La transmission (par classe d'âge !)
Article n°204
Peluche Agneau, 28 cm. En vente chez ANIMA (existe aussi en noir).
Même sous les frimas de l'hiver nordiste, mon père était un mec qui allait bosser, en chevauchant sa mobylette (oui, cette bleue-là que les plus de trente ans ont tous en mémoire pour l'avoir connue déjà ringarde). Il n'avait pas les moyens de nourir ses trois enfants et d'avoir une voiture. C'était un pauvre.
En langage fleuri, on dirait que je suis d'origine modeste.
Mais j'ai appris de lui la volonté de progresser et d'essayer de m'améliorer. J'ignore comment s'est fait ce processus de transmission, mais je crois que je dois à ces racines une certaine part de ma ténacité légendaire en toute chose [ou presque dirons certaines de mes ex dont l'humour est devenu acide sous l'effet de la rancœur]. Ma volonté d'être meilleur sans cesse, ma soif de toujours apprendre ce que j'ignore.
Ou alors, est-ce l'école de la République qui m'a enseigné ces valeurs basées sur l'exploration du savoir, le progrès commun, l'idée que cela ne vaut que s'il est partagé par tous.
Mais le savoir scientifique avance avec nous.
Par exemple en septembre 1941, la science, notamment française, déterminait la manière exacte de reconnaître un juif.
Par exemple, aujourd'hui, la génétique me dit que je suis prédestiné.
C'est écrit dans mon sang, dans mes poils, dans mon foutre et mes crottes de nez. C'est écrit si je crache sur ces blouses brunes, écrit dans mes cheveux plus rares [j'ai de plus en plus de visage, c'est dans mes génes] et dans la sueur de mon front.
A quoi me sert alors de me démener dans cette course à la réussite individuelle ?
Mon code barre cellulaire sera toujours celui d'un moins que rien. Un truc entre la chienlit et les bas-fonds. Une fiente de pigeon sur le capot de la Vel Satis de la bourgeoisie…
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