Jeudi 7 juin 2007
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10:07
Costume masculin du XIXème siècle.
Il s'agit de ne pas se tromper de tenue.
Pantalon noir à pinces, coupe droite. Ceinture avec boucle rectangulaire bien en évidence, dans l'esprit du modèle de marque Calvin
Klein.
Chemisette cintrée soulignant discrétement mon torse masculin.
En ce moment, les femmes ont l'air de concentrer leur attention sur l'évidence des pectoraux. Nullement une enveloppe de musclor des salles de sport
mais le dessin précis d'un poitrail d'homme.
Aux pieds, il me faut une paire de souliers noirs à forme de Nike mais en cuir. Comme des chaussures de foot mais sans les crampons. Je trouve cela
assez ridicule et aurais préféré, à titre personnel, de vraies chaussures d'artisan.
La veste, parfaitement assortie au pantalon doit tomber à la perfection. Ni trop souple, ni trop raide, elle souligne l'ensemble et l'accompagne. Elle indique ma volonté sans faille et la
maîtrise du présent qui est la mienne.
Me voilà vêtu en consultant des grands jours.
Partout où je me rendrais aujourd'hui, sans que je n'ai rien d'autre à dire, ma tenue m'annoncera comme l'expert en ces choses dont je parle.
Porteur de textile et de bonne parole.
Il me suffit d'ajouter d'alors une cravate à motif discret mais original et raffiné pour basculer dans le monde de la finance internationale. Comme si le bout de tissus noué autour de mon cou
était chargé de dire ma connivence et ma soumission aux règles de cet autre monde.
Les consultants, à l'inverse, se sépare de ce licol pour affirmer leur grande indépendance. Ils sont ceux qui sont sortis par le haut de la société de rôle dans laquelle nous vivons.
Quand ils vont déjeuner, par deux ou trois, réglant quelque importante affaire sur des portables de la valeur d'un dernier cri, ils sont les Princes du trottoir. Les hommes ordinaires
exsudent la grisaille. Les femmes enregistrent du coin de l'œil le charme vestimentaire.
Plus tard, après la dernière ligne notée sur mon agenda, une fois rentré chez moi, je me change : jogging informe, sweat décrépit par les années d'usage, je redeviens un homme d'intérieur, un
mâle ordinaire en son logis.
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