Le Grand Marché (qui paie les blogueurs ?)
«Mouton transhumant», sculpture de François-Xavier Lalanne
Si j'écris sur ce blog, j'ai l'impression de m'exprimer.
Il y a des gens qui aiment sculpter des alumettes ou créer des animaux en ballons tordus, moi c'est l'écriture.
Parfois des personnes me répondent, commentent, plaisantent exactement comme si je les connaissais vraiment.
Bon, c'est vrai, lire les interventions de l'un ou de l'autre régulièrement, cela crée des liens et on finit par penser apercevoir entre les lignes, un peu de sa personnalité.
[il y a aussi tous ces lecteurs réguliers et silencieux. Véritables mystères pour le blogueur que je suis]
Mais si je cesse d'écrire, que deviennent nos liens ?
Si un jour, pour une raison ou une autre, j'arrête de consacrer du temps au racontage de trucs en ligne, que deviendra cette relation ?
Par exemple, si je me remets vraiment à la littérature et que je décide donc de ne plus tricoter les mots ici, combien de temps mettrais-je à disparaître de vos mémoires ? De vos signets Firefox™ et vos Netvibes™.
Vous trouveriez un autre blogueur ailleurs avec qui échanger.
Puisqu'avec vos commentaires, vous avez le sentiment de vous exprimer [et moi aussi].
Tout comme moi, vous avez votre propre vie et dans votre emploi du temps, vous consacrez quelques heures à écrire votre blog et à lire celui des quelques uns que vous suivez.
Et tout cela nous semble parfaitement gratuit.
Pourtant, vous êtes ici sur over-blog™, une société à but commerciale dont TF1™ est actionnaire. De multiples autres entreprises s'enrichissent sur ce même créneau de l'échange de contenu en ligne.
Enfin, nous nous échangeons et eux, ils gagnent de l'argent avec de la publicité.
C'est bien plus efficace que la télévision. Pas de scénarios à écrire, pas d'acteurs à rémunérer, pas d'animateur-producteur à controler, pas de championnat de sport à acheter à prix d'or : nous créons nous-mêmes et volontairement les contenus à vendre. C'est notre expression, nos échanges, nos idées [la démocratie], nos navigations qui fournissent la cible commerciale.
Nous pensons être libres et modernes. Nous estimons êtres amusants dans cette nouvelle citoyenneté alors que nous ne sommes là que pour nourrir les marchands.
Un peu comme des moutons…
En cours d'écriture [il m'arrive souvent de commencer un article
puis de faire une pause, puis d'y revenir…], je vois qu'Eric
à mis en commentaire sur son blog [que même LeMonde lui envie]
deux liens en rapport avec mon sujet du jour :
Esclavage 2.0 : Eux, nous, moi… et la réaction
à cet article sur Internet-Actu.
puis de faire une pause, puis d'y revenir…], je vois qu'Eric
à mis en commentaire sur son blog [que même LeMonde lui envie]
deux liens en rapport avec mon sujet du jour :
Esclavage 2.0 : Eux, nous, moi… et la réaction
à cet article sur Internet-Actu.
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