Le ni-ni (de toutes leurs forces !)
Illustration de Barbara Schreiber
François Bayrou qui a été plusieurs fois Ministre, dit que depuis vingt cinq ans, les gouvernements successifs, ce n'était pas bien du tout.
Du coup, il veut prendre avec lui d'autres anciens ministres pour travailler. On ne sait pas trop ce qu'ils veulent faire concrètement, mais ce sera de toutes leur forces pour la France.
Pour l'instant, il a rassemblé Rocard et Kouchner sur la gauche et Goulard et Begag sur sa droite. Des fers de lance de la pensée politique comme on voit.
Par exemple, à titre personnel, François Goulard, je ne savais même pas qu'il était ministre. En tout cas, son action concrète n'a pas porté d'écho jusqu'à moi…
Monsieur Bayrou se montre tout de même, fier de cet apport d'eau fraîche à son moulin. Il dit : «Il y a une immense énergie qui se répand par vagues et qui nous permet d'atteindre un très grand nombre de Français».
C'est beau non ?
Ça revient en gros à dire : Plus on sera nombreux et plus il y aura de monde !
On peut bien sûr réunir un tas d'hommes politiques et leur fixer un but à atteindre, mais quid de la méthode ? Il faut bien, à un moment, se mettre d'accord sur le comment.
Par exemple entre des personnalités de gauche favorables à un Etat interventionniste et des libéraux plus enclins à la liberté des marchés, on choisit quoi ?
Je pense que si Bayrou devenait Président, ça deviendrait rigolo !
On aurait au pouvoir, un parti du ni-ni dirigé par un Président en tracteur et en face, un Parti Socialiste remonté comme jamais d'avoir encore cinq ans à attendre pour reprendre les progrès sociaux stoppés en 2002 et une droite proto-fasciste prête à tout pour s'opposer.
Par passion du consensus, aucune mesure, aucune loi, aucune décision ne serait prise afin de ne fâcher personne ; ou au contraire, toute opposition serait traîtée comme néfaste à la France et réprimée aussitôt. Le thème de la sauvegarde de la nation pouvant même servir à peu prêt à tous les écarts.
Surtout, si l'on s'en souvient François Bayrou a commencé sa campagne en stipulant que les partis dirigeants ne sont élus qu'avec un faible pourcentage des électeurs et donc, de ce fait, trop peu de soutien dans la population pour pouvoir engager des réformes.
Or, que voit-on ?
Des sondages qui annonce le candidat UDF autour de 19%.
Ça fait quand même de bien petites vagues…
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