La dette (qui ça intéresse ?)

Publié le par Filaplomb



Transport de moutons en Nouvelle-Zélande.



Hitler, quand il a présenté sa candidature aux élections, il n'est pas arrivé avec sa calculette pour expliquer le coût de son programme. Il a juste raconté son amour de la Grande Allemagne et de son peuple, Goebbels s'est occupé de bien faire comprendre le message et il a été élu.

Le pire c'est qu'il a tenu sa promesse.
Il a quelque peu mis le bordel chez les voisins et dézingué quelques millions de types qui ne lui plaisaient pas, mais il a réalisé son programme : La Grande Allemagne.

Mais pas très longtemps et c'est heureux.

On pourrait presque déterminer que les nazis ont inventé tous les trucs de la politique moderne : un arrangement particulier dans la présentation du réel, une pensée unique oppressante et dominante, un langage détourné de sa fonction descriptive [lecteur, lectrice, tu peux encore sauver ton intelligence grace à ce lien passionnant], l'adhésion
obligatoire au mouvement collectif sous peine de complet isolement social.

Si le Fürher s'était contenté d'arriver avec le costume Gucci™, les RayBan™ et la calculette pour leur faire le devis, personne n'aurait osé croire à son projet.
Et pourtant, voyez comme un peu d'enthousiasme dans la population vous change le destin d'un pays…


Maintenant que tout le monde se calme sur ces histoires de dette, je vais en parler un peu et vous expliquer pourquoi Nicolas Sarkozy est un menteur [encore ? Oui et je ne m'arrêterais que le jour où ils arrêteront les autres, là, de nous bourrer le mou avec des sondages dont on sait qu'ils n'ont jamais rien annoncé].

Quand la France se trouve à cours de réserve, que fait-elle ? Elle obtient rendez-vous auprès de son banquier et elle prend un crédit.
Ou bien, elle va sur les marchés pour appâter les grosses légumes (les huiles de la finance) et elle leur emprunte de la fraîche [les mots sont un jeu, voyez-vous].
Evidemment, tout cela a un coût ; comme à chaque fois qu'on utilise l'argent de quelqu'un d'autre, il y a des frais de location.

Mais ces sommes que l'Etat récupère auprès de ses créanciers, c'est de l'argent qui circulent, qui fait tourner l'économie, qui alimente la vitalité de l'économie libérale. Et qui rapporte des intérêts aux banques et autres organismes financiers.

Banquier, c'est franchement de droite, on est d'accord ?
Par exemple, un banquier préfèrera toujours le client riche, actif et actionnaire au pôvre type au RMI qui vient lui demander un prêt de 500 Euros sur 2 ans pour pouvoir remplacer la machine à laver.
Ça le saoûle de faire trois tonnes de formulaires pour si peu.

De manière très pragmatique, on peut dire que le mieux que ça rapporte, banquier de gauche, c'est un prix Nobel tous les trente ans. Ce qui n'est pas cher payé [comme on dit aussi dans les usines en recevant la feuille de paie].

Ensuite, ça fonctionne exactement comme pour le surendetté lamba : les mensualités augmentent, les frais s'accumulent et l'Etat se retrouve totalement englué dans sa dette au lieu de se consacrer à tout autre chose [comme de mieux financer l'éducation nationale ou de construire des logements pour les moins riches, par exemple].

Mais ça continue de rapporter aux banques et autres organismes financiers.

Or, parmi les candidats en lice pour cette élection présidentielle 2007, lesquels, d'après vous, souhaitent réellement redonner de la puissance financière à l'Etat et priver ainsi les banques et autres organismes financiers de confortables revenus ?
Qui, dans sa vision de l'avenir du pays, désire renforcer le rôle de l'Etat afin qu'il puisse corriger les défauts du libéralisme ambiant ? [Si c'est toujours le meilleur qui gagne, que fait-on des perdants ?].

Nicolas Sarkozy, sans qu'il puisse vous l'avouer, a besoin de conserver cet endettement de la Nation. Cela lui servira d'argument pour démanteler ce qui reste de nos retraites [Fillon II : Le retour de la réforme par le recul social], pour faire pression sur nos salaires et pour justifier la future privatisation de la Sécurité Sociale.

Il n'est pas dans son intérêt politique, lui qui n'aime rien tant que les heures supplémentaires dépurvues de toute contribution à la communauté, de supprimer l'outil de pression sociale qu'elle représente.
Et qui, de plus, rapporte aux banques et autres organismes financiers.

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filaplomb 05/03/2007 09:08

Krissolo : Merci, j'irais voir ça. Bienvenu sur ce blog ! :-)

krissolo 05/03/2007 01:13

Bsr,
A consulter sur le thème de la dette, un petit tableau fait par l'INSEE - dispo sur son site - qui reprend l'évolution du poids de la dette ds le budget de 1990 à 2005. Et qu'y apprend-on? Que les deux années où le poids de la dette a le + progressé ont été les 2 années où sarko était au ministère des finances! CQFD.

filaplomb 03/03/2007 20:30

Cat : oui !:-p57T : 57 tonnes ?

Cat 03/03/2007 17:10

j'ai compté 38 pousses de gingembre, euh non ,de moutons...réveillez-moi si je ronfle...je pourrais me fouler un peu plus,...bzzz...2BZ:ouaouh,pour moi toute seule?

filaplomb 03/03/2007 14:26

1Maman : je connais ce documentaire, je l'ai longtemps eu sur VHS, enregistré sur ARTE, déjà. Klemperer a fait un super travail d'analyse du discours ambiant avant, pendant et après la nazification allemande !Lutine : le mot "goût" m'est venu aussi dans les relectures ! Je crois que c'est le cerveau et les associations d'idées qui font cela. Tu sais, c'est ce phénomène qui fait que nous ne lisons pas vraiment ce qui est écrit mais plutôt le devinons, à partir de la graphie.Nicolas: mais je t'encourage à te lancer dans la pohèzie, toi aussi ! :-)Franssoit : C'est vrai que ça ressemble à du gingembre ! :-)Dans ma série de moutons (campagne électorale oblige), je cherchais une image d'enclos… et voilà ! :-)