Le Centre (fait tourner !)

Publié le par Filaplomb


Photo de Aurélien Dumont.

François Bayrou vient à la télévision pour dire que les médias ne l'invitent jamais sur leurs plateaux.
Sinon, il annonce aussi qu'il voudrait gouverner au centre. Il y a toujours un petit suspense après le mot «centre», les deux personnes qui discutent ayant besoin de retrouver un concept à accrocher sur ces mots.

Comme la gauche ne fait que de la gauche et la droite que de la droite, il explique que cela suffit et qu'il voudrait un peu jouer aussi.

Il a trouvé une idée qu'elle est bonne : il va gouverner avec le meilleur de la droite et le meilleur de la gauche.
En clair, pour l'heure, c'est surtout un gars qui n'a pas d'idée particulière mais qui vient nous expliquer qu'avec lui aux commandes, les idées de gauche seront enfin de bonnes idées et même les idées de droite, si ça se trouve.

J'aime bien imaginer les choses réelles comme elles pourraient se passer.
Par exemple, inventons-nous une grande victoire du Centrisme [avec des lendemains qui chantent mais pas trop fort pour ne pas réveiller les voisins].

Le béarnais est Président de la République.
Et il prend qui comme premier ministre ?
Ségolène Royal ou Nicolas Sarkozy ?
On a bien dit le meilleur de chaque camp, non ?

Admettons qu'il coupe la poire en deux et parvienne à convaincre Dominique Strauss-Kahn (pourtant battu à plates coutures par Ségolène pour l'investiture du Parti Socialiste à 60% contre 20%).
Et puis quoi ?
Vous imaginez qu'un Strauss-Kahn va accepter de piloter un Ministre de l'Intérieur de droite, fervent défenseur d'une sécurité resserrée et coûteuse et un Ministre de l'Education Nationale de gauche, partisan pour sa part, d'un financement massif de l'Etat dans la formation des jeunes du pays.

François Bayrou Président, c'est soit de l'immobilisme, soit de la cohabitation. Ou le meilleur des deux.

Quand on revoit les images d'avant le scrutin
de 2002, Jean-Marie Le Pen ne cesse d'y dire
qu'il sera à 17% au premier tour.
Aujourd'hui, quand les sondages le créditent
de 13%, il s'annonce à plus de 20%.

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filaplomb 22/02/2007 12:49

Nicolas : Merci !!!Il ne suffit pas dire ce qu'il faut faire mais démontrer comment on va faire. Et là, ça coince !:-)

Nicolas J 22/02/2007 12:27

Je suis d’accord avoir Filaplomb. Je viens de lire l’interview de François Bayrou accordé à Associated Press.
Déjà, le seul élément de son programme consiste à accorder l’exonération de charges sur les deux premiers salariés, ça fait un peu léger !
En outre, le discours de dire qu’il mettra une personnalité de gauche au ministère de l’Education sous prétexte que les enseignants de gauche ressemble beaucoup à n’importe quoi et à l’absence de vision politique globale.
Pour choisir un président, il faut un projet. Le projet ne doit pas concerner que la composition du gouvernement mais aussi les mesures qui seront prises… François Bayrou nous dit par exemple (à juste titre) qu’il faut stabiliser les comptes de la France et baisser la dette. Qu’il nous dise comment il compte le faire ? Pas juste avec qui.
On pourra toujours nommer un communiste comme ministre des affaires sociales et un libéral aux finances...
Je ne connais aucune bonne recette de cuisine faite avec un poulet roti et un bocal de confitures de fraises…

filaplomb 22/02/2007 12:15

Cat : tiens, tu es rentrée ? :-)Pour moi, la gauche et la droite ne peuvent pas gouverner ensemble. C'est une vue de l'esprit, une fiction de toute pièce. Les buts de l'une et l'autre sont trop différents pour être rassemblés…Charlie : ah enfin quelqu'un qui voit comme moi que tout cela ne peut pas exister dans le réel !Merci de ton commentaire éclairant…:-)

charlie 22/02/2007 10:42

@ Cédric, pour continuer la discussion sur l'union nationale, entamée ici et chez moi [tu passes partout où il est question du béarnais dis donc !].Union nationale n'est peut-être pas le bon terme, mais c'est celui que Bayrou emploie, donc...Sinon, je suis ok sur le clivage gauche/droite, mais je crois qu'il y a d'autres clivages, au moins aussi structurants et qui posent problèmes. L'urgence environnementale actuelle [changement climatique et raréfaction de ressources naturelles] nécessite des réponses politiques fortes et transpartisannes. Jusqu'ici, on est ok. Je faisais seulement remarquer dans mon post que sur cette question, il y a une réelle incompatibilité entre ceux qui relient la question environnementale à celle du modèle de société [économique et social] et les autres, qui sont sur une ligne de petites mesures à mon avis insuffisantes. Corinne Lepage appartient clairement au premier groupe, tous les autres que j'ai vu cités, DSK compris, au second. Si on justifie l'Union nationale par la situation d'urgence que nous vivons, au point de vue environnemental et social, il faut certes rassembler et concilier le plus largement possible, mais il faut aussi avoir une définition claire du problème et admettre qu'il y a des positions inconciliables. Sinon, "paroles, paroles, paroles..." et suspicion de vulgaire tactique électorale...So what ?

Cat 21/02/2007 15:59

kikou!,t'as raison, phil, pomper à la fois des 2 bords, ça parait compliqué..en même temps, c'est séduisant par certains aspects;il faudrait arriver à sortir du clivage droite-gauche,une fois pour toutes si l'on veut avancer et éviter des contre-pouvoirs qui entravent ce qui se met en place,non?FR6:la nouvelle chaine prometteuse:-)