours.
Ils sont beaux les rêves des ouvriers ; si vous saviez comme ça inclue le travail.
Pendant ce temps, le patron perd la commande, retire sa demande d'heures supplémentaires et les ouvriers peuvent reprendre leurs postes, fiers de leur victoire.

J'ai quand même connu des patrons pour qui donner une prime au mérite consistait à payer les heures supplémentaires.
La plupart, en vérité.

Un contrat de travail se signe entre une personne qui a un savoir (ou un savoir-faire) et une autre qui en a besoin. Sa signature n'accorde à aucune des deux parties la propriété de l'autre et encore moins sa disponibilité immédiate et parmanente [«mon employé est une personne» serait un bon slogan pour résumer tout cela].

Il serait tellement plus simple de négocier, de demander poliment.
La direction convoque les différents acteurs sociaux, explique les commandes à venir et préconise la participation de tous à l'effort nécessaire et sa compensation sonnante et trébuchante.
Il serait tellement plus simple de prendre les syndicats pour des partenaires et non des opposants.

Au lieu de cela, on a de petits despotes, grand maître des esclaves qu'ils ont l'impression de payer de leur poche. Comme si la caisse de l'entreprise était leur cassette secrète et privée. Des donneurs d'ordre au lieu de dirigeants, des gestionnaires de ressources humaines face à des destins individuels.
Comme s'il fallait aux ouvriers une main de fer pour aimer leur travail, comme si les ouvriers n'étaient pas, eux aussi, des créateurs de richesse.

Il serait tellement plus simple de recourir au dialogue pour améliorer les choses et non au bras de fer systématique.

«Dès l'été, je soumettrai à négociation cette question : comment protège-t-on le salarié qui ne veut pas faire d'heures supplémentaires ?» - Nicolas Sarkozy, entretien «Les Echos» - 14.02.2007
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