La conscience [miettes de madeleine !]

Publié le par Filaplomb

ATTENTION : CET ARTICLE EST UNE FICTION.




De quoi ça se souvient un mouton ? (Yunphoto, sans précision d'auteur)



La vie a quelque chose d’affolant : on se lève le matin, une petite douleur au dos dont on ignore le pourquoi mais qui vous habite tout le long. Chaque geste l’attise, un peu, de manière tout à fait supportable. Il ne reste que la gène. On calcule en fonction, on évite, on contourne le mouvement. S’étale alors dans les pensées cette longue ligne blanche de l’obsession, le point à ne pas franchir. Voilà la vie réelle.

La suite des échecs, des mécomptes, on en porte le faix sans que cela soit tout à fait pénalisant. Il est des armoires gigantesques, des murs entiers où se rangent les accrocs, les regrets. On les visite peu. Mais c’est à nos maisons comme une pièce sombre, demeurée close, froide sans doute, et qui gâte l’édifice. En faudrait-il pour autant abattre les murs ? Raser pierre à pierre le bâtiment ?

Le sentiment de l’échec survit bien au-delà de l’instant. Comme le doigt frappé où longtemps bat la douleur. Comme le souffle court après la peur. Le cœur, dans l’habitacle, ne se révèle qu’aux à-coups.

On range, on classe à nos armoires intérieures ces petits riens. Ce ne sont pas des richesses, des trésors. Une collection un peu vaine, un peu futile, sans réelle importance, mais que l’on garde. Qui se souvient de l’origine ? Une mère sans baiser ? un père de discours ? Des paroles restées trop longtemps sans écho ?
Je m’enferme souvent dans cette pièce sombre où tu ne peux pas m’atteindre. Tu n'y a pas d'existence encore. Je ne sais pas si tel est le but. Mais au fond de ma cave, je comprends ce que je suis et comprends ce que j’ai espéré être. Les chemins ne se reprennent pas, la marche arrière n’existe pas.

Je suis un homme de regret. Les casseroles aux pieds, les bidons, je les tire après moi.

Les autres. Je dis les autres et je ne pense qu’à quatre ou cinq personnes, des proches, des intimes, toi y compris. Les autres donc semblent s’en accommoder, se débarrasser peu à peu de leurs maux, peaux mortes en lambeaux. Ai-je trop conscience de tout ? Comment font-ils pour vivre ? Je veux dire sourire, parler, être légers avec de tels poids ? La conscience en tamis, en passoire, en grillage, la solution est-elle dans l’oubli ?

Vider les armoires…

Tout est si bien rangé…

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filaplomb 19/03/2007 19:19

1Maman : merci !:-))

1maman 19/03/2007 18:37

formidable texte  qui me touche particulièrementcomment peut-on avoir trop  conscience de tout ?n\\\'est-ce pas plutôt que faut-il faire de cette conscience exacerbée ?elle est encombrante mais n\\\'est-elle pas un vrai trésor? un plus ?n\\\'est-elle pas ce qui rend si unique , si attachant , si humain ,si soi ?chacun a son armoire;pas toujours remplie des même choses mais chacun la sienneet certain sans doute son plus "entrâinés" que d\\\'autres pour souriresur commandene pas se laisser tromper par les apparencesnombreux sont ceux qui cachent derrière la façade des souffrances secrètes et bien réellesquant à l\\\'oubli je crois que c\\\'est impossibleimpossible d\\\'oublier nos échecs , nos regretsjuste apprendre à vivre avec apprendre à gérer  ces bouffées de chagrin qui envahissent  tout notre être , corps et âmeet puis ces "ratés" font partie de notre histoire , de notre vécu , alors vivons avec,ils font partie de nouspeut-on apprendre à les regarder avec bienveillance ? sans doute , avec le temps , lorsque nous nous regarderons nous-même avec beinveillance ...même si ce n\\\'est qu\\\'un personnage de fiction , il y a souvent si peu , de la fiction à la réalité ...3kw    3 kilowatt c'est pas beaucoup pour se chauffer en ce moment !

filaplomb 19/03/2007 18:08

Lutine : je sais et je n'ai pas répondu autrement ! :-)

Lutine 19/03/2007 17:56

En même temps, c'est pour le personnage de fiction et pas à une personne réelle que je proposais tout ça !;-)

filaplomb 19/03/2007 14:57

Lutine : C'est en fait un texte plus ancien que j'ai quelque peu retouché [version 2007] et à l'époque, les blogs n'existant pas, je n'en ai rien fait !Merci la technologie !Franssoit : Bah, Lutine est une femme mariée, tu sais bien !Franssoit : clap, clap, clap !Et pourtant si ! Mais la prise de conscience c'est déjà le premier pas vers plus de boulets (ou alors d'autres boulets, ls humains sont très forts en boulets !).LA3 : Luge A 3 ?