Les meubles (en pièces détachées !).

Publié le par Filaplomb

ATTENTION : CET ARTICLE N'EST PAS UNE FICTION [mais il est un peu long…].





MINNEN Jouet câlin, animaux et ferme by IKEA [et avec des moutons…].



Le compteur sur un blog, c'est un peu comme la machine à porte de chez IKEA.
Vous savez, ce bras de robot qui ouvre le placard puis qui le referme aussitôt. Ce qui est idiot puisqu'il l'ouvre à nouveau juste après.

Peut-être qu'il n'arrive simplement pas à se décider.

J'ai pensé un moment qu'il pouvait s'agir d'un code, un peu comme du morse mais, malgré de longues heures d'observation, je n'ai découvert aucune modulation susceptible de figurer un langage.

A moins que ce ne soit du morse suédois, mais là, je ne suis pas compétent.



Ah ! La Suède, la Suède… Ses grands espaces de forêts quasi-sauvages, ou pour le moyen protégées par l'homme, ses hectares de surfaces boisées où s'ébattent, pures et saines, de jeunes et longues femmes blondes comme autant de jonquilles [cette minute de poésie vous était offerte par Total].



Et, en plus du robot répétitif, vous avez le fameux compteur qui vous informe que ça fait beaucoup.

En réalité, ça n'a guère d'importance que cela soit vrai ou pas. Vous étiez absent le jour de la mise en route.
Peut-être que ce compteur n'était pas à zéro à l'heure H du Jour J. Ou, au contraire, peut-être que la machine tournait déjà quand ils ont installé le compteur et que par soucis d'honnêteté, ils ont préféré partir de rien [comme mon compteur moche pour répondre à Lutine].

D'un point de vue légal, vous n'avez, de toute façon, jamais vu un huissier présent sur place pour voir de ses yeux vus que la machine ne prend aucune pause pour se huiler un petit coup vite fait aux toilettes. Ni pour attester que jamais la nuit, elle ne dort afin de se rafraîchir la cathode et se détendre un peu le vérin ?

Ce qui a vraiment de l'importance, c'est la relation client.
Ce qui fait qu'on préfère parfois payer plus cher quelque chose, c'est le sourire de la crémière. C'est une des règles du commerce.

Par exemple, le magasin IKEA de Toulouse, côté «j'aime la nature» et, la preuve : je replante les bébés arbres dont j'ai tronçonné les parents pour faire des tables, ce n'est pas vraiment cela.
Imaginez qu'ils ont, les veinards, une magnifique ligne de train,
juste à l'arrière du magasin et que le Conseil Régional cherche depuis des années à l'intégrer au réseau de transport urbain [Martin Malvy est un très bon président de Région sur ce plan des transports]
Vu que juste-là, il y a le Leclerc et toute la zone commerciale à desservir, vous imaginez qu'écologiquement, ce ne serait pas mal de leur part de financer la réalisation d'une gare.

Au lieu de cela, quand vous voulez vous rendre chez IKEA et que vous êtes dépourvus de moyen de locomotion, vous n'avez qu'une seule ligne de bus qui vous laisse le choix entre :
soit marcher environ deux kilomètres sur le bas côté sans trottoir de la deux fois deux voies.
soit vous taper la visite au ralenti (pour cause des dos d'ânes disposés devant les écoles afin de protéger les passages homonymes) de tous les villages résidentiels de la vallée de la Garonne afin d'atteindre le terminus plus à proximité du vendeur de meubles à la tonne.

Après ces épreuves, c'est clair que c'est un plaisir de déambuler dans les allées du hangar bleu et jaune, c'est bien présenté, ça fait envie tout comme il faut. Surtout si, comme moi, vous effectuez la visite avec une personne qui est là pour s'équiper et qu'il n'y a donc ni frustration ni culpabilité pécunière.

Le papier à la main, vous choisissez le canapé, le matelas, sa housse, recopiez les noms étranges des productions maison à acheter et à vous faire livrer. Puisqu'IKEA le propose, profitez-en
[tiens Darty, bien connu pour la qualité du service, la propose lui aussi mais gratuitement].
Une table, quatre chaises, une lampe genre halogène (mais en mieux), des couverts et pas de raton laveur mais presque sept cents euros [pas loin des 4.600 francs] de marchandises.

Mais «ça ne marche pas comme ça» vous annonce la caissière, blonde et souriante [elles sont toutes suédoises les caissières IKEA ?].
La procédure, c'est qu'il faut trouver un vendeur à l'étage pour qu'il remplisse avec vous un «Bon de pré-commande» que vous devrez présentez et régler en caisse pour ensuite vous rendre au «Retrait des Marchandises» pour mettre enfin au point la livraison.

Ainsi vous fîtes.

D'abord, vous fîtes demi-tour pour revenir à l'entrée et regrimper les escaliers et il est amusant de constater combien quelques kilomètres de rocade à pied peuvent vous rendre pénible n'importe quelle succession de marches ascendantes.

Ensuite, vous fîtes le poireaux durant quelques minutes en attendant que la vendeuse en veste jaune et bleu en termine avec un couple de quadras.

Le canapé, aucun soucis, elle l'avait bien sur son écran [elle dit ça : je l'ai sur mon écran] mais seulement, pas de livraison avant quinze jours.
Pour s'installer, c'est super long.
Par contre, la table n'était nulle part dans ses références alors que là, juste à l'étage au-dessus, vous en aviez, vous-même, vu une en liberté.

_Pour les chaises, elles ne sont pas dans le S.R.U et mon système ne permet pas de… (je ne sais plus quoi).

_Excusez-moi, mais ce n'est pas mon problème de client, dites-vous sentant à la fois l'élévation de la moutarde dans votre cloison nasale et votre patience s'approcher du mode euthanasie.

_On va aller voir mon collègue, il doit pouvoir le faire, vous dit-elle en vous tendant la feuille sortie de son imprimante avec le contenu partiel de la commande.

Elle se lève, contourne un canapé, en évite un autre, vous suivez sans peine et arrivez avec elle jusqu'à un autre nid de vestes jaunes où attendent déjà une bonne quinzaine de personnes en rang d'oignons.

_Voilà, vous allez voir avec lui, vous dit elle, commençant son demi-tour et désignant du doigt le vendeur penché sur son écran [alors que tout le monde sait qu'il ne faut pas montrer du doigt car c'est très impoli].

Vous êtes donc partis vous aussi, lassés par aussi peu d'attention à propos de votre commande, par le peu d'importance qu'IKEA y accorde.
La crémière suédoise n'est plus très souriante.
Elle traite à présent ses clients comme des intrus, des importuns [et je retiens deux], des empêcheurs d'après midi sereines.

Est-ce qu'on a droit au respect, oui ou non ?

Au retour [et vous laissez volontairement de côté le chapitre de l'auto-stop infructueux et du trajet en autobus], vous décidez de ne pas vous laisser abattre et d'attaquer le problème directement par internet.

Sur le site IKEA.FR, il est tout à fait possible d'acheter et de se faire livrer.
Pour le canapé, par exemple, vous pouvez bien évidemment commander la structure en pin et le matelas qui vient par dessus.
Mais la housse qui va avec : NON !

En clair, IKEA arrive à gérer le transport des deux gros colis mais pas celui du bout de tissu. Il est impossible de l'acquérir électroniquement, vous ne la trouverez qu'en magasin.
Les chaises, pour leur part, existent en catalogue et en magasin mais ne sont pas référencées à l'écran.
La lampe figure en photo mais ne peut pas être vendue à l'internaute…

Mais le pire du pire, c'est qu'après avoir passé tout cela, après avoir renoncé à une choses aussi essentielle que de pouvoir vous asseoir chez vous sur une chaise (par exemple), vous parvenez jusqu'au module de commande proprement dit et, qu'avant de valider votre paiement, vous regardez le délai de livraison :



Ça ne peut pas évidemment pas être le 8 mars mais écrit à la manière américaine puisque cela annoncerait que vous pouvez commander aujourd'hui pour une livraison la semaine dernière !

Donc, pour vérifier, vous cliquez sur le lien «Informations sur la livraison» et là, mais juste là, à ce moment précis, vous comprenez que IKEA, leur nouvelle politique clients, en suédois, ça se dit : Rienafutt !

Commenter cet article

filaplomb 06/04/2007 10:36

Lest11 : je veux juste être considéré comme ce que je suis : un client !
Ce n'et pas très compliqué et tu constates comme moi que cela n'a plus lieu ! :-))

lest.11 06/04/2007 09:46

Tu te plains de l'éloignement du magasin, des vendeuses, du fait qu'il faut chercher sans forcément trouver, du délai de livraison etc... mais ARRETES VA AILLEURS !!!!
Tu veux du "pas cher" alors tu as les inconvénients qui vont avec.
Pour info chez confo ma table je l'ai attendue 4 semaines. Des commentaires.

spamy 19/03/2007 15:46

"Etre de droite ou de gauche, c\\\'est être hémiplégique", Pierre Desproges

spamy 19/03/2007 15:24

Les magasins fermé le dimanche et jours fériés ne sont pas en poitou charente, mais en Alsace.  il y a des chances qu'il ne s'agisse plus d'un concept religieux que politique,

filaplomb 19/03/2007 14:44

Spamy : tu m'inquiètes, te voilà défenseur d'idées de gauche !Sérieusement, tu as raison. J'ai dans le coin de la tête un article sur ce sujet (oui, j'ai la tête avec pleins de coins…) de la consommation et des hypermarchés.On a les magasins qu'on soutient par ses achats !:-)